Parce que son c£ur balançait entre un fleuve et une rivière, Frédéric Stilmant a choisi la mer. Quittant l'Entre Sambre et Meuse, il s'est exilé à la côte belge pour vivre sa première expérience en D1. A 25 ans, il a décidé d'écouter Gilbert Bodart et de tenter le grand saut. A la clé une réussite personnelle puisque Stilmant a disputé jusqu'à présent 11 des 12 matches des Côtiers û " Et je n'ai pas joué le match contre le Cercle car l'entraîneur avait décidé de me préserver pour le choc contre le Brussels trois jours plus tard " û mais une expérience sportive mitigée puisque son club pointe à la dernière place du championnat.
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Parce que son c£ur balançait entre un fleuve et une rivière, Frédéric Stilmant a choisi la mer. Quittant l'Entre Sambre et Meuse, il s'est exilé à la côte belge pour vivre sa première expérience en D1. A 25 ans, il a décidé d'écouter Gilbert Bodart et de tenter le grand saut. A la clé une réussite personnelle puisque Stilmant a disputé jusqu'à présent 11 des 12 matches des Côtiers û " Et je n'ai pas joué le match contre le Cercle car l'entraîneur avait décidé de me préserver pour le choc contre le Brussels trois jours plus tard " û mais une expérience sportive mitigée puisque son club pointe à la dernière place du championnat. " Pour le moment, on a prouvé qu'on pouvait rivaliser avec les autres équipes de D1 ", explique Stilmant, " Il nous manque simplement un peu d'expérience. Nous sommes encore trop naïfs. On développe du bon football mais on ne prend pas assez de points. On n'a pourtant jamais paru ridicule si ce n'est 30 minutes contre le GBA. Ce n'est donc pas un problème de niveau. Mais on est encore trop porté vers l'offensive. On doit encore tirer des enseignements de formations comme Charleroi ou le Cercle Bruges. Contre les Brugeois, on a fait le jeu pendant 60 minutes mais ce sont les hommes d' Harm Van Veldhoven qui sont repartis avec les trois points. Sur une passe de 80 mètres, les Brugeois se sont retrouvés à deux, seuls devant Dimitri Habrant. Contre le Brussels, on a moins bien joué mais c'est de cette façon-là qu'on se sauvera ", ajoute-t-il. Il sait qu'il va falloir lutter pour mener son contrat de deux ans à son terme. Car si le club redescend, son avenir professionnel ne sera pas assuré. " Il faudra rediscuter le contrat. Je ne sais pas, alors, si je resterai. A nous de faire en sorte que le roue tourne pour prolonger le bail ostendais en D1. Mais la chance nous fait défaut. Contre Charleroi, le poteau sauve les Zèbres et contre le Brussels, on encaisse deux bêtes buts. On avait dit qu'on jouait défensivement pendant les trente premières minutes car on savait que le Brussels baissait de rythme après la demi-heure. Mais on encaisse dès la 17e seconde. Cependant, à 2-2, on a compris qu'il fallait fermer derrière. Ce que l'on n'aurait pas fait il y a quelques semaines ". Comme l'équipe, Stilmant découvre la D1. Ses stades, ses chocs et son rythme. " J'étais plus à l'aise en D2 qu'en D1. Je récupérais plus de balles et j'avais plus d'importance dans le groupe. Maintenant, c'est plus individuel. Il faut aussi s'adapter à la vitesse d'exécution. En D1, il n'y a pas de temps morts ", dit-il. Pourtant, l'ancien joueur de Tubize a su se fondre dans le moule de la D1. Au point de s'imposer au poste de milieu défensif avec ses points forts (le placement et la présence) et malgré un manque de vivacité qu'il confesse facilement. Seule l'ambiance amateur lui manque dans ce milieu très pro. " On m'avait prévenu. Je savais que c'était fini la rigolade. Parfois, j'arrivais à Tubize en me disant que j'allais en récréation tellement l'atmosphère était à la plaisanterie. Je me demande d'ailleurs qui tient désormais la cagnotte (il rit). Ici, le foot, c'est mon métier. Cependant, les joueurs n'ont pas le droit de se plaindre. Car on bénéficie d'un vrai confort de vie avec de nombreuses plages libres ". Avant de toucher au nirvana du footballeur, Stilmant a écumé les divisions inférieures. Originaire de