T homas Chatelle (23 ans dans un mois) : " Le foot est à l'image du monde. Ce milieu m'a endurci, comme tout autre métier où on est confronté à l'incertitude. Parfois, on me croyait fini. J'étais tellement concentré sur moi-même que je n'entendais aucune critique. Mon dernier moment difficile remonte à l'année dernière, quand on m'a dit que je devais partir, alors que j'avais tellement travaillé. J'ai prouvé que je méritais mieux ".
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T homas Chatelle (23 ans dans un mois) : " Le foot est à l'image du monde. Ce milieu m'a endurci, comme tout autre métier où on est confronté à l'incertitude. Parfois, on me croyait fini. J'étais tellement concentré sur moi-même que je n'entendais aucune critique. Mon dernier moment difficile remonte à l'année dernière, quand on m'a dit que je devais partir, alors que j'avais tellement travaillé. J'ai prouvé que je méritais mieux ". Contre Lokeren, le premier match de la saison passée, Chatelle avait été retiré du jeu après une prestation décevante. Il a tâté du banc mais est revenu dans l'équipe en fin de saison :.. " J'ai dû patienter longtemps pour jouer, même simplement pour entrer au jeu, d'autant que TakayukiSuzuki était arrivé. Les chiffres des derniers matches plaidaient en ma faveur : nous les avons presque tous gagnés et j'ai délivré quelques assists, retrouvé le chemin du but. Je devais savoir si le club me soutenait. J'avais tout mis en £uvre pour être en forme au moment où je recevrais ma chance. Je devais savoir où j'en étais avant d'effectuer un choix. J'eus été navré de devoir mettre fin à ce chapitre pour des raisons financières car j'avais le sentiment de pouvoir mieux que ce que j'avais montré. Financièrement, je veux bien faire un sacrifice, si je suis heureux de ma situation sportive. Le club voulait me garder, à d'autres conditions. J'ai accepté. J'avais d'autres opportunités mais Genk m'offrait les meilleures chances d'émerger en Belgique, ce qui est mon objectif ". Son image d'homme cultivé et agréable a influencé Genk : " Je ne voulais pas rester si c'était pour mon amabilité. Je veux être sur le terrain et y être apprécié. Je reste fidèle à ma ligne de conduite, que je sois au firmament ou dans le trou. Ça dépasse la notion de politesse, c'est une question de force mentale et d'équilibre. Je ne joue pas de rôle ". Cette saison, Thomas Chatelle a été titularisé dès le premier match, au Club. Une blessure aux adducteurs l'a ensuite handicapé mais il est revenu en fin de premier tour, pion majeur du 4-5-1 d'alors : " J'ai pu exploiter ma créativité. Je ne suis pas le joueur d'une seule action. J'ai besoin de sentir le ballon pour être bien dans le match. Je me plais mieux dans l'axe et j'essaie, depuis la droite, de rentrer, pour avoir plus de contacts avec le ballon. L'entraîneur le demande aussi pour varier le jeu. Après St-Trond, tout le monde a loué ce changement mais au match suivant, contre Westerlo, on trouvait que nous devions revenir à l'ancien système ". Genk l'a fait, avec Chatelle à la place de MirsadBeslija au milieu droit : " Je sais une chose : Genk a plus d'atouts maintenant et peut créer la surprise, grâce à la variété de son jeu. Avant, l'adversaire savait trop bien ce que nous allions faire. Plutôt que le système, c'est son exécution qui compte. Nous devons mieux exploiter la longueur du terrain et fournir CédricRoussel et PaulKpaka. On peut les servir dans les pieds ou en profondeur, ce qui est un atout, comme l'arrivée de GertClaessens. Il a également joué en attaque, comme contre le Standard, dans un rôle très libre : " Pourquoi ne remettrions-nous pas le couvert ? Je suis un numéro 9,5, quelqu'un qui aime courir entre les lignes. Je reste un élément offensif qui essaie de faire mieux jouer les autres : en courant partout, j'oblige les défenseurs à effectuer des choix, ce qui crée des brèches au profit des autres ". Thomas Chatelle a effectué ses débuts en D1 à 16 ans : " J'ai aussi joué au tennis jusqu'à 12 ans, puis j'ai dû choisir. J'étais bon en tennis, au point de douter. C'est l'aspect collectif du football qui l'a emporté. J'aime être en groupe, avec des camarades qui se battent les uns pour les autres. Aider un autre ou lui permettre de mieux jouer, ça me fait plaisir. J'ai toujours eu beaucoup d'amis en dehors du foot. J'ai effectué mes humanités au Collège St-Michel et je demeure en contact avec mes anciens camarades de classe. Je préfère m'entourer, pendant mes loisirs, de gens capables de parler d'autre chose. Ça m'aide à relativiser ". Il a signé son premier contrat pro à Gand : " TrondSollied m'a appris comment courir tactiquement et comment défendre ". C'est là qu'il a rencontré son idole : " Je me souviens de mon premier assist pour MarcDegryse. A Alost. Bruxellois supporter d'Anderlecht, j'assistais souvent aux matches des Mauves. Je l'y ai vu souvent, avec LuisOliveira et Luc Nilis, et voilà que deux ou trois ans plus tard, je jouais dans la même équipe. Lui délivrer un assist représentait davantage à mes yeux que de marquer moi-même ". Au bout d'une saison et demie, Gand l'a prêté pour six mois à Malines : " FrankieVercauteren était coordinateur des jeunes et voulait mettre sur pied un projet similaire à celui de Nantes. Il m'a appris à me conduire en professionnel. Il a eu un gros impact sur ma carrière. J'étais à l'école mais je m'entraînais intensément quatre ou cinq fois par semaine ". Ensuite, celui qui l'avait découvert pour Gand, JohanBoskamp, le reprit à Genk : " J'ai été longtemps out ". C'est pourtant Boskamp qui a propulsé Chatelle au top belge. Compte tenu de sa récente sélection en Diables Rouges, après le forfait de JonathanWalasiak, Boskamp avait vu juste : " On a trop attendu de moi à un âge encore tendre. C'était trop tôt et ça m'a obligé à me battre constamment pour revenir. Etudiant dans le secondaire, je n'étais pas sous pression car je pensais parfois plus à mes examens qu'au match suivant. Par la suite, j'ai compris ce qu'on espérait de moi en voyant le regard déçu des gens. Que fait ce Chatelle ? Est-il un éternel espoir ? Pour moi, ce qui comptait, c'était de suivre ma ligne de conduite et de faire mon boulot. J'ai besoin de temps. Je travaille à long terme. J'aimerais jouer longtemps. Je veux atteindre mon meilleur niveau vers 26 ou 27 ans. Se former progressivement n'est pas facile mais j'essaie de le faire ". Raoul De Groote" UN ASSIST POUR DEGRYSE était mieux que de marquer "