Il y a quelques mois, après quelques prestations calamiteuses en Ligue des Champions, John van den Brom avait affirmé qu'Anderlecht n'avait rien à espérer à ce niveau, ce qui n'avait pas fait que des heureux. Le week-end dernier, au terme d'un match sans âme au Lierse, l'entraîneur des Mauves déclarait que l'équipe n'est peut-être pas aussi bonne qu'elle le pense. Un terrible aveu d'impuissance car comment est-il possible qu'une équipe qui possède autant de talent galvaude 25 points en 24 matches ?
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Il y a quelques mois, après quelques prestations calamiteuses en Ligue des Champions, John van den Brom avait affirmé qu'Anderlecht n'avait rien à espérer à ce niveau, ce qui n'avait pas fait que des heureux. Le week-end dernier, au terme d'un match sans âme au Lierse, l'entraîneur des Mauves déclarait que l'équipe n'est peut-être pas aussi bonne qu'elle le pense. Un terrible aveu d'impuissance car comment est-il possible qu'une équipe qui possède autant de talent galvaude 25 points en 24 matches ? Il y a un an, John van den Brom était considéré comme un entraîneur novateur et, bien qu'il n'ait pas convaincu tout son monde aux Pays-Bas, Anderlecht se demandait s'il pourrait le conserver longtemps. On vantait son football moderne mais vendredi, au Lierse, il s'est adapté au jeu de l'adversaire et ses joueurs semblaient tellement s'ennuyer sur le terrain qu'on peut se demander s'ils sont encore derrière leur coach. Le laxisme dont ils faisaient preuve témoigne, à tout le moins, d'un manque de conscience professionnelle. Et ça, c'est inquiétant. Il arrive régulièrement qu'Anderlecht ait tendance à se surestimer. A chaque fois, cela provoque une crise mais cela semble inhérent à la culture du club. Cette fois, cependant, il n'est pas question de complexe de supériorité mais bien de manque d'intérêt et d'apathie. John van den Brom doit l'avoir constaté au cours de la semaine précédant la rencontre mais il n'a pas pu inverser la tendance. On dit alors d'un entraîneur qu'il a atteint ses limites. Et ce qui étonne, cette saison, c'est que malgré une série de faux-pas, tout soit resté relativement calme au Sporting. Les temps sont durs pour les entraîneurs des clubs du G5. A Bruges, l'arrivée de Michel Preud'homme avait failli provoquer une vague d'évanouissements. Mais depuis le mois de septembre, pas grand-chose n'a changé. Samedi dernier, les Blauw en Zwart ont dû puiser dans leurs réserves pour faire plier Mons. Aujourd'hui, on affirme que le noyau n'est pas suffisamment fort. Si c'est le cas, à quoi cela servait-il de changer d'entraîneur ? Au Racing Genk, Mario Been a eu droit à beaucoup de crédit, même s'il ne compte pas que des partisans au sein de la direction. Samedi, le Hollandais a sauvé sa peau. Comme Preud'homme, ce n'est pas lui qui a choisi les joueurs qui, au cours des premiers mois de championnat, ont parfois livré du très beau football. On a peut-être accordé trop d'importance à ces débuts. A Gand, Mircea Rednic a déjà épuisé une bonne part du crédit accumulé lorsqu'il était au Standard. Les Buffalos s'intéressaient pourtant au Roumain avant même l'arrivée de Victor Fernandez. Si La Gantoise est éliminée de la coupe ce mercredi soir, sa saison sera déjà terminée et la Ghelamco Arena risque d'être déserte au moment des play-offs II. Avec six arrivées, La Gantoise a pourtant été l'équipe la plus active au cours d'un mercato hivernal par ailleurs bien calme puisque seuls 45 transferts (dont 17 locations) ont été comptabilisés, contre 71 la saison dernière. On verra si nos clubs ont privilégié la qualité à la quantité. Dans la chronique qu'il tient avec une certaine ironie dans l'hebdomadaire Humo, Jan Mulder relativisait la semaine dernière le rôle de l'entraîneur, disant qu'il devait veiller à ce que l'autocar parte à l'heure et à ce que l'ambiance soit bonne. Guy Luzon, l'entraîneur du Standard, n'est toujours pas pris au sérieux par tout le monde, son attitude le long de la ligne fait parfois penser à celle d'un clown mais l'Israélien préserve en tout cas l'unité de son groupe. Et le Standard compte dix points d'avance. Cela mérite le respect. D'autant que peu d'entraîneurs expérimentés auraient tenu le coup dans un chaudron tel celui de Sclessin lorsque la révolte populaire gronda. Même si Roland Duchâtelet était le premier visé, Luzon se trouvait également dans la ligne de mire des supporters, qui n'avalaient pas le départ de Mircea Rednic. Luzon répliqua qu'il était habitué à vivre dans un climat de tensions et il se mit tranquillement au travail. Six mois plus tard, les Rouches filent vers le titre avec un groupe sensiblement identique à celui de la saison dernière. Ils comptent quinze points de plus et ont encaissé seize buts de moins que l'an dernier après 24 journées de championnat. PAR JACQUES SYSJohn van den Brom a atteint ses limites.