La semaine passée, le Standard a frappé un sacré coup sur le marché des transferts en se payant les services d' Igor De Camargo. Son secteur offensif lui posait des problèmes. Mémé Tchité ne peut plus porter seul les responsabilités de la finition. Sergio Conceiçao ferrailla près de lui en pointe mais il se sent plus à l'aise sur l'aile droite. Dominique D'Onofrio et Stéphane Demol n'ont jamais misé un dé à coudre de pékêt sur Cédric Roussel. C'est incompréhensible aux yeux des médias et des spectateurs mais, pour eux, il manque de volonté, d'envie de travailler et même de talent.
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La semaine passée, le Standard a frappé un sacré coup sur le marché des transferts en se payant les services d' Igor De Camargo. Son secteur offensif lui posait des problèmes. Mémé Tchité ne peut plus porter seul les responsabilités de la finition. Sergio Conceiçao ferrailla près de lui en pointe mais il se sent plus à l'aise sur l'aile droite. Dominique D'Onofrio et Stéphane Demol n'ont jamais misé un dé à coudre de pékêt sur Cédric Roussel. C'est incompréhensible aux yeux des médias et des spectateurs mais, pour eux, il manque de volonté, d'envie de travailler et même de talent. Marius Niculae et Serhiy Kovalenko ont tenté de se rendre utiles à la concrétisation. Même s'ils ont étalé des progrès, leur art de la finition est limité pour le moment. Dans ces conditions, et pour préserver leurs chances dans la course au titre, les Liégeois se devaient d'engager un pivot offensif. De Camargo compte de nombreux atouts : taille (1,87 m), jeu de tête, bagage technique en amélioration, personnalité positive, capacité de supporter de grosses charges de travail, adapté aux réalités du football belge, belle marge de progression, polyglotte, candidat Diable Rouge quand il obtiendra la nationalité belge. Ses 22 ans et ses potentialités devraient en faire rapidement une valeur intéressante sur le marché des transferts internationaux. Bruges avait probablement procédé à la même analyse. Au bout de la ligne droite, le Standard a émergé comme Tom Boonen. Ce sprint liégeois n'aura pas été apprécié par le club de Marc Degryse et de Michel D'Hooghe. Là-bas, la montée en puissance du Standard énerve. A l'Union Belge, Michel Preud'homme s'est emparé de la Commission technique. Le Standard soutient Roger Vanden Stock dans la course à la présidence de la Maison de Verre. En lui soufflant De Camargo sous le nez, le Standard a frappé fort : le joueur était à Bruges où il a négocié durant quatre heures et passé des tests médicaux puis il prit la direction de Liège (avec son agent Paul Stefani, un ami de Luciano D'Onofrio), où même Sergio Conceiçao s'était déplacé pour l'accueillir chaudement. Bruges qui estimait que ce joueur l'aurait aidé dans la lutte pour le titre était dans les cordes et, après avoir démontré son influence grandissante sous les balles de l'Atomium, le Standard a étalé sa supériorité financière (entre 1,5 et 2 millions d'euros de transfert pour un contrat de 4,5 ans) et son art de la man£uvre pour engranger le talent brésilien. Marc Degryse, le directeur technique brugeois, a réagi après le transfert : : " J'ai dit à Igor ce que je pensais de tout cela. Nous ne pouvons promettre une place dans l'équipe à personne. Celui qui ne vient pas à Bruges avec envie n'a rien à y chercher. Je ne règle pas mes comptes. Bruges avait raté le transfert de Mbo Mpenza mais a gagné le titre et disputé la finale de la Coupe de Belgique la saison passée... Bruges ne dépend pas d'un joueur. Et seul le président du Brussels Johan Vermeersch peut dire qui a négocié correctement ou pas dans cette affaire ". De Camargo : " Le président Vermeersch confirmera mon intention de rencontrer les deux clubs avant de trancher. Tout le monde était à égalité. Le Standard aurait pu tiquer car j'allais d'abord à Bruges qui, pouvait-on croire, avait ainsi une longueur d'avance. Mon agent avait prévenu Degryse que je me rendrais à Sclessin après la visite médicale brugeoise. S'il ne l'a pas compris ainsi, ce n'est pas de ma faute. Je suis un