Pourquoi la Turquie est-elle absente de l'EURO 2004 ? " Parce qu'elle a sombré dans l'euphorie ", rétorque Mehmet Demirsan, journaliste au quotidien sportif turc Fanatik, tiré à 300.000 exemplaires. " Nous n'avons pas su garder les pieds sur terre après avoir joué les quarts de finale de l'EURO 2000 et terminé troisièmes du Mondial 2002. Nous sommes toutefois devenus plus populaires. Nous avons plus de sponsors et obtenons davantage en droits TV. Yildiray Bastürk et Belozoglu Emre sont les vedettes des années à venir. Donc, le football turc a pris le bon pli ".
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Pourquoi la Turquie est-elle absente de l'EURO 2004 ? " Parce qu'elle a sombré dans l'euphorie ", rétorque Mehmet Demirsan, journaliste au quotidien sportif turc Fanatik, tiré à 300.000 exemplaires. " Nous n'avons pas su garder les pieds sur terre après avoir joué les quarts de finale de l'EURO 2000 et terminé troisièmes du Mondial 2002. Nous sommes toutefois devenus plus populaires. Nous avons plus de sponsors et obtenons davantage en droits TV. Yildiray Bastürk et Belozoglu Emre sont les vedettes des années à venir. Donc, le football turc a pris le bon pli ". Mehmet Demirsan : Certainement. Dans le cas de Bernd Thijs, surtout parce qu'il botte d'excellents coups francs. La presse turque s'est immédiatement posé la question de savoir s'il était meilleur à cet exercice que Pierre van Hooijdonck ? Il a répondu : -Non, absolument pas. Je marque ainsi cinq ou six buts par saison. Thijs a donc attiré l'attention d'emblée. Il est considéré comme un joueur de qualité. Onder Turaci fait encore plus sensation, mais pour d'autres raisons : il devait normalement rejoindre Galatasaray mais a préféré Fenerbahçe, pour l'argent. Cela a provoqué un fameux émoi ici. Quand Galatasaray et Fenerbahçe se disputent un joueur, on parle davantage de l'incident que des qualités du joueur en question. Nous savons que Turaci est un bon footballeur mais il n'a pas évolué en équipe belge A et demeure donc un point d'interrogation. Nous sommes plus que satisfaits de Daems. Gençlerbirligi développe un football positif. Ce club n'a pas eu beaucoup de succès en championnat mais sa campagne en Coupe UEFA a été une réussite, puisqu'il n'a été éliminé qu'en huitièmes de finale par Valence, le futur vainqueur et encore en ne s'inclinant que par deux buts à zéro au retour au Mestalla après l'avoir remporté par le plus petit écart à l'aller. Daems, qui a d'ailleurs marqué ce but, est un joueur de qualité. Il sera toujours titulaire. Autant le dire : Gençlerbirligi ne peut pas se passer de lui. Sa présence satisfait tout le monde. Somers reste également sur une belle saison. Trabzonspor a terminé deuxième, contre toute espérance, et va disputer le deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions. C'est une bonne équipe. En Turquie, ce sont Gençlerbirligi et Trabzonspor qui pratiquent le meilleur jeu : attrayant, positif, offensif, avec des jeunes joueurs, en plus. Hans Somers y a sa place. Je n'ai rien entendu à propos de son départ éventuel. Je pense que le club n'est pas content de Karel D'Haene. Il est réserviste et n'est pas suffisant. Yasin Karaca (ex-Anderlecht, à Sebatspor la saison passée) ne me dit rien. J'ai entendu parler d'Akin Bülent (ex-Anderlecht), qui était bon il y a quelques années mais a complètement disparu du paysage footballistique. Je ne sais même pas où il joue maintenant. Hakan Bayraktar (ex-Lommel), à Fenerbahçe, maintenant à Gaziantepspor, est un bon joueur. Kurt Van de Paar (ex-Anderlecht) a également transité par Trabzonspor mais il n'était pas aussi bon que Somers ou Daems. Je suis content que la plupart des Belges rejoignent Trabzonspor. Urbain Braems et Georges Leekens ont entraîné cette équipe, Jean-Marie Pfaff en a défendu le but. Ils ont fait du bon travail, ils ont toujours été gentils envers tout le monde, et les gens, à Trabzon, apprécient les Belges, qui s'y sentent chez eux. C'est un problème qui dépasse largement les frontières de la Turquie. Il est européen. Les clubs turcs ont peu de rentrées et dépensent parfois plus qu'ils ne peuvent se le permettre. D'autre part, n'oubliez pas que le football turc a signé une fameuse progression en Europe ces dernières années. Les clubs vont donc obtenir davantage d'argent des télévisions. Les quatre grands (Galatasaray, Besiktas, Fenerbahçe et Trabzonspor) en profitent davantage que les autres équipes. Par exemple, Trabzonspor touche trois ou quatre fois plus que Gençlerbirligi. Ces grands clubs ont en leurs rangs des hommes d'affaires, qui assurent leur propre publicité mais y dépensent aussi leur argent. Thijs ne va donc pas avoir de problèmes de paiement. Il est possible qu'il y ait un peu de retard mais il obtiendra son dû. Fenerbahçe a un budget de 100 millions d'euros û NDLA : quatre fois plus qu'Anderlecht. Besiktas doit avoir la moitié, comme Galatasaray, qui a encore des problèmes financiers. Trabzonspor est à environ 15 millions d'euros. Fenerbahçe, Galatasaray et Besiktas, trois clubs d'Istanbul, sont des clubs omnisports. Ils ont donc d'autres disciplines que le football, comme le basket. Cependant, 80 % de l'argent va au football. De tous, c'est Fenerbahçe qui réalise les plus grosses rentrées en merchandising et billetterie. La saison passée, les 17 matches disputés à domicile, dans le nouveau stade, l'ont été à guichets fermés, ce qui signifie que 55.000 personnes y assistaient. Le contrat TV des quatre dernières saisons, qui arrive à terme, valait 400 millions d'euros. On ne connaît pas encore le nouveau montant mais il sera certainement supérieur. Il y a six ans, après avoir loupé sa qualification pour le Mondial 1998, la Turquie était aux environs de la 60e place au classement FIFA. Elle est maintenant cinquième. Elle a atteint les quarts de finale de l'EURO 2000, peu après que Galatasaray a été le premier club turc à gagner la Coupe UEFA. La Turquie a ensuite joué la demi-finale du Mondial 2002. En 2005, le stade olympique d'Istanbul (80.000 places) accueillera la finale de la Ligue des Champions. C'est une autre primeur pour notre football. D'après l'agence allemande de communication en sport SPORT+MARKT, le marché turc ne manque pas de potentiel. Nous comptons 67 millions d'habitants. Aria, le sponsor maillot de Galatasaray, verse 3,5 millions d'euros par an. Il est aussi le principal sponsor de Fenerbahçe et co-sponsor de Besiktas. Il respecte l'ordre de popularité des trois grands clubs d'Istanbul. Jan Hauspie" La presse turque s'est immédiatement demandé SI THIJS BOTTAIT MIEUX SES COUPS FRANCS QUE VAN HOOIJDONCK "