Philippeville, dans le Namurois, il se tourne pourtant vers la ville la plus proche, Charleroi, pour parfaire son écolage footballistique. Il passe huit ans au Sporting Charleroi. " On avait vraiment une belle équipe de jeunes mais à l'époque, c'était mal géré. Je me souviens que sous Luka Peruzovic, le noyau était composé de 30 footballeurs. Cela signifiait donc que 10 à 15 joueurs descendaient en Réserves le vendredi soir. Impossible pour un jeune de faire son trou dans ces conditions. Des éléments comme Mustapha Douai, Thaddée Gorniak, Nicolas Flammini, Mario Fasano, Christ Bruno ou moi-même avons dû chercher fortune ailleurs ". Le voisin de l'Olympic l'accueille. Chez les Dogues, il effectuera ses premiers pas en équipe Première, à 18 ans. D'abord avec Guy Fromont, puis sous la houlette de Neba Malabasa et de Danny Ost. " Je garde un excellent souvenir de la Neuville. Et je pense que ma carrière passera encore par l'Olympic. Il faut dire que toute ma famille supportait les dogues. Mon grand-père me conduisait au Sporting mais c'est à l'Olympic qu'il allait boire son verre. Lors de ma première saison, on possédait une belle équipe avec Ilir Kepa, Yves Soudan ou Frédéric Waseige. On pouvait jouer le top. Sous Malbasa, s'est greffée à cela une ambiance hors du commun. On a échoué à un match de la montée en D2 en jouant toutes nos rencontres du tour final devant 4.500 spectateurs. Malbasa était un entraîneur très sérieux, sévère et pointilleux. On passait sur la balance fréquemment pour surveiller notre poids. Au début, on le trouvait trop professionnel mais l'alchimie a très vite pris entre le noyau et l'entraîneur à tel point que lorsqu'il a décidé de retourner en Serbie, il a invité plusieurs joueurs de l'Olympic à son verre d'adieu ". Pourtant, le deuxième club de Charleroi connaît des jours sombres par après : " Bernard Wegria a succédé à Malbasa. Ce ne fut pas évident pour lui d'autant plus qu'il devait composer avec des joueurs imposés par le manager Lucien Bertrand. On s'est retrouvé avec un noyau de 33 joueurs. Tout ce qu'on avait construit en trois ans, Bertrand l'a cassé en trois mois. Et c'est Wegria qui a payé les pots cassés ". Vient ensuite le temps de Danny Ost (" le premier à donner, à cet échelon-là, des entraînements avec une défense en zone ") avant un transfert vers Tubize. Pour la première fois, il quitte le Pays Noir. " Je crois que je ne serais jamais parti de l'Olympic si le club n'avait pas connu des problèmes financiers ". A Tubize, il découvre Philippe Saint-Jean. " Tubize était un club ambitieux qui voulait monter en D2 dans les cinq ans. Cela s'est passé bien plus vite que prévu. Saint-Jean était un grand tacticien et un excellent formateur. Je pense qu'il ne serait pas heureux de ne travailler qu'avec des trentenaires. Par contre, il est particulièrement satisfait quand il arrive à faire progresser ses joueurs ". Son périple brabançon se clôt par un tour final, la saison passée. Saint-Jean avait déjà signé à Mouscron et Stilmant était courtisé par plusieurs clubs dont Ostende. " Je ne voulais pas donner ma réponse avant la fin du tour final. Le président RaymondLangendries me proposait cinq ans de contrat et il m'avait fourni un boulot au ministère des Finances mais il me pressait pour que je donne ma réponse rapidement. Finalement, les négociations ont achoppé sur une partie du volet financier. De plus, je savais qu'il s'agissait de ma dernière chance d'évoluer en D1. Je ne voulais pas vivre de regret ". A la côte, il a décidé de ne pas faire de vagues, loin de son comportement passé où il accumulait les cartons. " J'ai mûri. C'était nécessaire car il n'était pas rare que je m'emporte sur les arbitres et que je prenne plusieurs rencontres de suspension ". Et espérer que le navire sur lequel il s'est embarqué le mène le plus loin possible en suivant l'écume d'un joueur comme Yves Vanderhaeghe, médian défensif extirpé sur le tard des divisions inférieures avant d'éclater à l'échelon national. Stéphane Vande Velde" Nous sommes encore UN PEU TROP NAïFS "