professionnel. Je dois faire le maximum afin d'obtenir le plus beau palmarès mais aussi pour gagner de l'argent, assurer mon avenir et celui de ma famille. Je suis prudent. Au Brésil, j'ai investi dans l'immobilier. J'ai une maison, des appartements, un terrain près de la plage et une papeterie que ma s£ur et ma mère font tourner. Mais le plaisir occupe une place de choix dans mes options et le jour où je ne m'amuserai plus, je chercherai un job ailleurs que dans le football. J'ai deviné une plus grande envie de travailler avec moi au Standard qu'à Bruges. Il y a des Portugais et des Brésiliens au Standard. C'est bien et cela fait plaisir quand un capitaine comme Conceiçao se déplace pour vous souhaiter la bienvenue. Mais je n'aurais pas eu le moindre problème d'adaptation à Bruges. Je parle six langues : portugais, espagnol, italien, anglais, néerlandais et français. Je suis même à moitié belge dans ma tête car je vis dans votre pays depuis six ans. J'ai introduit une demande de naturalisation. Je me suis fondu dans mon pays d'accueil. Dans deux ou trois ans, cela facilitera un éventuel transfert vers un grand club étranger. Et, on ne sait jamais, si on m'invite en équipe nationale belge... J'ai aussi le king, un jeu de cartes populaire parmi les footballeurs. En conclusion, je me serais senti chez moi à Bruges mais j'ai opté pour le Standard dont l'offre cadrait mieux avec mes envies ". " Le Standard s'intéressait déjà à Igor quand il jouait à Genk ", dit le coach du Standard Dominique D'Onofrio. " C'est un attaquant moderne et complet. Je ne lui ai pas promis une place de titulaire - cela dépendra de lui - mais je suis optimiste. Il se sent déjà bien chez nous. Et c'est un ami de longue date de Wamberto ". De Camargo : " Il y avait longtemps que les Liégeois me pistaient. C'était le cas quand je jouais encore à Genk. J'y vois une preuve de confiance. Mais pas du tout une certitude de jouer. Je n'ai jamais demandé cela où que ce soit. Je ne suis pas naïf : cela ne s'exige pas car il n'y a qu'une vérité dans les petits et les grands clubs : le terrain. Au Standard et à Bruges, la concurrence est rude et cela ne me fait pas peur. Je devrai mériter mes galons de titulaire. Si le groupe est huppé à Bruges, il l'est tout autant au Standard. A Sclessin, les attaquants sont nombreux et le coach dispose de nombreuses possibilités pour résoudre ses problèmes. Un élément tactique a joué un grand rôle dans ma réflexion : en Belgique, j'ai évolué dans pas mal de systèmes (4-3-3, 3-4-3, 4-4-2, etc) mais c'est le 4-4-2 qui me convient le mieux. C'est l'occupation de terrain prônée au Standard alors que Bruges pratique une formule avec trois attaquants où l'homme de pointe est assez éloigné des deux autres attaquants. Je préfère être en liaison plus étroite avec l'autre attaquant. Je dois être proche des 16 mètres. Pour moi, c'est là que cela se passe. Je suis un buteur, un homme du grand rectangle. Pour le moment, je vis encore près de la Basilique de Koekelberg à Bruxelles. En attendant de trouver une maison à Liège, je loge parfois chez Wamberto. Ma femme ne va pas tarder à revenir du Brésil où elle a été opérée à la glande thyroïde. Tout va bien. Je prie beaucoup. Si Wamberto est protestant, je suis catholique. Cela ne nous empêche pas de prier ensemble. Wambi songe beaucoup à son prochain : il est remarquable. Moi, c'est la même chose : sans la religion, je ne serais pas le même ". L'avis de Robert Waseige sur le Brésilien vaut la peine : " Le jeu de tête est une de ses meilleures armes. Il est souvent au bon endroit dans le rectangle. Ce n'est pas un joueur explosif comme l'est Aruna Dindane par exemple. Mais sa vitesse lui permet tout de même d'évoluer seul en pointe. Son pied gauche n'égale pas le droit mais il est valable. Il n'a pas l'habitude de gâcher beaucoup d'occasions de buts. Igor ne se cache jamais. C'est un vrai travailleur prêt à toujours aider son partenaire. C'est un pivot très mobile. Il peut résister à la pression dans un grand club belge ". De Camargo : " Cela fait plaisir à entendre. La saison passée, l'apport de Robert