Après de nombreux essais et plusieurs échecs en finale, Daphné Vande Zande est, enfin, devenue l'année dernière championne de Belgique, le plus beau résultat de sa carrière. Depuis, elle a mis un terme à sa carrière de joueuse pro après avoir participé pour la dernière fois aux qualifications de l'Open d'Australie.
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Après de nombreux essais et plusieurs échecs en finale, Daphné Vande Zande est, enfin, devenue l'année dernière championne de Belgique, le plus beau résultat de sa carrière. Depuis, elle a mis un terme à sa carrière de joueuse pro après avoir participé pour la dernière fois aux qualifications de l'Open d'Australie. Double champion de Belgique, Arnaud Fontaine a des avis bien tranchés sur le tennis belge. A l'aube de la saison d'interclubs en Belgique, il reste un adepte convaincu d'un tennis offensif.Qu'avez-vous fait fait depuis le mois de janvier?Daphné Vande Zande : Après les qualifications de l'Australian Open, j'ai décidé de me consacrer à mon école de tennis à Vilvorde. Et pour le moment, je travaille également dans deux autres écoles. Ce que j'aimerais faire, c'est créer une sorte de team pour suivre dans les tournois en Belgique des jeunes qui ne sont pas repris par la fédération ou qui trouvent que la fédé n'est pas bonne. Avec Pascal Collard et Libor Pimek pour les hommes, on va essayer de mettre cela en place. Et si cela marche, je m'occuperai des filles qui veulent voyager à l'étranger ou qui désirent commencer à faire des tournois de 10.000 dollars, même en Belgique. Car cette année, j'ai décidé de faire encore des tournois, mais uniquement en Belgique. Même si je ferai aussi les interclubs en France et en Allemagne au mois de mai et juin. C'est d'ailleurs pour cela que je dois encore m'entraîner un petit peu car je m'y suis engagé quand j'étais encore 140e joueuse mondiale et le niveau des interclubs est très élevé là-bas. Dans mon équipe, il y aura Els Callens et la Slovaque Ludmila Cervanova, qui sont toutes les deux Top 150 et on va rencontrer des joueuses comme Marlene Weingartner, 60e joueuse au classement WTA. Donc, il faut que je m'entraîne parce que ce sera difficile : aujourd'hui, je ne suis plus que 220e mondiale, je crois. Je ne suis plus tout cela de très près, vu que je ne joue plus depuis janvier. Cela ne m'intéresse plus. Mais c'est un choix, je suis quand même plus heureuse comme ça. Fontaine : Je voudrais être dans les 150 premiers à la fin de l'année 2001. Je n'ai plus de points à défendre d'ici le mois de novembre. Donc, j'espère que ça ira. D'ailleurs, ma saison a plutôt bien commencé. J'ai remporté deux tournois Futures de 15.000 dollars et j'ai atteint les quarts de finale d'un Challenger de 50.000 dollars. Malheureusement, maintenant je suis blessé. Je traîne une tendinite au genou depuis longtemps, et j'ai désormais aussi une tendinite à l'épaule. Donc, j'ai arrêté de jouer depuis deux semaines pour me soigner, et j'en ai encore pour trois semaines. Après ça, je participerai à quelques tournois de 15.000 dollars en Angleterre, avec des Challengers. Et puis la saison sur herbe. Daphné, pourquoi ce choix?Vande Zande : J'ai voyagé pendant un an avec mon entraîneur et copain David Basile, ce qui coûte très cher évidemment. Et après un an, ce n'était financièrement plus possible car je ne gagnais pas assez. Alors j'ai essayé de voyager seule pendant un mois et demi, mais c'était beaucoup trop dur. Je n'avais plus envie de partir toute seule dans des tournois si lointains, comme je l'ai fait il y a quelques années. Alors si on n'a plus l'envie de jouer, il faut arrêter. Surtout que la pression financière était énorme. Tu gagnes et tu dépenses, tu gagnes et tu dépenses, et à la fin, je ne m'en sortais plus. Si j'avais pu bénéficier de l'aide d'un sponsor, j'aurais continué. Seule, ce n'était plus possible. Il faut quand même que je vive. A 26 ans, normalement, on travaille et on gagne sa vie. Votre carrière se termine-t-elle sur un constat d'échec?Vande Zande : Non, je ne pense pas. Bon, c'est sûr, je n'ai pas atteint l'objectif que je m'étais fixé au début de ma carrière, à savoir une place parmi les cent premières joueuses mondiales. Mais il n'y pas beaucoup de joueuses qui peuvent dire qu'elles ont été dans le Top 150. Et à une époque où le tennis était quand même plus difficile, qu'il y a dix ans. Aujourd'hui, les filles frappent beaucoup plus fort, font plus de la musculation. Aujourd'hui, toutes les joueuses cognent, même Justine Henin, qui a pourtant un jeu plus varié que Kim Clijsters ou les soeurs Williams. Moi, je peux dire que j'ai été 140e à l'époque où ça commençait à frapper, une période tout de même plus difficile qu'avant. Je pensais que j'étais capable d'arriver dans le top 100, mais il m'a manqué quelque chose, peut-être au niveau mental, même si j'ai battu des joueuses du top 100. Mais bon, c'est aussi une belle carrière, que j'ai terminée en beauté en devenant championne de Belgique, après avoir échoué trois fois en finale. D'ailleurs, je vais encore participer aux championnats de Belgique, si toutes les bonnes joueuses ne