Oui, sauvez le football belge. Cela peut sembler absurde au moment où, après douze années de disette, nous nous préparons enfin à disputer une phase finale de Coupe du Monde, tandis que les Diables Rouges suscitent une vague d'enthousiasme sans précédent. Et pourtant... il est en fait minuit moins cinq pour notre football. La plupart des observateurs s'accordent à dire que notre championnat a rarement été aussi faible. D'où cet appel à l'action que nous adressons à toutes les autorités concernées, spécialement aux décideurs politiques à la veille d'élections cruciales.
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Oui, sauvez le football belge. Cela peut sembler absurde au moment où, après douze années de disette, nous nous préparons enfin à disputer une phase finale de Coupe du Monde, tandis que les Diables Rouges suscitent une vague d'enthousiasme sans précédent. Et pourtant... il est en fait minuit moins cinq pour notre football. La plupart des observateurs s'accordent à dire que notre championnat a rarement été aussi faible. D'où cet appel à l'action que nous adressons à toutes les autorités concernées, spécialement aux décideurs politiques à la veille d'élections cruciales. Le football belge représente plus que les Diables Rouges. Utilisons plutôt au maximum la vague positive autour de l'équipe nationale pour améliorer notre football à tous niveaux, et permettre concrètement à la base de bénéficier de retombées financières supplémentaires. Nous pensons que les pouvoirs publics doivent une contribution importante au football, en raison de l'immense impact social du sport le plus pratiqué et le plus suivi dans notre pays. Il est vrai que les clubs professionnels peuvent déjà compter sur un soutien public substantiel, soutien que nous voulons déjà préserver, mais on n'a rien sans rien. Seuls les clubs qui répondent à un certain nombre de conditions devraient pouvoir entrer en ligne de compte. Des clubs gérés par des administrateurs répondant aux exigences d'aptitude et d'honorabilité. Des clubs respectant des conditions de licence strictes, dont au moins 8 % du budget devrait être consacré à la formation des jeunes (pas à leurs contrats) et 0,7 % à des objectifs sociaux. Prendre en charge un club de football, ce n'est pas comme acheter des actions en Bourse. Les règles du fair-play financier de l'UEFA doivent également être de mise au plan national. Afin de soutenir et booster la formation des jeunes, l'indemnité de formation peut faire l'objet d'un décret. Il nous paraît tout autant nécessaire d'examiner la bonne manière de lier de jeunes joueurs à plus long terme au club où ils ont été formés, empêchant ainsi qu'ils soient saisis presque gratuitement par des clubs étrangers. Dans le même ordre d'idées, le rôle des agents doit être reconsidéré. On attend enfin des pouvoirs publics qu'ils soutiennent le monde du football autant que possible dans le renouvellement de ses infrastructures. Des stades modernes ne sont pas seulement vitaux sur le plan financier, mais tout autant essentiels pour le confort et la sécurité des spectateurs. Un nouveau stade à Bruxelles, avec comme cerise sur le gâteau la nomination de notre capitale comme ville hôte de l'Euro 2020, représente une opportunité unique pour notre pays et notre football, à ne surtout pas laisser passer. Mais de nouveaux projets de stades comme par exemple à Bruges, Liège, Malines, etc. sont tout aussi importants. Nous demandons explicitement que les prochains gouvernements régionaux s'engagent à faciliter le renouvellement de ces installations, en particulier aux plans organisationnels et urbanistiques. Très concrètement, nous estimerions utile que des personnalités politiques de premier plan, ayant la fibre football, s'organisent en un groupe de travail coordonné dont les réunions et consultations seraient régulières. Les structures, règlements et procédures disciplinaires doivent encore être plus professionnalisés, et la fréquence d'utilisation des images de télévision augmentée, surtout pour des raisons préventives. Le président François De Keersmaeker s'étant lui-même exprimé en faveur d'une séparation entre football professionnel et amateur, il n'y a plus là non plus de temps à perdre. Une réforme du football amateur doit déboucher sur une nouvelle dynamique dans les séries inférieures, et une section indépendante du football rémunéré doit concevoir une formule de compétition résolvant les problèmes de la deuxième division et plaçant nos clubs d'élite dans les meilleures conditions durant la période où ils doivent également représenter la Belgique au niveau européen. PARMI LES 42 SIGNATAIRES : RODRIGO BEENKENS, FRANÇOIS COLIN, ALAIN COURTOIS, MARC DEGRYSE, JEAN-LUC DEHAENE, OLIVIER DELEUZE, YVES LETERME, JACQUES SYS, FRANKY VAN DER ELST, ROBERT WASEIGE, ETC.