Il n'est pas habituel qu'une équipe forge une différence aussi grande que celle qui a séparé le FC Séville et Middlesbrough en finale de la Coupe de l'UEFA : 4-0. L'écart aurait même pu être plus large tant la différence entre les Espagnols et les Anglais sautait aux yeux. Il est vrai que ce sont deux équipes totalement différentes. Les Andalous et les représentants de la Premier League se situent aux antipodes l'un de l'autre.
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Il n'est pas habituel qu'une équipe forge une différence aussi grande que celle qui a séparé le FC Séville et Middlesbrough en finale de la Coupe de l'UEFA : 4-0. L'écart aurait même pu être plus large tant la différence entre les Espagnols et les Anglais sautait aux yeux. Il est vrai que ce sont deux équipes totalement différentes. Les Andalous et les représentants de la Premier League se situent aux antipodes l'un de l'autre. Les Anglais ont signé un parcours intéressant sur le chemin menant au sprint final d'Eindhoven. Mais leurs matches ont souvent été placés sous le signe de la puissance athlétique, d'une importante débauche d'efforts. Boro mise visiblement sur l'émotionnel. Cette équipe tente des coups de poker afin de retourner en sa faveur des situations largement compromises. Cela marcha, entre autres, lors du match retour contre le Steaua Bucarest au tour précédent. Pour y arriver, le coach procède parfois à de profonds remaniements de sa formation en cours de rencontres. Le désir de créer la sensation prime par rapport au travail de base. Séville procède à l'espagnole tout en vivant de travail et d'organisation. Le jeu n'est jamais décousu et les accents mis sur la qualité de la circulation du ballon, la nécessité de varier la profondeur et la largeur. Séville écarte le jeu et la ligne tactique est toujours bien dessinée. Les deux médians centraux sont modernes, défendent, attaquent, marquent des buts. Leurs atouts techniques ne les éblouissent pas. Séville construit son football, exploite ses forces mais peut s'adapter à son adversaire. Il savait que Middlesbrough engagerait tout son poids dans la bagarre après le repos afin de redresser la barre. Dès lors, le coach espagnol remplaça Javier Saviola par FrédéricKanoute après 45 minutes de jeu. Cela ne posa pas un problème : c'était prévu. Cela faisait partie du plan. Séville resta bien en ligne, respecta les grands axes de son jeu et sa stratégie se révéla bien plus brillante que celle de son opposant. Les Espagnols étaient visiblement mieux préparés et leurs bons joueurs furent excellents. Les vedettes de Boro sont par contre passées à côté de leur sujet. Ce n'est pas un hasard : Séville a su neutraliser son adversaire, Middlesbrough pas du tout et a subi un cuisant revers tactique. Les Andalous ont l'art de mettre leurs bijoux en évidence. Les ténors du football espagnol et européen se précipitent devant la vitrine du FC Séville et s'arrachent ses meilleurs joueurs à prix d'or. C'est unique en Espagne. Il y a deux ans, Arsenal dépensa une fortune pour s'offrir José AntonioReyes. A l'entame de ce championnat, le Real Madrid en fit de même afin de recruter JulioBaptista et Sergio Ramos. Maintenant, ce sont JesusNavas et AntonioPuerta qui ont attiré les regards. On cite des montants de 25 à 30 millions d'euros et Liverpool, entre autres, serait sur les rangs pour des joueurs de ce garabit. Le FC Séville forme certes des promesses mais a aussi l'art de recruter les éléments qui lui conviennent et qui s'affirment rapidement. Un départ ne déstabilise jamais l'équipe. Séville sillonne beaucoup le Portugal et y met la main sur de bons Brésiliens déjà adaptés aux réalités du football européen. Que ce soit en Ligue des Champions ou en Coupe de l'UEFA, des milieux de terrain espagnols se sont mis en exergue. Ce sont des laboratoires qui sont forcément utiles pour l'équipe nationale espagnole. La Coupe du Monde est proche et l'Espagne pourrait aligner les milieux suivants : Navas (FC Séville), FrancescFabregas (Arsenal), Andrés Inesta (FC Barcelone) et Reyes (Arsenal). Tous ont acquis une nouvelle dimension grâce aux chocs européens. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC