Un 15 août à Liège est toujours réussi. Si vous y rajoutez une météo clémente et une victoire du Standard, alors là, vous obtenez la fête parfaite. Il était temps pour les Rouches de débuter le championnat : avec deux partages en deux matches, on avait un peu l'impression que les Liégeois restaient bloqués dans les starting-blocks. Deux points sur six pour un champion, cela faisait un peu tache. Et pourtant, en bord de Meuse, personne ne s'inquiétait. Et pour cause, personne n'a voulu l'avouer mais la nouvelle mouture du championnat permettait aux Standardmen de considérer le mois d'août comme un galop d'entraînement. En juillet, le préparateur physique, Guy Namurois, avait affirmé que le but était de parvenir à son meilleur niveau pour le premier objectif avoué de la saison, la Coupe d'Europe. Or, celle-ci n'arrive qu'en septembre. Rien ne servait donc de courir, il fallait partir à temps ou la version footballistique de la fable du lièvre et de la tortue. Certes, le rival ancestral, Anderlecht, est parti sur les chapeaux de roues mais, lui, devait tirer les leçons de son échec européen de la saison dernière. Il convenait donc aux Mauves d'être directement et pleinement opérationnels tant en championnat qu'en Ligue des Champions.
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Un 15 août à Liège est toujours réussi. Si vous y rajoutez une météo clémente et une victoire du Standard, alors là, vous obtenez la fête parfaite. Il était temps pour les Rouches de débuter le championnat : avec deux partages en deux matches, on avait un peu l'impression que les Liégeois restaient bloqués dans les starting-blocks. Deux points sur six pour un champion, cela faisait un peu tache. Et pourtant, en bord de Meuse, personne ne s'inquiétait. Et pour cause, personne n'a voulu l'avouer mais la nouvelle mouture du championnat permettait aux Standardmen de considérer le mois d'août comme un galop d'entraînement. En juillet, le préparateur physique, Guy Namurois, avait affirmé que le but était de parvenir à son meilleur niveau pour le premier objectif avoué de la saison, la Coupe d'Europe. Or, celle-ci n'arrive qu'en septembre. Rien ne servait donc de courir, il fallait partir à temps ou la version footballistique de la fable du lièvre et de la tortue. Certes, le rival ancestral, Anderlecht, est parti sur les chapeaux de roues mais, lui, devait tirer les leçons de son échec européen de la saison dernière. Il convenait donc aux Mauves d'être directement et pleinement opérationnels tant en championnat qu'en Ligue des Champions. Le Standard pouvait se permettre d'être au point un peu plus tard. D'où le décalage entre les champions et leurs dauphins. " Personne ne se tracasse des points perdus ", explique l'ancien défenseur Nico Dewalque. " Pourquoi ? Pendant les deux premiers mois, personne ne va s'occuper du championnat. Les Liégeois seront fixés sur la Ligue des Champions. Cela va retirer de l'ambiance au championnat mais on peut comprendre LaszloBölöni qui préfère essayer l'un ou l'autre joueur. " Faut-il pour autant parler de rythme de croisière trouvé pour les Liégeois après leur démonstration au Schiervelde de Roulers (1-5) ? Non car certains éléments peinent encore et le rythme de la partie était loin d'être effréné. Et surtout car les hommes de Bölöni ont eu la vie facilitée par une exclusion à la 20e minute. Jouer 70 minutes en supériorité numérique contre un des petits poucets de la D1, cela devient beaucoup plus évident. " On ne peut pas prendre ce match comme une référence ", expliquait Axel Witsel. " On a joué à 11 contre 10 pendant plus d'une heure. Contre Charleroi, là, ce sera un vrai match. On saura vraiment où on en est à l'issue de cette confrontation. " Des interrogations subsistent encore. Bölöni a changé trois fois d'équipe, preuve qu'il n'est pas satisfait de son groupe, soit qu'il considère le mois d'août comme un prolongement des matches amicaux. Les changements effectués au Germinal Beerschot et à Roulers sont éloquents. Au Germinal Beerschot, Bölöni avait surpris en titularisant Moussa Traoréet Eliaquim Mangala, deux jeunes avant de faire rentrer un titulaire potentiel ( Wilfried Dalmat). A Roulers, le coach roumain a une nouvelle fois surpris (avec un changement tactique et les titularisations de Mehdi Carcela et de Cédric Collet) mais une fois le score acquis, il a fait souffler ses leaders ( Steven Defour, Dieumerci Mbokani et Igor de Camargo) en les remplaçant très vite, essayant encore une fois d'autres joueurs. Après cette large victoire, on peut enfin penser que les choses sont plus claires : Carcela, Mangala et Collet ayant marqué des points. " Personne n'a cru l'entraîneur lorsqu'il a déclaré après la Supercoupe qu'on n'était pas encore au point ", explique Mohamed Sarr. " Aujourd'hui, tout le monde se rend compte qu'il avait raison. Il savait que notre préparation avait été très lourde et que la nouvelle