Les Sterchele semblent cultiver le glamour plus que d'autres. Cela se remarque au premier coup d'£il. Marine Sterchele, la s£ur de François (25 ans) et mannequin en devenir, ouvre la porte. A l'intérieur, son frère Thibault arbore son ventre nu et montre le résultat de sa première séance de solarium à Allessandro Pellitteri, l'ami de la maison. Tous deux portent une casquette qui a manifestement été choisie selon des critères esthétiques plutôt qu'isolants. Un peu plus tard, quand François entre, il ne serre pas de mains mais donne un baiser enthousiaste à chacun.
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Les Sterchele semblent cultiver le glamour plus que d'autres. Cela se remarque au premier coup d'£il. Marine Sterchele, la s£ur de François (25 ans) et mannequin en devenir, ouvre la porte. A l'intérieur, son frère Thibault arbore son ventre nu et montre le résultat de sa première séance de solarium à Allessandro Pellitteri, l'ami de la maison. Tous deux portent une casquette qui a manifestement été choisie selon des critères esthétiques plutôt qu'isolants. Un peu plus tard, quand François entre, il ne serre pas de mains mais donne un baiser enthousiaste à chacun. ' I'm just a boy', c'est le message qui ornait le slip coloré avec lequel le fils aîné a posé pour Humo, afin d'obtenir le titre de Stud d'Or - en vain. Le slogan lui convient car toute la famille est là pour témoigner que François n'a guère changé au fil des ans. Il est le comique de service ? Cela a commencé sur les bancs du collège St-François d'Assise de Liège, raconte la grand-mère. " Marine fréquente maintenant la même école. Alors qu'elle a sept ans de moins que François, ses professeurs lui rappellent encore les frasques de son frère. Celui-ci a donc une solide réputation. Il n'était pas un bon élève : il ne pensait qu'à s'amuser ". Sterchele, né d'une mère hasseltoise et d'un père italo-belge, avait pris pour le reportage une bonne résolution : il allait laisser la parole à sa famille. Il se sent pourtant obligé d'intervenir. " J'étais un très bon élève mais je n'aimais pas étudier (sic). Les professeurs m'expliquaient que j'avais besoin d'un diplôme mais je répétais que je deviendrais footballeur. Ils me répondaient invariablement que j'avais une chance sur un million de réussir mais ce n'était pas un argument valable à mes yeux. Je n'ai jamais fait de bêtises. Les enseignants m'aimaient bien. Quand il se passait quelque chose, je m'arrangeais pour rester hors de portée. A la fin de chaque année scolaire, il y avait une distribution des prix. Ceux de math et d'anglais me passaient évidemment sous le nez mais je gagnais chaque année la médaille de l'amitié. Tous mes amis votaient pour moi. Or, j'en avais énormément ". Sterchele ne veut pas raconter d'anecdotes sur ses prouesses mais il finit par céder à l'insistance générale : " Au cours de math, je m'étais tellement distingué que le professeur en a eu assez. Au début de chaque leçon, il plaçait mon banc tout au fond, loin de tous les autres. C'était une sorte de cellule d'isolement ". Dominique ne s'est jamais vraiment tracassée à propos des bulletins de son fils : " Il n'était quand même pas un cancre. Il n'a jamais doublé et il a quand même obtenu un diplôme en éducation physique ". Questionné sur ses matières favorites, Sterchele nous surprend : " La littérature française et la poésie ". Le reste de la tablée éclate de rire mais Sterchele campe sur ses positions : " Oui, écrivez-le, je marquerai des points auprès des femmes ". La grand-mère : " Il n'est vraiment jamais sérieux, n'est-ce pas... " A ses débuts en football, le petit François a du mal à prendre son hobby au sérieux. Son grand-père François Boonen lui servait de chauffeur mais se posait beaucoup de questions en observant l'entraînement. " Je me demandais : mais pourquoi est-il encore en train de rigoler ? Parfois, il n'y avait vraiment aucune raison. Je me souviens d'un entraînement au RFC Liège. Toute l'équipe effectuait des tours de terrain. Français ne supporte pas ça. Puis d'un coup, plus trace de lui ni de Marco Ingrao, qui joue maintenant au Lierse. Ils s'étaient cachés derrière un sapin et espéraient rallier le groupe au tour suivant. Le comble, c'est que ce sont ces deux cancres qui se sont imposés en D1 ". La patience du grand-père était aussi mise à solide épreuve car il n'y avait pas que les pitreries de François : " Après chaque entraînement, il était toujours le dernier à sortir de la douche. Nous ne cessions de lui répéter de se dépêcher mais la fois suivante, c'était pareil ". Le petit-fils confirme. " Il en va de même maintenant, au Germinal Beerschot. Je ne sais pas d'où ça vient mais je suis toujours le dernier à quitter le vestiaire ". Si le grand-père était le chauffeur attitré du petit François, sa grand-mère s'occupait de ses vêtements. Gamin déjà, il attachait beaucoup