Les cris aigus de Monica Seles se sont transformés en véritables tics. Suite aux plaintes émises par Martina Navratilova et Nathalie Tauziat, les organisateurs du tournoi de Wimbledon décidèrent ainsi d'introduire un appareil de mesure de décibels en 1992. Cet été, lors du tournoi de San Diego, c'est Jennifer Capriati qui est montée au créneau. Battue sur ...

Les cris aigus de Monica Seles se sont transformés en véritables tics. Suite aux plaintes émises par Martina Navratilova et Nathalie Tauziat, les organisateurs du tournoi de Wimbledon décidèrent ainsi d'introduire un appareil de mesure de décibels en 1992. Cet été, lors du tournoi de San Diego, c'est Jennifer Capriati qui est montée au créneau. Battue sur un double 6-3 en demi-finale, la lauréate en Australie et en France a vivement critiqué la virulence des cris de sa compatriote: "Je l'ai rencontrée à plusieurs reprises dans ma carrière et cela faisait un petit temps qu'elle n'avait plus crié aussi fort. Elle crachait virtuellement ses poumons. J'avais vraiment beaucoup de difficultés à me concentrer". Si certaines de ses adversaires ont appris à vivre avec cette situation, Capriati, perturbée, n'hésita pas à faire appel au superviseur pour marquer son désappointement. "Le jeu est devenu tellement puissant et rapide que le laps de temps qui s'écoule entre les frappes est aujourd'hui particulièrement court. Bref, c'était comme si elle criait sans arrêt. Je nourrissais même l'impression d'avoir un écho au moment où je frappais et c'était franchement dérangeant. Je reconnais qu'il arrive à tout le monde de crier, même moi je me surprends à le faire, mais je n'en suis jamais arrivée à hurler comme elle. Je ne trouve pas que cela soit spécialement nécessaire. J'aurais peut-être dû le lui signaler moi-même durant la partie, mais je ne voulais pas perturber sa concentration, car j'ai beaucoup de respect pour elle". Les cris de Seles ne perturbent en revanche pas Lindsay Davenport, Venus Williams ou Martina Hingis. La première considère qu'il ne s'agit pas d'un problème, ajoutant que Serena Williams se montre encore plus bruyante. La deuxième explique que chacun devrait avoir le droit et d'expirer comme bon lui semble... "Nombre de joueuses crient plus fort que moi", confia Monica. "J'ai retenu la leçon de cette fameuse année 1992. J'avais été tellement affectée par ces critiques que j'étais passée complètement à côté de ma finale contre Steffi Graf. Mais bon, j'étais jeune à l'époque. Aujourd'hui, je ne m'inquiète plus et je laisse dire..."