mouture du championnat nous permettait de nous roder encore un petit peu. Nous avons des échéances importantes à partir du mois de septembre. Cela ne servait à rien de nous griller dès le départ. C'est vrai que de nombreux joueurs n'étaient pas à leur niveau contre Saint-Trond mais depuis lors, je trouve qu'ils ne cessent de s'améliorer. " Marcos retrouve ses centres ; Mbokani le sens du but. Seul Witsel finalement (et dans une moindre mesure Defour) est encore éloigné de son meilleur niveau. Mais, contrairement à Anderlecht, personne ne pète vraiment le feu. Ce sera pour plus tard et dans cette optique, la forme éclatante de Milan Jovanovic en devient suspecte. Joue-t-il libéré des contraintes d'un transfert à l'étranger ou au contraire, donne-t-il tout afin de séduire les acheteurs potentiels avant la fermeture définitive du mercato ? A l'issue du match contre Roulers, le Serbe a juré ses grands dieux qu'il ne pensait plus à un transfert mais peut-on le croire ? Le départ d' Oguchi Onyewu va laisser des traces. Déjà amputé de Dante, la défense liégeoise a perdu avec l'Américain un nouvel historique. Naturellement, le choix de Bölöni s'était tourné, pour le remplacer, vers Tomislav Mikulic qui avait réalisé une bonne fin de saison mais la paire Mikulic-Sarr a pris l'eau à Saint-Trond. Depuis deux matches, Mikulic est retourné sur le banc. Et c'est le jeune Mangala qui a été lancé dans le bain, occupant une nouvelle position : il avait déjà été essayé au poste de médian défensif, d'arrière gauche et d'arrière droit. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Mangala a fait étalage de ses qualités, tant au Germinal Beerschot qu'à Roulers. A chaque fois, il s'est occupé de l'attaquant central ( Sherjill Macdonald au Germinal Beerschot et Collins John à Roulers). Avec du physique dans les duels, un jeu de tête impeccable et de l'anticipation. Au point de laisser Sarr évoluer dans un fauteuil. " Il était plus frais que moi puisque je revenais d'un long voyage avec ma sélection ", ironise le Sénégalais qui avec son équipe nationale a battu la RDC (2-1) à Blois. Sarr guide parfaitement le jeune Mangala et l'entente entre les deux arrières est manifeste. " Il a fallu un nombre incalculable de matches pour atteindre une grande complémentarité entre moi et Onyewu ", explique Sarr. " L'entente entre Mangala et moi va donc être de plus en plus forte. Au Germinal, il a fait un super match. Je lui ai parlé beaucoup pour le mettre en confiance. Ses qualités sont indéniables mais il fallait le préparer psychologiquement. C'est un jeune qui prend ses responsabilités et comme il est plus grand que moi, il me soulage dans les duels aériens. Toutefois, cela ne veut pas dire que je ne sais pas sauter ( il rit). Je lui explique deux, trois trucs, comme par exemple, des mouvements qui le mettent en valeur. Moi, je vais davantage opérer la couverture par mon savoir-faire et l'expérience. " " Pour moi, la défense comme elle était à Saint-Trond n'était pas assez stable ", explique Dewalque. " Elle ne peut pas gagner le championnat. Il faut quelqu'un qui la dirige. Or, cela fait des années qu'elle ne possède pas de leaders. Ni Onyewu, ni Sarr ne l'étaient dans le jeu. Ils compensaient par une énorme connivence et complémentarité. Désormais, Onyewu est parti et cette grande entente a volé en éclat. Et c'est là qu'on se rend compte qu'il n'y a pas de leaders derrière. Mangala montre une certaine complémentarité avec Sarr mais je n'ose pas encore dire s'il est bon ou pas, si c'est l'homme de la situation ou pas. Je trouve que le talent d'un garçon comme Carcela est plus manifeste. Mangala est moins avancé. Il a été mis à toutes les sauces. Il faut qu'il se stabilise avant tout. "Depuis la reprise des entraînements, Bölöni ne cache pas son intention vis-à-vis de Collet. Le Guadeloupéen n'a pas été acquis pour évoluer dans l'entrejeu mais bien pour le poste d'arrière gauche. Encore fallait-il que la greffe prenne. Pendant deux mois, le Roumain a façonné Collet qui a dû prendre ses repères, notamment dans le placement défensif mais surtout dans les gestes (tackles, etc). Il était trop court pour le début de championnat mais à Roulers, Bölöni a renvoyé Landry Mulemo en tribune et Réginal Goreux sur le banc. Collet a montré de bonnes dispositions dans les duels, notamment face au meilleur joueur de Roulers, Samir El Gaaouiri mais a commis beaucoup de fautes. Là où Collet apportera beaucoup, c'est dans l'apport offensif. Il a du coffre et sait multiplier les déboulés sur les flancs. Sa qualité de centre se rapproche de celle de Marcos, son pendant à droite. Certes, on devra attendre une opposition plus costaude offensivement pour juger de ses qualités défensives mais Collet a réussi son entrée. par stéphane vande velde - photos: reporters/ sprimontPendant les deux premiers mois, personne au Standard ne va s'occuper du championnat. (Nico Dewalque)