d'importance à son look. " J'ai toujours voulu avoir mon propre style, être différent des autres ", commente Sterchele. Sa grand-mère d'ajouter : " Il jouait toujours avec des chaussures de couleur. Il n'était pas question de porter des noires. Il a été un des premiers à porter les serre-poignets qu'on voit partout maintenant. A l'époque, c'était nouveau. Ils devaient être lavés et préparés avant chaque match ". Pourtant, François n'a guère l'occasion d'afficher sa garde-robe extravagante. Jusqu'en Scolaires, il est plus souvent qu'à son tour sur le banc. " Liège appréciait les joueurs dotés de qualités physiques ", se souvient Sterchele. " Or, je suis longtemps resté petit et je n'ai donc pas beaucoup joué. C'est certainement typique de la Belgique. Dans les catégories d'âge italiennes, on voit des joueurs de tous les formats. Ils doivent être de bons footballeurs, c'est la seule condition. En Scolaires, j'ai commencé à pousser et j'ai été repris dans l'équipe ". Malgré son statut de réserve, jamais le grand-père n'a douté du talent de François Sterchele : " Il avait quelque chose de plus que les autres. Sa touche de balle et ses feintes me frappaient. Il a un contrôle très particulier du ballon. Si je n'avais vu que les pieds des joueurs pendant un match, j'aurais immédiatement reconnu ceux de François ". C'est à Liège que Sterchele a effectué ses grands débuts télévisés. Porte-parole d'une sélection liégeoise, il est invité à une émission en compagnie d'anciens internationaux. Sterchele n'a pas effectué ses débuts en équipe fanion à Liège mais à La Calamine, un club de Première Provinciale. Il a suivi l'entraîneur Vito Dell'Aquila au club germanophone. " Un bon choix ", commente Dominique, sa mère. Sterchele opine. " Il vaut mieux disputer des matches à enjeu à un niveau inférieur que perdre son temps en Réserve ". Trois saisons plus tard, meilleur buteur de La Calamine, Sterchele passe à OHL Louvain, en Promotion : " J'ai sciemment choisi un club flamand afin de franchir un nouveau cap dans ma carrière. A cet échelon, les clubs flamands sont plus sérieux. Ils sont mieux structurés que leur homologues wallons ". Tout n'est pas mieux pour autant de l'autre côté de la frontière linguistique... surtout pour lui qui préfère embrasser les gens, en guise de salut, que leur serrer la main : " Les Flamands peuvent évoluer pendant des années dans la même équipe, jamais ils ne s'embrasseront. Ce n'est pas le cas des Wallons ". Cette différence a produit une étrange danse de joie après un but de son partenaire d'attaque, JurgenCavens. Sterchele : " Il est flamand, je suis wallon. Nous avons donc trouvé un compromis. Je lui donne trois baises mais sans le toucher ". Sa grand-mère sourit : " J'ai bien ri ! " Sterchele fête ses propres buts en tournant sa main droite à côté de la tempe. Son meilleur ami, Allessandro Pelliterri, en connaît l'origine : " Il a copié Luca Toni, l'avant international de la Fiorentina. C'est un signe italien qui signifie fou et marquer, c'est la folie, quoi. Il ne faut pas chercher plus loin ". Depuis que Sterchele gagne sa vie à Anvers, le reste de la famille semble mué en PME vouée au soutien de la carrière de François. La grand-mère fait le linge, la mère veille à ce qu'il ait assez de provisions pour passer une semaine à Anvers et son petit frère Thibault gagne son argent de poche en veillant à ce que tous les sponsors restent bien visibles sur la voiture que le club a mise à la disposition de François. " Thibault admire beacuoup son fère. Il joue à Liège et porte toujours les maillots de François ", raconte Dominique. " Marine et François sont très liés. Ils se font beaucoup de confidences. Ils ont leurs petits secrets. Ils sortent souvent aux mêmes endroits, comme le Venus, et quand un garçon demande le numéro de téléphone de Marine, François s'interpose et prie le jeune de la laisser tranquille ". Marine : " Cela, ce n'est pas marrant ". Dominique de conclure : " Elle a déjà posé pour quelques photos et il n'apprécie pas non plus ". Sterchele n'a jamais été très concerné par l'entretien de la maison familiale. " L'herbe peut faire un mètre, il ne la tondra jamais ", témoigne la grand-mère. Son mari intervient : " A ma grande surprise, un jour, je l'ai surpris avec une foreuse à la main. Je lui ai dit de la déposer immédiatement. A voir la façon dont il la tenait... Un accident est vite arrivé... " Dominique s'est résignée depuis belle lurette : son fils aîné n'est pas bricoleur pour un sou : " Il ne fait strictement rien. Heureusement, Thibault est plus utile ". Désormais logé dans la lointaine Anvers, Sterchele survit grâce aux pâtes aux scampi de sa grand-mère et à celles, à la bolognaise, de sa mère, même s'il prétend tirer très bien son plan dans la cuisine. " Et puis j'ai découvert quelques bons restaurants à Anvers ". par jan-pieter de vlieger - photos : reporters/mossiat