A son arrivée au Standard, Steven Defour a rapidement été surnommé le nouveau Wilfried Van Moer. Une comparaison encore renforcée par le fait qu'il a endossé le maillot n°8. Qu'en pense l'ex-milieu du Standard ? " Les gens aiment bien ce genre de comparaisons, mais nous sommes de générations différentes et il est très difficile de comparer les époques ", estime Van Moer. " Cela dit, il y a certaines similitudes. Je me retrouve assez bien dans la manière de jouer de Steven : il y a l'engagement, le caractère, la vista, la technique. Il peut jouer comme milieu de terrain, mais aussi légèrement déporté sur le flanc droit ou gauche. C'est aussi un joueur offensif qui n'hésite pas à défendre, ce qui est très important dans le football moderne. Mais il ne faut pas le brûler, il est encore très jeune et doit prendre le temps de mûrir. A mes yeux, il a les capacités pour devenir un futur grand du football belge. Il a déjà traversé quelques turbulences suite à toutes les péripéties liées à son transfert, et plus récemment, l'affaire du crachat. La presse s'est emparée de toutes ces histoires, et je peux le comprendre. Le fait que Steven ait survécu à toutes ces péripéties démontre qu'il a énormément de caractère. A Genk, il a été sifflé à chaque touche de balle, mais il ne s'est pas laissé impressionner et a continué à jouer son match. D'autres joueurs, à sa place, auraient sombré. C'est le signe d'un joueur très fort dans sa tête. Il doit sans doute encore apprendre à mieux doser ses efforts, car il veut être partout à la fois. Aujourd'hui, c'est encore un peu Sergio Conceiçao qui impose ses vues à Sclessin, mais le jour où le Portugais s'en ira, je pense que Steven a l'étoffe voulue pour prendre le relais et endosser le costume du patron. Il sera important pour lui d'être bien entouré, mais je crois qu'il l'est au Standard. Moi, à 19 ans, je quittais Beveren pour l'Antwerp. Lui joue déjà au Standard, après avoir joué à Genk. Il est donc déjà très loin ".
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A son arrivée au Standard, Steven Defour a rapidement été surnommé le nouveau Wilfried Van Moer. Une comparaison encore renforcée par le fait qu'il a endossé le maillot n°8. Qu'en pense l'ex-milieu du Standard ? " Les gens aiment bien ce genre de comparaisons, mais nous sommes de générations différentes et il est très difficile de comparer les époques ", estime Van Moer. " Cela dit, il y a certaines similitudes. Je me retrouve assez bien dans la manière de jouer de Steven : il y a l'engagement, le caractère, la vista, la technique. Il peut jouer comme milieu de terrain, mais aussi légèrement déporté sur le flanc droit ou gauche. C'est aussi un joueur offensif qui n'hésite pas à défendre, ce qui est très important dans le football moderne. Mais il ne faut pas le brûler, il est encore très jeune et doit prendre le temps de mûrir. A mes yeux, il a les capacités pour devenir un futur grand du football belge. Il a déjà traversé quelques turbulences suite à toutes les péripéties liées à son transfert, et plus récemment, l'affaire du crachat. La presse s'est emparée de toutes ces histoires, et je peux le comprendre. Le fait que Steven ait survécu à toutes ces péripéties démontre qu'il a énormément de caractère. A Genk, il a été sifflé à chaque touche de balle, mais il ne s'est pas laissé impressionner et a continué à jouer son match. D'autres joueurs, à sa place, auraient sombré. C'est le signe d'un joueur très fort dans sa tête. Il doit sans doute encore apprendre à mieux doser ses efforts, car il veut être partout à la fois. Aujourd'hui, c'est encore un peu Sergio Conceiçao qui impose ses vues à Sclessin, mais le jour où le Portugais s'en ira, je pense que Steven a l'étoffe voulue pour prendre le relais et endosser le costume du patron. Il sera important pour lui d'être bien entouré, mais je crois qu'il l'est au Standard. Moi, à 19 ans, je quittais Beveren pour l'Antwerp. Lui joue déjà au Standard, après avoir joué à Genk. Il est donc déjà très loin ". Paul Van Himst, considéré comme le plus grand footballeur belge de tous les temps : " Si Defour peut rejoindre le cercle fermé des tout meilleurs, à l'avenir ? Il est encore trop tôt pour le dire. Pour savoir s'il deviendra simplement un bon joueur ou un très bon joueur, j'attends de voir si le Standard sera européen et si Defour brillera autant dans les compétitions internationales qu'en championnat. J'attends aussi de le voir comme titulaire régulier en équipe nationale, et si possible, dans une grande épreuve comme un Championnat d'Europe ou une Coupe du Monde. Je