Le propriétaire du Matricule 44 a le vague à l'âme aux commandes d'un rafiot qui ressemble de plus en plus au Radeau de la Méduse. Appelé à la rescousse alors qu'il formait les jeunes mousses, Christophe Dessy a dû prendre la barre et est à la peine. Les Dragons sont ballottés dans une tempête qui inquiète tout le club. Les rivages de la D1 ont l'air de s'éloigner.
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Le propriétaire du Matricule 44 a le vague à l'âme aux commandes d'un rafiot qui ressemble de plus en plus au Radeau de la Méduse. Appelé à la rescousse alors qu'il formait les jeunes mousses, Christophe Dessy a dû prendre la barre et est à la peine. Les Dragons sont ballottés dans une tempête qui inquiète tout le club. Les rivages de la D1 ont l'air de s'éloigner. Le président, Dominique Leone, est forcément très touché par les événements et critiques qui freinent et démolissent son £uvre sportive. Sans lui, l'Albert n'aurait jamais vécu en D1. Au stade CharlesTondreau, il a réorganisé le club en profondeur. Sur le plan administratif, Mons est un des clubs les mieux structurés de l'élite. Quand il s'agit d'obtenir la licence de D1, tout est toujours rondement mené. Pour arriver à une telle efficacité dans l'organisation au quotidien, rien ne fut facile car l'Albert était typiquement un club de D3. Et comme on ne fait pas d'omelettes sans casser des £ufs, des oppositions parfois féroces sont nées entre les ex-habitués écartés et les nouvelles forces vives, choisies et dirigées par Leone. En quelques années, ce président et mécène aurait investi de sa poche entre cinq et six millions d'euros. C'est énorme quand on sait que cet argent ne sera jamais récupéré. Mais là n'est pas le principal souci de cet homme d'affaires qui aurait décroché récemment des marchés intéressants en Asie. Au-delà de l'argent, il voulait surtout offrir du bonheur et de la fierté à Mons. Or, le président récolte surtout des remarques au vitriol et des quolibets. Il espérait que le Tondrau se transforme rapidement en arène moderne mais Mons ne dispose toujours que d'un demi-stade moderne. Or, pour accueillir d'autres sponsors et partenaires commerciaux et bétonner l'avenir, l'Albert a grand besoin d'une deuxième tribune digne de notre époque. Enfin, la pelouse doit être retapée. Le chantier est encore énorme mais ce n'est pas ce qui effraye le plus Leone. Il espérait noter plus d'enthousiasme autour de lui. Quand il examine les assistances de 3.000 personnes, il constate que les supporters viennent surtout du Borinage. Les Montois n'ont pas encore de vraie culture du foot. Cela peut changer mais il faudra encore du temps. Du temps, de la patience et de la compréhension : tout ce que Leone ne semble pas ren-contrer dans le regard des Montois. Il n'a pas caché à ses amis que la solitude le peinait : personne ne s'investit autant que lui. Heureuse rumeur, cependant : HubertHewbank, un industriel montois, serait de taille à pouvoir apporter son aide. Tout soutien serait le bienvenu car en cas de descente en D2, Leone pourrait très bien se décourager, mettre la clef sous le paillasson et vendre l'Albert. PIERRE BILIC