Au commencement était Pep Guardiola. C'est le refrain qui revient souvent à l'heure de décortiquer les idées de jeu de Vincent Kompany. Alors, quand le milieu de terrain espagnol Sergio Gómez se retrouve planté sur le côté gauche de la défense des Mauves au coup d'envoi de la saison, on entend forcément le technicien catalan raconter qu'il veut des "milieux qui jouent au poste de latéral". Les souvenirs ressurgissent. Ceux de Sieben Dewaele ou Edo Kayembe, latéraux improvisés, invités à rejoindre le coeur du jeu pour soutenir la possession lors des premières heures de l'ère Kompany. Très vite, pourtant, on comprend que Sergio Gómez est loin de tout ça.
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Au commencement était Pep Guardiola. C'est le refrain qui revient souvent à l'heure de décortiquer les idées de jeu de Vincent Kompany. Alors, quand le milieu de terrain espagnol Sergio Gómez se retrouve planté sur le côté gauche de la défense des Mauves au coup d'envoi de la saison, on entend forcément le technicien catalan raconter qu'il veut des "milieux qui jouent au poste de latéral". Les souvenirs ressurgissent. Ceux de Sieben Dewaele ou Edo Kayembe, latéraux improvisés, invités à rejoindre le coeur du jeu pour soutenir la possession lors des premières heures de l'ère Kompany. Très vite, pourtant, on comprend que Sergio Gómez est loin de tout ça. En perdant AlbertSambiLokonga, Anderlecht a fait le deuil progressif des différences faites au coeur du jeu. Le duo formé par JoshCullen et KristofferOlsson n'est pas bâti pour les folies offensives, et les danses endiablées du 4-2-2-2 anderlechtois doivent donc s'esquisser ailleurs. À la relance, on voit souvent l'un des milieux décrocher vers le poste de latéral, histoire de pousser Gómez très haut dans son couloir. La suite est simple, mais redoutable. On croirait voir une attaque dessinée par les All Blacks: fixer à l'intérieur, puis ouvrir vers le flanc. Déjà passeur décisif à cinq reprises, le gaucher a l'activité de ces ailiers de rugby, alignés à l'arrière, mais toujours prompts à influer sur le marquoir. Parti de loin, avec une faculté exceptionnelle à répéter les dédoublements, il profite du positionnement de LiorRefaelov ou AnouarAitElHadj, qui attirent l'attention du latéral adverse, pour trouver de l'espace entre la limite du bloc défensif et celle du terrain. Son toucher de ballon délicat fait le reste. Car Sergio Gómez caresse la balle comme un Espagnol. La deuxième touche de balle est souvent superflue, parce qu'elle ferait perdre de la vitesse à une chorégraphie qui doit s'exécuter en un minimum de temps: un ailier qui fixe à l'intérieur, un latéral servi dans une zone excentrée mais libérée, et un ballon claqué dans le dos de la défense mais hors de portée du gardien. Une danse sur papier millimétré qui a déjà offert des buts à YariVerschaeren, ChristianKouamé, JoshuaZirkzee, BenitoRaman et même AmirMurillo. L'un des chemins majeurs des Mauves vers le but, pour l'une des équipes les plus prolifiques de l'élite. Au fil des rencontres, le plan bruxellois s'affine pour ouvrir de plus en plus de portes offensives à Sergio Gómez. Car si l'ancien du Barça n'avait jamais joué aussi bas sur le terrain. il n'avait jamais atteint ne fût-ce que la moitié de son rendement statistique actuel, facturé 0,59 expected goal + assist par match.