Mes dernières péripéties m'ont conduit en Suisse au tournoi Youth Cup, l'une des plus importantes compétitions pour jeunes. Hambourg, Manchester United, Flamengo, Partizan Belgrade, AEK Athènes, FC Zurich, Villarreal, Grasshopers Zurich, FC Bâle et FC Blue Stars Zurich étaient présents. En lice : les jeunes nés entre 1988 et 1991. Les plus grands clubs, comme le Bayern Munich, avaient dépêché leurs scouts. J'ai discuté avec Mel Johnson, un recruteur de Tottenham. Les temps changent : alors que les Anglais ne s'intéressaient pas à ce tournoi, ils effectuent désormais le déplacement. Surprenant : la finale a opposé Bâle et le FC Zurich, qui l'a emporté 3-2. Manchester et Hambourg terminent 3e et 4e.
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Mes dernières péripéties m'ont conduit en Suisse au tournoi Youth Cup, l'une des plus importantes compétitions pour jeunes. Hambourg, Manchester United, Flamengo, Partizan Belgrade, AEK Athènes, FC Zurich, Villarreal, Grasshopers Zurich, FC Bâle et FC Blue Stars Zurich étaient présents. En lice : les jeunes nés entre 1988 et 1991. Les plus grands clubs, comme le Bayern Munich, avaient dépêché leurs scouts. J'ai discuté avec Mel Johnson, un recruteur de Tottenham. Les temps changent : alors que les Anglais ne s'intéressaient pas à ce tournoi, ils effectuent désormais le déplacement. Surprenant : la finale a opposé Bâle et le FC Zurich, qui l'a emporté 3-2. Manchester et Hambourg terminent 3e et 4e. Pendant deux jours, il a plu, ce qui a miné l'ambiance. Mais j'ai fait une rencontre merveilleuse : j'ai eu l'occasion de parler une demi-heure avec Sepp Blatter, le président de la FIFA. C'est un montagnard et il est originaire de la région. Il a lui-même participé au tournoi avec son club, le FC Sierre, en 1955. A l'époque, il a eu la chance de jouer contre le Manchester United de Bobby Charlton, avec qui il s'est lié d'amitié. Je lui ai dit que je tenais une chronique hebdomadaire dans Sport-Foot Magazine et il m'a répondu : " Ah oui, je connais bien ce magazine ! Pourriez-vous me l'envoyer ?" Ce tournoi, c'est son bébé. Blatter a assisté à toutes les rencontres et a remis tous les trophées. Jean-Paul Brigger, son bras droit, est par son aura l'équivalent de Michel Preud'homme dans le football suisse. Pour eux, la finale entre clubs suisses est de bon augure avant l'Euro. Plusieurs joueurs m'ont fait une forte impression. Manchester United détient le futur Ruud Van Nistelrooy. Il s'agit de l'Italien, Federico Macheda. Il est né en 1991 et il joue comme le Néerlandais : même dégaine, même façon de se mouvoir et surtout même sens du but. Comme Van Nistelrooy, il a le flair et il se trouve toujours au bon endroit pour conclure. A Hambourg, on trouve Christian Gross, le nouveau Pavel Nedved. Gross mesure un mètre 85, il a une prise de balle fantastique et de longs cheveux blonds. On reparlera bientôt de ces deux jeunes. Par contre, j'ai été déçu par Flamengo. Les Brésiliens ont terminé sixièmes et n'ont pas montré de belles choses. J'avais dressé une liste d'une vingtaine de joueurs mais, au fil du tournoi, je me suis rendu compte que beaucoup ne tenaient pas la distance. J'ai donc gardé trois au quatre noms. C'est une femme qui a arbitré la plupart des rencontres : Nicole Petignat, qui a été la première femme arbitre d'une rencontre masculine organisée par l'UEFA et a notamment dirigé la finale de la Coupe du Monde féminine en 1999 et Allemagne-reste du monde dans le cadre du 100e anniversaire de la FIFA. La fin de ma semaine a été moins agréable. J'ai assisté à Bâle-Zurich (4-0), dans un stade bouillant de 45.000 places qui est la copie conforme de l'enceinte du Bayern Munich. Logique puisque c'est les mêmes architectes, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, qui l'ont dessiné. Les deux clubs se haïssent et de très graves incidents ont éclaté. Comme lors de Groningen-Ajax, des hooligans ont essayé d'incendier une tribune. Des chaises ont pris feu et des fumigènes ont été jetés à proximité de femmes et d'enfants. J'avais déjà eu peur lors d'affrontements entre le PSG et Marseille. Mais cette violence m'a encore fait plus froid dans le dos. Pour en revenir au match, j'ai été séduit par un excellent attaquant : Eren Derdiyok (Bâle). Il est grand et mince mais ce n'est pas un target-man dans le style de Peter Crouch. Je le comparerais volontiers à SamuelEto'o. A la différence du Camerounais, je dirais qu'il est plus costaud. Derdiyock a été repris dans le noyau de l'équipe nationale suisse. Lors de sa première sélection, il a marqué un but contre l'Angleterre. Il a tapé dans l'£il d' Arsène Wenger qui, par la suite, est plusieurs fois venu le visionner en personne. Il a marqué une quinzaine de buts en championnat. La semaine prochaine, je vous parlerai du championnat d'Europe des moins de 17 ans, qui a lieu en Turquie. propos recueillis par simon barzyczak par stéphane pauwels