Waseige a été prépondérant dans le sauvetage du Brussels. L'ambiance était tendue à un moment. Waseige nous a offert son expérience, son art de relaxer tout un groupe. Nous avons pas mal ri tout en redressant la tête. L'équipe s'est mise en place et j'ai beaucoup appris durant cette période. Le stress, je connais maintenant. A Genk, on n'a pas cru en moi. Non, ce n'était pas le cas de RenéVandereycken. Il m'a souvent placé sur le banc mais c'était pour m'inscrire dans le travail, le progrès, la patience. J'ai mûri avec lui. D'autres que Vandereycken ont douté de moi. Ils se reconnaîtront et c'est par rapport à eux que je prends une revanche. Je ne veux pas être comparé à Bob Peeters. Aurais-je pu faire mieux que lui à Genk ? C'est un vieux roublard, je n'ai que 22 ans. Attendons avant de comparer. J'espère que je serai à la hauteur des propos de Waseige : je suis fier d'entendre cela car c'est un grand coach avec une immense parcours à la tête de clubs ou des Diables Rouges ". Peter Balette précise : " A Heusden-Zolder, où je l'ai entraîné, il avait encore besoin de beaucoup d'occasions de but pour marquer. Je suis étonné par sa progression à la finition. Il est efficace et cette évolution prouve que c'est un garçon sérieux qui vit pour le football. Igor devra cependant effacer le doute qui est né après son échec à Genk. Moi, je crois aussi qu'il peut réussir au top ". De Camargo : " On m'avait dit, en 2003-2004, que je faisais deux pas en arrière en acceptant une location à Heusden-Zolder. C'est possible mais j'en aussi fait cinq en avant. J'étais gagnant. J'ai pris du temps de jeu et je me suis adapté aux réalités du football belge. J'ai progressé et marqué 10 buts à Heusden-Zolder. Au Brésil, je n'avais pas joué en D1. J'avais besoin de prendre mes marques, d'étudier la D1. Peter Balette m'a permis de la faire ". Albert Cartier, le coach du Brussels, affirme qu'Igor a pris " une place active dans les prestations satisfaisantes que nous avons livrées au premier tour. Son passage au stade Machtens fut court mais il a marqué l'histoire de ce club, n'est-ce pas le plus important ? Au-delà d'un joueur, on perd un garçon d'une extrême gentillesse et aux grandes qualités humaines. Sa marge de progression est énorme. Il ira loin s'il poursuit sur sa lancée actuelle ". De Camargo : " Je dois beaucoup à Cartier. Il m'a accordé sa confiance et j'ai découvert un coach formidable doublé d'un homme ayant une grosse qualité d'écoute. C'est important car, au-delà de ses talents de technicien, il a soudé le groupe et tout le club. Grâce à lui, je dose mieux mes potentialités. Je sais où et quand je dois me placer. Je lis mieux les événements. Je ne cours plus inutilement comme quand je suis arrivé en Belgique. Je me place au bon endroit. Cartier m'a enrichi dans cette évolution. La maturité et l'expérience m'aident. Il y a eu un déclic cette saison. Face à Zulte Waregem, j'ai repris un centre de JulienGorius de l'extérieur du pied : but ! Avant, j'aurais canardé. Là, ce fut plus fin, plus technique. J'étais donc capable de réussir cela. J'ai regardé mille fois la cassette de ce match. Je suis aussi fort de la tête, c'est sûr, et le but que je préfère est celui signé par le plus grand joueur de tous les temps, Pelé, de la tête en finale de la Coupe du Monde 70. Je n'étais encore né mais j'ai souvent vu la cassette de Brésil-Italie. J'étais aussi un fan de Jardel, un crack du trafic aérien. Mais après mon but contre Zulte Waregem, je me suis dit que j'avais d'autres armes que le jeu de tête ". Mais a dit ce qui suit ? " Je suis heureux pour lui mais il nous manquera. C'était un tof gars (sic) et un très bon footballeur. Tout le monde l'adorait. Le FC Brussels lui doit beaucoup. Pour nous, il aurait été préférable qu'Igor reste. Notre club devra travailler afin de compenser cette perte " De Camargo : " C'est Alan Haydock évidemment. A 29 ans, il a déjà un gros vécu. C'est l'âme et le c£ur du Brussels, un médian défensif et un travailleur comme on en fait peu. Alan est un ami pour toujours. Tous les clubs de D1 devraient avoir un Haydock ". PIERRE BILIC