Non, Sclessin n'est plus un enfer ! On a connu des périodes où un non-match comme celui du Standard face à Bruges aurait provoqué une révolution, avec éventuellement des sièges balancés sur la pelouse. Ce qui a frappé, ce dimanche, c'est l'apathie relative des supporters. Déjà, on s'attendait à voir l'une ou l'autre banderole bien sentie à l'attention d'Adrien Trebel. Il n'y en avait pas. Lors du retour aux vestiaires pour la mi-temps, on a à peine entendu quelques coups de sifflet. Et, plus frappant encore, c'est le nombre de personnes encore présentes dans le stade lorsque Serge Gumienny a sifflé la fin du calvaire. Un suppor...

Non, Sclessin n'est plus un enfer ! On a connu des périodes où un non-match comme celui du Standard face à Bruges aurait provoqué une révolution, avec éventuellement des sièges balancés sur la pelouse. Ce qui a frappé, ce dimanche, c'est l'apathie relative des supporters. Déjà, on s'attendait à voir l'une ou l'autre banderole bien sentie à l'attention d'Adrien Trebel. Il n'y en avait pas. Lors du retour aux vestiaires pour la mi-temps, on a à peine entendu quelques coups de sifflet. Et, plus frappant encore, c'est le nombre de personnes encore présentes dans le stade lorsque Serge Gumienny a sifflé la fin du calvaire. Un supporter sur deux marchait déjà vers sa voiture. On a connu des périodes où tout le monde serait resté jusqu'au bout pour exprimer sa façon de penser, pour siffler voire insulter les joueurs. Ils ont fait le tour de la pelouse pour aller remercier les fans encore présents et il y avait autant d'applaudissements que de sifflets. C'est comme si tout le monde, au Standard, était déjà résigné sur l'issue de la saison. L'équipe ne gagne plus, elle prend des buts gags, mais ça fait à peine réagir. On a juste vu quelques supporters tourner le dos à la pelouse en fin de match, on a entendu de timides " On se fait chier ", mais rien d'autre. Même pas de réaction quand le kop brugeois chantait " Où est Trebel ? ". Et on a la même impression d'apathie et de résignation quand on entend les joueurs et l'entraîneur après ce 0-3. " Je n'ai pas d'explication ", a dit Milos Kosanovic. " It's not enough ", a lancé Alexander Scholz qui, confronté à une question sur le nouveau Standard sans Trebel, a répondu sur un ton laconique : " Il y a des départs partout, chaque saison. On continuera sans lui. " Le discours d'Aleksandar Jankovic est étonnant aussi. Il a voulu prendre toute la responsabilité de la défaite, même la responsabilité sur le but de Jelle Vossen qui est pourtant à 100 % pour la pomme de Guillaume Hubert. " Le responsable, c'est moi ! ", a lâché sèchement le coach. Est-ce la bonne tactique de protéger le groupe à l'extrême comme il le fait, après un match où chaque but adverse est venu d'une grosse faute individuelle ? Autre question : le Standard s'est-il préparé valablement pour la dernière ligne droite de la phase régulière ? Michel Preud'homme avait envoyé un espion aux matches amicaux du Standard lors du stage en Espagne. Et MPH a commenté comme ceci ses nouveaux transferts : " On voulait prendre des joueurs prêts directement. " Au Standard, on transfère tard et on n'est pas sûr que ces renforts soient prêts. Le Roumain Razvan Marin est présenté comme un prodige mais il n'a joué que quelques minutes. Explication de Jankovic : " Ça aurait été délicat de le mettre dans un système nouveau pour lui, en plus j'ai changé de dispositif en cours de match et il ne connaît pas le championnat. " Même raisonnement pour un autre transfert tardif, le Brésilien Danilo. Et puis, il y a cette conclusion de l'entraîneur qui sent bon (ou pas ? ) aussi la résignation : " En cinq mois, j'ai tout changé ici. Le système, les joueurs, le gardien, le capitaine. Peut-être qu'un jour, c'est moi qu'on va changer ! " PIERRE DANVOYE