La semaine dernière, Silvio Berlusconi a accordé deux semaines à Clarence Seedorf pour mettre fin au malaise qui a envahi Milan. Le Néerlandais restait sur cinq revers en six matches. Si Milan s'incline ce soir face à la Fiorentina, l'entraîneur risque d'être limogé.
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La semaine dernière, Silvio Berlusconi a accordé deux semaines à Clarence Seedorf pour mettre fin au malaise qui a envahi Milan. Le Néerlandais restait sur cinq revers en six matches. Si Milan s'incline ce soir face à la Fiorentina, l'entraîneur risque d'être limogé. L'humiliante défaite en Ligue des Champions contre l'Atletico Madrid et le récent revers à domicile contre Parme ont particulièrement exaspéré le propriétaire du club. C'est pourtant à sa demande que Clarence Seedorf (37 ans) est revenu au nid, le 16 janvier, pour remplacer Massimo Allegri. Seedorf, très attaché aux couleurs du club, était le chouchou de Berlusconi quand il jouait à Milan. Il a paraphé un plantureux contrat de deux ans et demi : deux millions nets cette saison puis trois millions par année supplémentaire. Cela représente un investissement brut de 16 millions. Milan calcule donc l'ampleur du dommage financier s'il limoge prématurément Seedorf. En deux mois, l'entraîneur a perdu tout son crédit, sauf auprès des supporters car il a eu l'intelligence de dialoguer à quelques reprises avec les représentants de la Curva Sud, le noyau dur. Lors du premier entretien, il leur a confié que selon lui, la majeure partie du noyau n'avait pas le niveau requis par Milan et qu'il aurait refusé la plupart de ces joueurs s'il l'avait pu. La déclaration n'a pas amusé Berlusconi. Milan n'est déjà pas très prospère et le président n'avait pas l'intention de remplacer une demi-équipe. Ces propos imprudents ont déjà écorné la confiance des joueurs en leur entraîneur. La liste des reproches adressés à celui-ci est longue : il n'y a plus d'entraînement matinal, seulement une séance l'après-midi. Les discussions tactiques se font par ligne et non plus en groupe comme avant. Les entraînements sont souvent interrompus par de longs conciliabules sur le terrain. Les joueurs doivent consulter le psychologue. Seedorf a posté différents joueurs à des places qui ne leur conviennent pas, ce qui a entamé encore un peu plus leur assurance, mais sur le plan tactique, il suit obstinément sa voie, comme s'il détenait l'évangile du football. C'est possible mais les résultats ne lui donnent pas raison. À l'arrivée de Seedorf, Milan était onzième avec 22 points en 20 matches. Huit journées plus tard, Milan compte treize points de plus et est toujours onzième. " Je n'en suis pas responsable ", a déclaré le Néerlandais la semaine dernière. " J'ai découvert un groupe sur les rotules, mentalement et physiquement. Je tends une carotte aux joueurs, je ne donne pas du bâton comme avant. " C'est une pique à l'encontre de son prédécesseur. Le lendemain, Milan s'inclinait face à Parme. Mario Balotelli est également au centre des critiques. L'avant défend son entraîneur, qui l'aligne malgré des prestations décevantes. " On ne peut pas juger un entraîneur au bout de deux mois. Accordez un peu de temps à Seedorf et nous sortirons de notre impasse. Ensuite, nul n'a le droit de critiquer Galliani, c'est le meilleur directeur sportif. " Super Mario est clair quant à sa position : " Je suis Milanista mais si les supporters trouvent que je n'ai plus ma place ici, qu'ils le disent tout haut. Je chercherai un autre défi. " PAR GEERT FOUTRÉ