Sport/Foot Magazine a eu accès à un procès-verbal de la police judiciaire fédérale dans lequel il apparaît que l'agent de joueurs Dejan Veljkovic a déclaré que Johan Timmermans avait accepté une Rolex qu'il lui avait offerte. Timmermans, un avocat, est l'ancien président de Malines. Il a également été membre du Comité Exécutif de l'Union belge.
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Sport/Foot Magazine a eu accès à un procès-verbal de la police judiciaire fédérale dans lequel il apparaît que l'agent de joueurs Dejan Veljkovic a déclaré que Johan Timmermans avait accepté une Rolex qu'il lui avait offerte. Timmermans, un avocat, est l'ancien président de Malines. Il a également été membre du Comité Exécutif de l'Union belge. Cette déclaration de Veljkovic remonte à début 2018. Elle est issue de l'enregistrement d'une conversation téléphonique de l'agent de joueurs avec Thierry Steemans. À l'époque, celui-ci était encore directeur financier de Malines. Il est également soupçonné d'avoir bénéficié d'avantages personnels dans le cadre de la collaboration intense entre le club et le Serbe. Dans la conversation entre Steemans et Veljkovic, il est notamment question de Sofiane Hanni, transféré de Malines à Anderlecht en 2016. Dans le PV, on peut lire ceci : Veljkovic fait référence au transfert de Hanni à l'occasion duquel il a aussi offert une Rolex au président (il parle de Johan Timmermans). " Je n'ai pas connaissance de ce document ", réagit Patrick Waeterinckx, l'avocat de Timmermans, interrogé par Sport/Foot Magazine. Le PV fait partie de l'Opération Mains Propres, la grande enquête au sujet de falsification de matches et autres pratiques louches ayant cours dans le football belge. Fin 2018, Timmermans a été convoqué par la police fédérale afin d'être entendu dans cette affaire. Peu après, il a abandonné la présidence de Malines. Il avait toujours défendu la part importante prise par Veljkovic au sein du club. Entre-temps, Veljkovic a opté pour le rôle de repenti dans le cadre de l'enquête. Si ce que le Serbe a déclaré à Steenmans au sujet de la Rolex au cours de cette conversation téléphonique tient la route, il a dû le répéter aux enquêteurs par la suite. Mais si Veljkovic, qui n'est pas à un mensonge près, a raconté des balivernes à Steenmans, la police aura tout simplement tiré des conclusions erronées de cet entretien et la réputation de Timmermans aura été ternie de façon injuste. Cette réputation a, par ailleurs, déjà souffert dans le volet de falsification de match que la Cour Belge d'Arbitrage du Sport traite actuellement ( voir pages 26-27). Sur le plan disciplinaire, en première instance, Timmermans a été déclaré coupable. La semaine dernière, dans d'autres volets de ce dossier, la justice a notamment interrogé l'ex-entraîneur du Club Bruges, Ivan Leko. Selon VRT NWS, elle veut savoir si Leko a touché de l'argent noir de Veljkovic sur les transferts de certains joueurs à Bruges. Mais Walter Van Steenbrugge, l'avocat de l'entraîneur croate, affirme qu'aucune question en ce sens n'a été posée à Leko. L'important, c'est que Veljkovic n'est plus en position de mentir. S'il déforme ou ignore le moindre détail, il risque de perdre son statut de repenti. S'il affirme que Leko a accepté de l'argent sale, il n'y a que deux possibilités : soit c'est vrai et Leko peut craindre une sanction, soit c'est faux et Veljkovic risque très gros. Pour les mêmes raisons, son statut de repenti devrait permettre de découvrir la vérité dans l'affaire de la Rolex.