Commenter une course en télé ou en radio n'est pas la même chose : sur quoi mets-tu l'accent en radio ?

J'ai trois principes. Le premier, c'est d'être descriptif par rapport aux coureurs et aux décors. En foot, les joueurs évoluent dans un stade et le " côté paysage " est très peu présent. En cyclisme, le peloton traverse des environnements très diversifiés. Le second aspect de mon travail concerne le profil des coureurs. J'essaie de découvrir l'humain qui se cache derrière le sportif. Pour moi, une performance exige 60 % de physique et 40 % de mental. Et donc, je m'intéresse au caractère des personnes, à leur situation familiale, à leur passé (blessures, autres disciplin...

J'ai trois principes. Le premier, c'est d'être descriptif par rapport aux coureurs et aux décors. En foot, les joueurs évoluent dans un stade et le " côté paysage " est très peu présent. En cyclisme, le peloton traverse des environnements très diversifiés. Le second aspect de mon travail concerne le profil des coureurs. J'essaie de découvrir l'humain qui se cache derrière le sportif. Pour moi, une performance exige 60 % de physique et 40 % de mental. Et donc, je m'intéresse au caractère des personnes, à leur situation familiale, à leur passé (blessures, autres disciplines pratiquées, etc.). Dernier précepte : la reconnaissance des parcours et l'étude des stratégies de courses. Je n'ai pas la connaissance historique et encyclopédique de Rodrigo Beenkens mais j'ai la chance de pratiquer le vélo. Je roule donc régulièrement sur les mêmes tracés que les coureurs (Milan Sanremo, Tour des Flandres, etc.). Dans les mois, les semaines et les jours qui précèdent, la préparation est énorme. Laurent Bruwier et moi partageons une base de données. Quand nous trouvons un article, un résultat, une anecdote intéressante, nous la partageons. C'est un travail qui dure 365 jours par an ! Une fois cette étape achevée, le commentaire est du pur plaisir. Le matin de la course, je me rends sur le lieu du départ et je collecte encore quelques infos, je discute avec les gens du milieu, je réalise des interviews,... L'accessibilité dépend de la course. Si c'est une semi-classique, les coureurs sont disponibles. Si c'est le Tour des Flandres, je me tourne plutôt vers les directeurs sportifs. Le départ est important car il permet de voir comment les coureurs sont habillés : gants longs ou courts, type de casque,... Les reconnaître sera alors plus facile, surtout quand les conditions météos sont difficiles. Après le départ, je rejoins la ligne d'arrivée et je commente à partir des images télé, des infos de radio tour ou celles de la moto pour les classiques wallonnes. Lorsque les coureurs ont franchi la ligne, la journée s'achève avec les dernières analyses et les interviews. Aux J.O. de 2012, nous avons passé un bon moment avec Eden Hazard qui nous avait consacré une demi-heure lors de la quotidienne radio. J'ai aussi été marqué par Usain Bolt à qui j'ai pu poser deux ou trois questions. Il a vraiment pris le temps de s'arrêter à tous les micros. En cyclisme, j'ai un bon contact avec le peloton wallon, espoirs ou pros. Philippe Gilbert et Maxime Monfort sont deux gars qui communiquent bien. Jean-Luc Vandenbroucke, cinq jours après avoir commencé à travailler ensemble sur le Tour de France. Nous n'étions pas d'accord sur l'organisation de la journée et le ton est monté. Nous nous sommes engueulés dans la voiture. Aujourd'hui, on en rigole. Parfois, quand nous ne sommes pas d'accord, il me rappelle en boutade qu'il pourrait être mon père. PAR SIMON BARZYCZAK