prendrai, comme point de comparaison, Mbark Boussoufa. Il a reçu tous les honneurs en Belgique (Footballeur Pro de l'Année, Soulier d'Or) mais on a vu qu'en Ligue des Champions, c'était encore un peu court. Alors, au sujet de Defour, je répondrai : - Beaucoup de qualités ? Sûrement, oui. Un tout grand ? Point d'interrogation, il doit encore tout démontrer. Mais, c'est clair, il a une très bonne passe dans le pied, il travaille beaucoup sur le terrain et il a de la technique et beaucoup de caractère. Ses défauts ? Peut-être le fait qu'il n'est pas très grand, mais il ne faut pas nécessairement mesurer deux mètres pour être un grand footballeur. Je ne me prononcerai pas au sujet de son entourage, car je n'ai pas l'honneur de connaître sa famille, ses amis, ses proches. Je ne veux pas émettre un avis basé sur des préjugés ou des rumeurs. Au sujet de son entourage sportif, je pense que Michel Preud'homme est à même de bien le conseiller : Steven a la chance d'être tombé sur un bon entraîneur qui connaît le football professionnel sur le bout des doigts ". Pär Zetterberg pourrait être le père de Defour, même s'il l'a encore affronté sur le terrain la saison dernière. " Je trouve qu'il a progressé depuis qu'il joue au Standard ", estime le Suédois. " La saison dernière, il était encore facilement influençable. Lorsqu'on le provoquait un peu, il sortait de ses gonds et perdait son football. Je dois reconnaître qu'Anderlecht, on a un peu utilisé cette faiblesse pour le sortir du match, l'an passé. Mais je n'ai pas l'impression qu'il se laisse encore déstabiliser aussi facilement aujourd'hui. Il a beaucoup mûri sur ce plan-là. Au Standard, la pression est encore beaucoup plus grande qu'à Genk, et il la supporte aisément. Je le considère comme l'un des jeunes footballeurs belges susceptibles d'atteindre le très haut niveau. N'oublions pas que ce n'est seulement que sa deuxième saison complète en D1. La première avait déjà été très bonne. La deuxième me semble encore meilleure, mais il dispose encore d'une marge de progression énorme. Dans quel domaine doit-il encore progresser ? Dans tous. A 18 ans, même s'il est déjà très loin pour son âge, il n'est encore nulle part. Si tout va bien, il a encore près de 20 ans de carrière devant lui. Tout reste à faire. Mais il progresse à vue d'£il. Il prend une part de plus en plus importante dans le jeu du Standard. Il donne de plus en plus de coups francs, de plus en plus de corners. Cela signifie beaucoup. Il prend de la place sur l'échiquier des Rouches, ce sont les prémices d'une belle carrière. Mais pour la suite, tout dépendra de lui. De ce qu'il a envie de faire, de la manière dont il va se comporter. Est-il ouvert à ce qu'on peut lui apporter ? Ecoute-t-il les conseils des anciens ? Est-il prêt à travailler encore davantage ? Va-t-il se satisfaire du niveau qu'il a déjà atteint ? Je ne fréquente pas le vestiaire du Standard, je suis donc mal placé pour juger son comportement. Pourrait-il évoluer à Anderlecht ? Sans doute, oui, mais cette réponse ne doit pas être mal interprétée : le Sporting n'est pas demandeur, on possède déjà assez de joueurs pour la fonction qu'il remplit. Mais, sur base de ses qualités, il a sans doute le niveau, oui ". Juan Lozano, Anversois d'origine espagnole, est l'un des footballeurs qui ont enchanté les spectateurs belges. Après le Beerschot et Anderlecht, il a joué au Real Madrid avant de voir sa carrière brisée sur une fracture de la jambe. " Malheureusement, je ne suis pas assez souvent en Belgique pour voir jouer Steven régulièrement. Je ne peux donc donner qu'un avis très nuancé, basé sur quelques images télévisuelles, mais je dois reconnaître que c'est un footballeur qui me plaît. Il est actif, il est techniquement très affûté, possède une bonne technique de frappe également. S'il poursuit dans la voie qu'il s'est tracée, il peut certainement devenir un très grand. C'est un jeune joueur doté d'énormément de qualités. Mais les qualités footballistiques ne suffisent pas toujours. Ce que vous avez dans la tête est également très important. De ce point de vue là, je ne le connais pas assez pour juger. Je sais qu'il a connu des problèmes, comme lors de son transfert au Standard, mais s'il garde la tête bien sur les épaules, il en ressortira plus fort. Est-il taillé pour évoluer, un jour, dans le championnat d'Espagne ? Il doit témoigner de beaucoup de patience et progresser pas à pas. Mais un grand joueur est, en principe, taillé pour évoluer dans n'importe quel championnat ". Johan Walem, ancien médian gaucher d'Anderlecht et du Standard, est aujourd'hui