sont pas de la partie. Avez-vous déjà eu l'occasion de goûter à des tournois de plus haut niveau?Fontaine : Oui, j'ai disputé les qualifications des tournois de Rotterdam et de Bâle. Il est bien sûr difficile de se replonger dans l'ambiance des petits tournois, moins bien organisés. Mais les tournois sont quand même de mieux en mieux. Et puis maintenant, je participe à des Challengers, qui sont mieux organisés que les Satellites ou les Futures. Cependant, c'est vrai que ce n'est pas toujours facile, mais il faut passer par là pour y arriver. Qu'est-ce qui vous motive alors? Qu'est-ce qui vous fait rêver au point d'endurer tous les petits tournois?Fontaine : Mon rêve, ce serait de faire un bon résultat à Wimbledon. Parce que j'adore cette surface et parce que l'ambiance est vraiment particulière. Tous les tournois du Grand Chelem sont bien, mais Wimbledon, c'est spécial. Vous donnez maintenant des cours aux jeunes et vous voulez apporter votre aide aux joueuses qui ne bénéficient pas du soutien de la fédé. Est-ce pour leur éviter de tomber dans la même situation que celle que vous avez vécue?Vande Zande : En partie. Mais attention, j'ai tout de même été soutenue par la fédération. J'ai passé sept ans, de 11 à 18, à Wilrijk, au centre de formation de la VTV, où j'étais interne. Ensuite, je suis allée à la BATD (Belgian Association for Tennis Development), avec Pascal Collard. Et puis, j'ai travaillé avec David Basile. D'abord en Belgique pendant deux années, puis il m'a suivie à l'étranger pendant un an. En 2000, année pendant laquelle j'ai progressé de la 500e à la 148e place, ce qui n'est pas mal. Il est vrai également qu'à 20 ans, je me suis retrouvée seule. La fédération ne me suivait plus, vu qu'elle se consacre aux plus jeunes. En Belgique, il n'existe aucune structure pour les joueurs dans ce cas. C'est ce que nous allons essayer de créer, parce qu'à 20 ans, on est quand même encore jeune. Je crois que l'expérience que j'ai accumulée peut être bénéfique pour certaines filles. Et je sais de quoi je parle, j'ai été dans des pays perdus en Asie, toute seule, pour disputer des petits tournois. C'était très difficile, mais je crois que ça m'a apporté beaucoup, comme expérience de vie. Arnaud, quelle filière avez-vous suivi?Fontaine : J'ai commencé le tennis très tôt, à l'âge de six ou sept ans, au Primerose à Bruxelles. J'ai toujours joué dans ce club et depuis huit ans maintenant, je fais partie de la BATD. En fait, j'ai toujours eu une raquette entre les mains. J'aimais beaucoup jouer et regarder les matches à la télévision. Je devais avoir douze ou treize ans quand j'ai décidé de me lancer à fond dans le tennis, d'en faire votre métier. Je jouais bien et j'ai remporté quelques tournois d'affilée. Mais vous avez aussi de bons souvenirs de votre vie de joueuse professionnelle? Des personnes sympathiques que vous avez rencontrées?Vande Zande : Oui, bien sûr. J'ai notamment vécu une belle amitié avec Dominique Monami-Van Roost, quand j'avais 19 ans. On s'entendait très bien, mais nos chemins se sont séparés. Elle a été dans le Top 10, alors que moi, j'étais beaucoup plus loin dans le classement, ce qui fait que nous ne participions plus aux mêmes tournois. Mais je n'oublierai jamais cette amitié. D'autre part, ma victoire au championnat de Belgique l'année passée a été un grand moment de ma carrière. J'étais vraiment heureuse de prouver ce que je valais à tous ceux qui n'avaient pas cru en moi. Je râlais en effet de ne pas avoir reçu une seule wild-card aux tournois belges (Anvers, Liège) alors que d'autres joueuses moins bien classées que moi avaient été invitées. J'étais heureuse de prouver la valeur du classement, surtout que je revenais de loin, parce que je n'avais pas pu jouer pendant neuf mois en 1999, à cause d'une mononucléose. Et je vais tout faire pour m'imposer une nouvelle fois en 2001. Enfin, j'ai également été dans tous les tournois du Grand Chelem, pour faire les qualifs. C'est aussi une belle expérience. Avec votre service puissant, votre tennis agressif et votre tendance à rentrer dans le terrain, vous devez préférer les surfaces rapides.Fontaine : Que ce soit le gazon ou la moquette, tout cela, j'aime bien. Donc en Belgique, je ne suis pas bien servi. Je vais donc régulièrement en Angleterre ou en France, où il y a des tournois indoor en hiver sur des surfaces assez rapides aussi. Ne faudrait-il pas permettre aux joueurs belges d'avoir un accès plus facile à des courts en surface rapide?Fontaine : C'est sûr. Mais il faudrait déjà qu'on organise plus de tournois internationaux en Belgique. Pour le moment, il y a juste deux Challengers. Je sais bien qu'on n'a pas les mêmes budgets qu'en France, mais il faudrait quand même trois ou quatre tournois internationaux. Cela me paraît un minimum. Et dans ces tournois, privilégier la surface rapide. Néanmoins déjà au niveau des clubs, il faudrait permettre aux jeunes de jouer plus souvent sur surface rapide, au lieu de mettre de la terre battue partout. Ce serait une bonne chose pour le tennis belge, et on verrait que ce sont aussi des surfaces agréables à jouer. Laurent Gérard