Une fois de plus, les Pays-Bas avaient invité toutes leurs stars afin de se mesurer à la Belgique. Elles viennent de partout, surtout des grands clubs européens et, comme d'habitude, leur coach national, Dick Advocaat, a eu du mal à lier la sauce. Individuellement, sur papier, c'est extra mais il convient de couler ses riches personnalités dans un moule commun. Ce n'est pas le plus évident avec cette voie lactée d'étoiles et cela sauta aux yeux durant la première mi-temps de Belgique-Pays-Bas, le 123e derby entre les plats pays.
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Une fois de plus, les Pays-Bas avaient invité toutes leurs stars afin de se mesurer à la Belgique. Elles viennent de partout, surtout des grands clubs européens et, comme d'habitude, leur coach national, Dick Advocaat, a eu du mal à lier la sauce. Individuellement, sur papier, c'est extra mais il convient de couler ses riches personnalités dans un moule commun. Ce n'est pas le plus évident avec cette voie lactée d'étoiles et cela sauta aux yeux durant la première mi-temps de Belgique-Pays-Bas, le 123e derby entre les plats pays. Vedettes ou pas, il y avait trois lignes hollandaises sur le terrain. Par rapport à cela, comme toujours face aux formations huppées, les Diables Rouges ont fait preuve d'unité. Ce fut parfait durant une mi-temps : pressing haut sur le porteur du ballon, pas d'espaces entre les secteurs, rapide reconversion entre le défensif et l'offensif. Au repos - et Aimé Anthuenis avait raison de le souligner -, la Belgique méritait plus qu'un but d'avance. On songe, entre autres, à l'énorme occasion de Wesley Sonck qui, plus tard, eut le mérite de marquer de la tête sur un bon centre d' Eric Deflandre. La baisse de régime s'annonça peut-être avec le retrait de Mbo Mpenza, victime d'une fracture de la main lors d'un duel avec Edgar Davids. Le Mouscronnois avait pesé sur le flanc droit. Sandy Martens fut chargé de le remplacer, mais n'eut pas le même rendement. Face à ce bloc, la Hollande tenta de poser son jeu, en vain, et prouva qu'elle faisait, hélas, la différence entre un match amical et une rencontre à enjeu. Elle avait parfois la tête ailleurs face à une Belgique qui en voulait plus. Advocaat cherchait à perfectionner des réglages, à rapprocher la ligne médiane et l'attaque. Etonnant à ce moment-là : l'absence hollandaise sur les flancs. Le coach batave mit probablement les choses au point à mi-parcours et son équipe exerça ensuite plus de pression sur la défense belge. Le match nul, quatrième de rang entre les deux pays, est finalement logique. On aura cependant noté la baisse de rythme des Belges après les citrons. L'explication était-elle physique ou mentale ? Un peu des deux, probablement, et il s'agira de tenir le coup durant 90 minutes face aux Croates. Aimé Anthuenis releva ce problème, mais embraya logiquement sur les intéressantes conclusions tactiques et techniques de la rencontre. Même si le but égalisateur semblait évitable, la défense belge s'est très bien comportée sous la haute surveillance de Timmy Simons, impeccable dans son placement et de plus en plus à l'aise dans son costume de patron. Daniel Van Buyten a muselé Ruud van Nistelrooij. Eric Deflandre a mis plus souvent le nez à la fenêtre que son alter ego du flanc gauche, JelleVan Damme, qui a cependant tout l'avenir devant lui. La satisfaction la plus évidente est à mettre à l'actif du duo Philippe Clement- WalterBaseggio. Fait étonnant : Simons passe l'aspirateur dans la ligne médiane de Bruges, mais est posté en tant qu'arrière central de l'équipe nationale. C'est le contraire pour Clement : arrière dans son club, médian parmi les Diables Rouges. La taille et la présence physique de Philippe Clement ont fait merveille. Ce sont des atouts dont on a besoin et le Brugeois les exploite au bon moment. Walter Baseggio confirme son bon début de saison anderlechtois. Dans son club, l'élégance en moins, il fait penser à LudoCoeck. En équipe nationale, aussi. Walter et Philippe ont bien géré le jeu, mais il y avait un gros problème à résoudre face à l'entrejeu très fourni des troupes orangées : surgir de la deuxième ligne, dans l'axe, sans se faire prendre en contres. Aimé Anthuenis aurait aimé plus de perçant sur les ailes. Thomas Buffel a bien compris le problème et a souvent décroché afin d'offrir des solutions de soutien à la ligne médiane. Même s'il exagère parfois dans ses efforts individuels, le joueur de Feyenoord enrichit cette équipe. En deuxième mi-temps, il balaya même derrière la défense belge à une reprise. Personne n'a autant couru que lui sur le pelouse du Stade Roi Baudouin. On aurait dit un athlète kenyan dominant tout le monde lors d'un marathon. Mais Buffel, c'est aussi, et d'abord, une grosse aisance technique qui embête tous les arrières : fluide, frais, surprenant. Par rapport à lui, Wesley Sonck a semblé fatigué, à court de jus, à la recherche de lui-même depuis son passage de Genk à l'Ajax d'Amsterdam. Il n'a pas eu la main froide du tueur lors d'une phase de jeu devant Erwin Van der Sar. Sonck cherchait ses idées et ses points de repère. Mais, bon ou très moyen, Wesley Sonck réussit toujours à placer un cuir dans les filets adverses quand il joue en équipe nationale. Cela compte. La profondeur se forge plus facilement sur les ailes quand les deux clés offensives sont confiées à Sonck et Buffel. Aimé Anthuenis renouvellera sa confiance à ce duo face à la Croatie. Emile Mpenza est plongé dans les oubliettes pour le moment, suite à l'une de ses nombreuses blessures. En sortira-t-il définitivement un jour ? Il faut l'espérer. Aimé Anthuenis a donc vu des Diables Rouges à deux visages face à la Hollande. Si ce ne fut pas mal globalement, il y a gros à croire que la Croatie sera une noix plus difficile à croquer que les Pays-Bas, le 10 septembre. Patrick Kluivert et ses petits camarades furent parfois hautains mercredi passé, mais ce ne sera pas du toutle cas des Croates. Ces derniers s'étaient promis d'en imposer sur le plan physique à Zagreb, ils l'ont fait et un observateur croate estima que les Diables Rouges s'étaient comportés comme des femmelettes. Ils mettront une fois de plus l'accent sur l'engagement physique. Pour préparer ce match, la Croatie s'est rendue en Angleterre. Elle a été battue 3-1 et les Anglais auraient pu émerger bien plus nettement lors de ce match amical car ils se sont créé de nombreuses occasions de but. Ivica Mornar a marqué le but croate et Rapaic, dont le nom est évoqué au Standard, joua une bonne premièremi-tempsavant de céder sa place à Babic. Le gardien de Bruges, Tomislav Butina, remplaça Stipe Pletikosa après 69 minutes de jeu. A noter : l'absence de Dado Prso, laissé au repos à Monaco, mais qui devrait être de la partie à Bruxelles. Les Croates n'ont pas été rassurés par ce voyage alors que les Diables Rouges sortent renforcés de leur confrontation avec les Pays-Bas. Mais le débat du 10 septembre, avec la phase finale de l'EURO 2004 en toile de fond. Contre la Croatie, sera totalement différent des matches amicaux.