Ça part, déjà, dans tous les sens. Même au pays de la stabilité. 3e journée de Bundesliga et premier coach viré. Rare, très rare au pays de l'exemplarité. Là où la réflexion précède toujours l'émotion. Là où les cols blancs qui décident ont souvent, aussi, porté le short et décidé du destin de leur club sur les pelouses.
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Ça part, déjà, dans tous les sens. Même au pays de la stabilité. 3e journée de Bundesliga et premier coach viré. Rare, très rare au pays de l'exemplarité. Là où la réflexion précède toujours l'émotion. Là où les cols blancs qui décident ont souvent, aussi, porté le short et décidé du destin de leur club sur les pelouses. BrunoLabbadia condamné à dégager du côté de Stuttgart. Un comble pour celui qui, lors de son engagement, déclarait : " Avec moi pas de dégagements, on attaque tout le temps mais en construisant de derrière. " PepGuardiola et RobinDutt pensent comme lui. Ce sont les deux seuls changements de coach à l'entame de la saison. Fin de règne au Werder Brême, qui avait le même entraîneur depuis 16 ans : ThomasSchaaf. L'homme qui riait quand il se brûlait et qui brûlait la vie par un seul bout. Le vert, celui des pensionnaires du Weserstadion. Il a 11 ans quand il y débute. Il en a 52 quand il s'en va. Putain, 42 ans de sa vie pour le même club ! Joueur chez les amateurs puis chez les pros. Entraîneur des jeunes dès l'âge de 27 ans alors qu'il joue toujours et, surtout, qu'il est champion d'Allemagne et qu'il remporte la Coupe des Coupes. Le mec est sur le toit de l'Europe le mercredi et le vendredi sur le terrain F du Werder avec ses gamins. C'est pas beau ça ! Sa récréation à lui, c'était l'ébauche de sa vocation. Et puis, du terrain il s'est retrouvé sur le banc. Comme coach mais toujours en training. Pas question de perdre du temps. D'ailleurs, première saison = premier trophée : la Coupe d'Allemagne. Cinq ans plus tard, il est champion et réalise même le doublé. Dix ans plus tard, il est de nouveau dans une finale européenne. Celle de l'UEFA. Il la perd contre une équipe du nouveau monde. Celui des dollars, du pétrole et des roubles. Le Chakhtar Donestk tire le rideau sur le foot d'avant. Celui de Thomas. Celui dans lequel un homme pouvait partager sa vie avec un seul club. 14 saisons sur un banc de Bundesliga, ça use. Que dire de 16 en Premier League ? N'est-ce pas Arsène ? Outre la longévité, Wenger et Schaaf ont un autre point commun. Ils ont perdu un être cher. Inestimable même dans la réussite d'un entraîneur. Schaaf a eu KlausAllofs comme directeur sportif pendant 10 ans. Toujours là pour le soutenir. Toutes les décisions sportives, ils les prenaient ensemble. Allofs est parti à Wolfsbourg, moins d'un an plus tard, Schaaf disait : " Auf Wiedersehen ". Wenger a été engagé par DavidDein en 1996. Jusqu'en 2007, ils décidaient ensemble de tous les transferts. Solidaires et efficaces. Dein est parti. Depuis, un certain IvanGazidis gère les allées et venues. Il y a plus d'allées que de venues. On dirait que ça marche moins bien... et beaucoup pensent que Wenger a fait son temps à Arsenal. Il pourrait partir en paix. 17e saison chez les Gunners et toujours le Top4, toujours la Ligue des Champions et surtout pour les " big boss ", des finances florissantes. L'actionnaire majoritaire ? Un businessman américain qui n'est là que pour gagner du pognon. Pour lui, les titres ne sont pas des trophées mais des chiffres avec un gros + devant. Arsenal a 80M€ dans ses caisses pour les transferts. Les fans veulent en faire une équipe compétitive, le boss relayé par le directeur financier veut en faire des petits. Encore et toujours. En Angleterre un entraîneur est un manager. L'étymologie du terme management est " art de gérer les affaires de la famille ". Dans ce cas, Arsène est le meilleur manager du monde. Le rapport bilan sportif et financier est remarquable. De plus, sous son impulsion, Arsenal a financé, seul, son stade. Il lui assure 40 % de ses revenus (énorme). En fait, quel club anglais survivrait s'il n'y avait plus de droits TV ou de mécènes ? L'avenir d'Arsenal est assuré. Mais attention : pour qu'avenir rime avec plaisir, titres et amour partagés par TOUTE la famille, il serait bienvenu qu'Arsène soit moins manager et redevienne un bon vieil entraîneur. " 14 saisons sur un banc de Bundesliga, ça use. Mais que dire alors de 16 en Premier League " !