Alors que Bernard Tapie occupe la une de l'actualité via son retour à l'OM, on peut se demander si Robert Louis-Dreyfus n'est pas en train de redéfinir sa politique d'investissements dans le monde du sport. Il aurait déjà englouti douze milliards de francs belges au Stade Vélodrome. Même si ce n'est probablement rien en regard de sa fortune personnelle, un homme d'affaires aussi avisé n'aime pas jeter l'argent par les fenêtres. Le return est un mot sacré pour les capitaines d'industries et RLD n'échappe pas à cette définition. En offrant des parts de capital de l'OM à Bernard Tapie, il donne un peu l'impression de vouloir sauver ce qui peut l'être et ...

Alors que Bernard Tapie occupe la une de l'actualité via son retour à l'OM, on peut se demander si Robert Louis-Dreyfus n'est pas en train de redéfinir sa politique d'investissements dans le monde du sport. Il aurait déjà englouti douze milliards de francs belges au Stade Vélodrome. Même si ce n'est probablement rien en regard de sa fortune personnelle, un homme d'affaires aussi avisé n'aime pas jeter l'argent par les fenêtres. Le return est un mot sacré pour les capitaines d'industries et RLD n'échappe pas à cette définition. En offrant des parts de capital de l'OM à Bernard Tapie, il donne un peu l'impression de vouloir sauver ce qui peut l'être et c'est assez logique. Marseille et le Standard sont plus liés que certains ne veulent bien le penser. Un RLD déçu par ses problèmes à l'OM ne serait peut-être plus aussi généreux à Sclessin. Les ponts entre les deux clubs existent : même investisseur majoritaire (RLD), Ivic qui passe de Sclessin à la Canebière, le président suisse du Standard présent lors de la première conférence de presse de Bernard Tapie à l'Olympique de Marseille, etc. Un nouvel âge d'or ou une nouvelle crise marseillaise auront-ils un impact sur la future politique sportive du Standard? Lucien D'Onofrio nous a certifié que les sociétés gérant les deux clubs étaient totalement différentes. Il y aussi le discours que RLD prononça un jour à l'aéroport de Bierset. RLD avait bien dit que le Standard devrait un jour voler de ses propres ailes. Il n'est pas le seul actionnaire. Il y a des apports d'une société hollandaise et même d'amis américains de RLD... N'empêche, les Liégeois suivent cela de près et ont noté que Robert Louis-Dreyfus a marqué assez récemment un gros intérêt pour la F1. Il s'est retiré du directoire d'Adidas (mais garde ses parts), s'est redéployé notamment dans le secteur de la fibre optique. Une de ses sociétés porte le nom de Monza. La F1 n'est pas loin. Ne se dit-il pas que tout est plus simple pour les investisseurs en F1? Autour des circuits automobiles, il n'y a pas de clubs de supporters solidement gangrénés par la mafia comme à Marseille. Des mafieux qui ont inquiété RLD. Il y a peu, EM-TV a pris le contrôle de 50% de la société SLEC (propriété de Bernie Ecclestone), qui gère les droits de télévision de la F1. EM-TV a connu un boum puis un effondrement à la bourse. Le groupe Kirch, un géant allemand de la communication, a jeté son dévolu sur EM-TV avant que RLD ne mène la contre-offensive avec Télé-München (dirigée par un de ses amis) en totale union avec d'autres grands investisseurs internationaux. Kirch, dont le but était de bloquer la F1 au profit de ses chaînes cryptées, a remporté la bagarre pour le moment en déposant une énorme garantie bancaire. Mais la F1 ne sera finalement pas réservée aux télés à péage. RLD suit toujours l'affaire de très près. D'Onofrio nous l'a confirmé tout en précisant que cela n'aurait aucun impact sur ses activités dans le football. RLD garde probablement des atouts dans sa manche si Kirch éprouvait des problèmes afin d'assumer ses obligations. A ce niveau, les chiffres atteignent des hauteurs himalayennes. SLEC vaut plus de quatre milliards d'euros, non moins de cent soixante milliards de francs belges. Si RLD peut faire des économies dans le foot, il le fera mais le plus imporant serait probablement de gommer l'image un peu négative qu'il a acquise à tort du côté de l'OM où sa générosité n'a pas été payante. Or, quand on envisage de se lancer en F1, avec la confiance de gros investisseurs, il vaut mieux d'abord retaper ses vieux tacots : c'est ce que Tapie doit faire à l'OM.