Cela date d'il y a 18 nuits, mais j'en ai toujours gros sur la patate. À Lucerne, la magie du foot a encore frappé, sauf que cette fois ce sont nos Diables qui se sont ramassé la frappe en pleine tronche. D'accord, ça peut arriver : si le Brésil s'est un jour pris du 7-1 face à l'Allemagne dans une grosse compète, la Belgique peut se prendre un 5-2 en Suisse lors d'une petite compète débutante...
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Cela date d'il y a 18 nuits, mais j'en ai toujours gros sur la patate. À Lucerne, la magie du foot a encore frappé, sauf que cette fois ce sont nos Diables qui se sont ramassé la frappe en pleine tronche. D'accord, ça peut arriver : si le Brésil s'est un jour pris du 7-1 face à l'Allemagne dans une grosse compète, la Belgique peut se prendre un 5-2 en Suisse lors d'une petite compète débutante... Mais quand même, c'est un fameux foirage : l'occasion ratée d'enfin s'offrir un titre, lors d'un Final Four en 2019 que déserteront l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie... Et surtout, nos Belges ont mené avant raclée, un 0-2 qui ne fut pas sympa, ni pour nous qui rêvions déjà, ni pour Georges Grün et Emiliano Bonfigli qui, durant 20 bonnes minutes jusqu'au peno du 1-2, ont logiquement cru pouvoir disserter de la maturité grandissante, voire définitive, de nos illustres représentants... On a suffisamment parlé des absents ou des choix de Roberto Martinez, je préfère me consoler via un de mes dadas : en voyant dans ce naufrage une nouvelle preuve de cette mode candide qu'est la défense dite de zone, à 3 ou 4 je m'en fous, mais à plat ; avec interdiction formelle d'utiliser un libero, et même de prononcer le mot sous peine de passer pour un radoteur sénescent... Attention, je n'irai pas jusqu'à dire que la zone est une idiotie intrinsèque, mais ce qui l'est, c'est le refus borné d'y recourir ponctuellement quand les circonstances le recommanderaient. Une sorte d'autocensure idéologique sous prétexte de modernité, entraînant dans le cas présent un complexe de supériorité, un péché d'orgueil gros comme un camion : l'ambition de mener la danse collectivement, en prestant à 10 contre 10 dans le champ. Je m'explique. Offensivement, il fallait tenir 2 adversaires à l'oeil. Haris Seferovic, pas dans le gotha des buteurs contemporains, mais avec des qualités d'affût qui ont pu s'exprimer face aux Belges, ça oui : pas trop près de lui, j'ai vu ... 3 liberos (pas besoin de vous les citer), 3 défenseurs sans adversaire direct, 3 mecs alignés entre lesquels Haris baguenaudait, sans qu'aucun d'eux n'ait consigne de réellement le prendre en charge ! Le plus proche de Seferovic, le plus haut dans le jeu suisse après lui, c'était Xherdan Shaqiri, lutin davantage top niveau que son pote ...et plus libre encore : au choix, il s'en venait taquiner soit nos 3 couvreurs (faut bien les appeler comme ça), soit nos 2 latéraux dont surtout Nacer Chadli, soit même Axel Witsel ! Et quand les Belges récupéraient la balle, ils rejouaient à 10 contre 10 en trouvant ça malin. Non, pas malin : plutôt en trouvant ça noble. Moral. Le bon sens, à 0-2 dans ces cas-là, c'est assurer ses arrières : coller un sénateur du trio à la culotte de Seferovic, un autre à la culotte de Shakiri, et le troisième en couverture des deux premiers. Transformer ces 3 couvreurs peinards en chiens voraces, en top-chiants pour l'adversaire, exclusivement ! Restaient alors 7 Diables pour jouer collectivement face à 8 Suisses, c'est-à-dire plus qu'assez quand tu mènes 0-2 ...et que tu ne pètes pas plus haut que ton cul ! C'est peut-être basique et démodé, mais c'est humble : 3 de nos gars mettent entre parenthèses leur apport à la construction, pour privilégier un marquage impitoyable, individuel, continu, c'est-à-dire respectueux des qualités des 2 offensifs d'en face. Et si Seferovic lisait ma bafouille, il me répondrait avec un sourire facétieux : J'ai adoré que l'on m'ait ainsi manqué de respect ! Ceci dit, je me dois de bien insister : pareille attitude n'est pas une spécificité belge, mais un tic contemporain qui, à Lucerne, a tourné à notre désavantage ! Loin donc de moi l'idée d'en conclure comme certains qu'il faut penser à du changement, du nouveau en défense, au point de citer déjà des noms comme Zinho Van Heusden ou Wout Faes : wouaw, ça me paraît prématuré ! Et s'il fallait vraiment introniser un nouveau défenseur central, j'en ai un autre, mais je ne vous le cite pas maintenant, vous attendrez 2019 pour me taxer d'hurluberlu. Car dans 15 jours, ce sera le jeu des réveillons, différent de l'habituelle dictée, plus loufoque !