Mercredi dernier, pour la première fois depuis la finale de l'EURO, mon fauteuil et moi-même avons renoué avec le direct de foot télévisé. Norvège-Belgique d'abord, et moult slaloms du doigt sur la zappette ensuite : car, simultanément, les cinq prétendument grands du foot européen étaient diffusés sur le câble ! Ainsi l'Angleterre a-t-elle remis les pendules à l'heure de Big Ben en battant nettement l'Ukraine : peut-être était-ce un hasard, mais j'ai vu beaucoup de plans sur Sven-Goran Eriksson assis alors que je zappais. Sans doute parce que l'actu s'est récemment penchée sur Eriksson.
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Mercredi dernier, pour la première fois depuis la finale de l'EURO, mon fauteuil et moi-même avons renoué avec le direct de foot télévisé. Norvège-Belgique d'abord, et moult slaloms du doigt sur la zappette ensuite : car, simultanément, les cinq prétendument grands du foot européen étaient diffusés sur le câble ! Ainsi l'Angleterre a-t-elle remis les pendules à l'heure de Big Ben en battant nettement l'Ukraine : peut-être était-ce un hasard, mais j'ai vu beaucoup de plans sur Sven-Goran Eriksson assis alors que je zappais. Sans doute parce que l'actu s'est récemment penchée sur Eriksson. Lequel, tout le monde sait ça, s'est récemment penché sur la secrétaire de la fédé anglaise. Laquelle, après s'être couchée dans le rectangle (du lit de la chambre d'hôtel), a balancé toute l'histoire aux tabloïds de sa patrie. Faut dire que, comme on connaît les tarifs de presse des marchandes d'amour de DavidBeckham, les temps deviennent difficiles pour les gonzesses libérées. Va-t-en un peu, si tu aimes à la fois le fric et le sexe (et les stars du foot ont la quéquette près du bonnet), résister à la tentation d'argent facile... Je rappelle tout ça parce que Sepp Blatter a appris le potin comme tout le monde : lui le suprême garde-chiourme de la moralité du jeu, je m'attendais à ce qu'il condamne sévèrement, comme dans l'histoire des maillots camerounais. Pas du tout, voici ce qu'il exprime dans France Football à propos de l' ErikssonSexual Connection : " Cela a enrichi l'intersaison estivale en Angleterre. Ce n'est pas un incident, c'est une bonne chose. Il s'agit de relations humaines et le football est fait de relations humaines. C'est mieux que la violence ou qu'un tacle par derrière ! " Je suis pour une fois d'accord avec Sepp, mais de trois choses l'une. Soit Blatter n'a pas eu la jeunesse que j'imaginais : en fait, vers 1970, Sepp était aux festivals de Wight et Woodstock avec des cheveux longs et des fleurs plein ceux-ci, un petit joint de marie-jeanne pas dégueu entre les dents, et un Make Love Not War tatoué dans le dos. Soit Blatter est enfin horrifié par les dégâts que provoquent les mecs se jetant à l'horizontale, dans l'espoir ténu et fou d'arracher un ballon hors de portée verticale : et sa remarque ci-dessus serait alors le premier jalon d'une grande campagne médiatique, en vue de faire interdire définitivement par le Board tout sliding-tacle quel qu'il soit. J'aimerais que ce soit ça, mais je n'y crois guère... Soit enfin Blatter, forcément entouré d'une armée de secrétaires fifesques, a choisi de ne pas jouer les pères la pudeur, vu qu'aucune VIP n'est à l'abri de pareille mésaventure. Je pencherais bien pour cette troisième éventualité, mais on s'est déjà assez penché comme ça... Franchissons la Manche, arrivons en France : plus de MarcelDesailly qui était en fin de parcours. Mais plus non plus de LilianThuram, Bixente Lizarazu, Zinedine Zidane sur qui l'on comptait encore en équipe nationale, mais qui renoncent et dont il faut respecter la décision tant ils ont apporté. Je veux bien respecter les vieux, et comprendre qu'une fois repus quant à leurs rêves de gloire, ils en aient ras-le-bol du cumul, de l'incessant va-et-vient entre matches pour le club et matches pour la patrie. Mais une chose me chiffonne : ils déclarent d'une part que ce qu'ils ont footeusement vécu pour la patrie était plus fort que tout quant au plaisir, et dans leur c£ur, et gna gna gna. Et d'autre part, cela ne les amène jamais à envisager l'autre éventualité : à savoir mettre le club en sourdine (ne plus jouer, contractuellement, qu'un match sur deux, ou trois, ou quatre...) mais rester entièrement disponible lors des matches pour la patrie ! Pourquoi pas ? Si la patrie t'a tant donné, tu peux terminer ton top-parcours en y prenant ton pied jusqu'au bout et en la remerciant jusqu'au bout, non ? Non. La patrie paie moins que le club. Et les stars sont repues de gloire plus vite que de pognon. par Bernard Jeunejean" LA PATRIE PAIE MOINS QUE LE CLUB. Et les stars sont repues de gloire plus vite que de pognon "