l'un des consultants de Belgacom TV. " A la question de savoir s'il peut devenir un très grand, je réponds sans hésitation : oui. Il y a déjà un an et demi que l'on sait qu'il s'agit d'une très grande promesse, et depuis lors, il n'a cessé de confirmer. Il joue avec une grande facilité, déploie une grande maîtrise technique. Je décèle aussi une grande maturité dans ses prestations, mais également dans son attitude. Il s'est toujours contrôlé et n'a jamais pété les plombs, alors qu'il a été soumis à rude épreuve. Il s'est rapidement adapté au Standard, alors que ce n'est pas facile du tout étant donné la pression énorme qui règne à Sclessin. C'est un excellent écolage : lorsqu'on résiste à cette pression, cela signifie qu'on est prêt à relever tous les défis. Ses défauts ? Peut-être sa jeunesse, qui lui fait encore commettre l'une ou l'autre erreur, mais est-ce vraiment un défaut ? On peut aussi voir l'autre côté et se dire que, vu son jeune âge, il va encore progresser. Et là, on se demande jusqu'où il peut aller. Car ce qu'il réalise déjà, à son âge, est remarquable. En outre, il le réalise dans un rôle pour lequel il n'était, en principe, pas prédestiné. Je l'entends encore déclarer, en début de saison, qu'il n'était pas un joueur de flanc et ne pouvait être efficace que dans l'axe, derrière les attaquants. Aujourd'hui, il est devenu efficace sur le flanc (droit ou gauche), d'où il délivre un nombre incroyable de bonnes passes. Il est devenu tout aussi déterminant là que dans l'axe. Bien sûr, ce n'est ni Conceiçao, ni Milan Rapaic : il a un autre style. Mais il m'épate : par ses facultés d'adaptation, il a ajouté une flèche à son arc. Il est devenu polyvalent. C'est une preuve d'intelligence ". Marc Wilmots, est-il besoin de le préciser, a réussi une belle carrière : Saint-Trond, Standard, Malines, Schalke 04... Il fut aussi l'une des dernières figures emblématiques des Diables Rouges. Son avis est d'autant plus autorisé qu'il £uvre souvent comme consultant pour les chaînes télévisées et voit donc énormément de matches. " Est-il dans la lignée des grands ? Tout dépend de ce que l'on appelle un grand. Si on veut déjà le comparer aux joueurs qui ont fait la fierté des Diables Rouges, c'est beaucoup trop tôt. A mon époque, on commençait à devenir quelqu'un dans le football belge lorsqu'on avait 20 matches avec les Diables Rouges à son actif, qu'on avait participé à une Coupe du Monde ou à un Championnat d'Europe. Defour est un joueur de tempérament, qui possède également de grandes qualités techniques, mais on en saura plus sur ses capacités réelles lorsqu'il aura tenté une petite expérience à l'étranger. Des joueurs comme Christian Wilhelmsson ou Vincent Kompany se sont plantés à l'étranger. A cause de blessure, d'un choix d'entraîneur ou pour d'autres raisons, peu importe . Luigi Pieroni et Wesley Sonck, eux aussi de très bons joueurs en Belgique, ne parviennent pas à décoller du banc dans leur club respectif. Defour a beaucoup de qualités, c'est clair. Mais pour l'instant - entre autres parce que le Standard a malheureusement été rapidement éliminé des compétitions européennes - il a pu se contenter d'un match par semaine au niveau national. Lorsqu'il évoluera dans un grand club étranger, il disputera trois matches de très haut niveau par semaine, durant trois mois et demi. C'est là qu'il faut être fort mentalement et physiquement. Je ne dis pas que Defour n'en est pas capable, mais il devra le démontrer. Il devra bien réfléchir avant de signer quelque part. Ce sera important aussi d'avoir un manager intelligent qui lui choisisse une compétition qui lui convienne. Ajax aurait été un bon club pour lui. J'ai déjà été voir l'un ou l'autre match aux Pays-Bas, et les joueurs y disposent généralement de beaucoup d'espace. Il devrait s'y régaler. On sait ce qu'il est advenu de son transfert envisagé vers le club amstellodamois. Mais pour l'instant, je trouve que son plan de carrière est bon. Je lui conseillerais de rester d'abord trois ans au Standard, avant d'éventuellement franchir le pas. Il doit savoir que, s'il part un jour en Bundesliga ou dans un autre grand championnat, il aura droit à un marquage à la culotte. La pression sera encore beaucoup plus importante qu'elle l'est au Standard, où elle n'est pourtant pas négligeable. Et on lui demandera encore beaucoup plus qu'actuellement. Ce qui lui manque encore, pour l'instant, c'est le vécu. Mais à 18 ans, il ne peut pas l'avoir, c'est impossible. Il doit donc continuer à grandir, étape par étape. Il est capable de réussir ". par daniel devos - photos : reporters