Jim Potter vit en Belgique depuis huit ans : six saisons à Mons, deux à Charleroi et une neuvième saison qu'il vient d'entamer à Mons, un peu contraint et forcé, après avoir été " coupé " à Charleroi où il lui restait pourtant encore trois années de contrat. On peut le considérer comme un modèle d'intégration : il possède un passeport belge, a déjà revêtu le maillot de l'équipe nationale et, contrairement à la plupart des joueurs d'origine américaine, est capable de soutenir aisément une conversation en français.

" Je suis d'abord ici pour le basket, et il ne fait aucun doute que je retournerai vivre aux Etats-Unis au terme de ma carrière, dans cinq, six ou sept ans, mais je considère la Belgique comme ma deuxième patrie ", avoue-t-il.

La saison dernière, le coach Yves Defraigne avait déclaré que s'il pouvait récupérer Jim Potter tout en conservant Jean-Marc Jaumin et George Evans, il jouerait le titre...

JimPotter : Aujourd'hui, son v£u s'est réalisé, mais en ce qui concerne le titre, nous sommes loin du compte. Je le sais et je ne cherche pas d'excuses. Nous avions pourtant bien débuté le championnat, avec une belle victoire à Pepinster et une autre à domicile contre Ostende, mais deux revers inattendus, à Louvain et à Wevelgem, ont assombri ce tableau idyllique. Je m'explique difficilement ce qui s'est passé. Peut-être une baisse de concentration. Le match à Louvain s'intercalait entre deux importants rendez-vous de Ligue Européenne FIBA. En outre, nous avions rencontré les Louvanistes en Coupe de Belgique une semaine plus tôt et nous avions gagné très facilement. Inconsciemment, nous avions peut-être pensé qu'il suffirait de paraître. C'est inexcusable. A Wevelgem, nous avons été mauvais. Inscrire 67 points contre une équipe pareille, avec tout le respect que je lui dois, c'est indigne d'une équipe comme Mons. Moi-même, je n'échappe pas aux critiques. J'ose même affirmer qu'à plusieurs reprises, j'ai laissé tomber l'équipe tellement j'étais à côté de la plaque : à Wevelgem, à Louvain, à Liège... Pourtant, je ne devrais pas connaître de problèmes d'intégration. J'ai encore joué avec Yves Defraigne, puis je l'ai connu comme coach. Je sais ce qu'il attend de moi. En période de préparation, alors que George Evans était blessé, j'avais d'ailleurs livré des prestations très convaincantes.

Lors de votre première période à Mons, vous étiez le " clutch player " de l'équipe. Aujourd'hui, les stars sont Jean-Marc Jaumin et George Evans. Est-ce cela qui vous pose problème ?

( Ilréfléchit) On pourrait le penser, car lors de ma première période à Charleroi, lorsque j'avais dû m'intégrer dans le collectif mis en place par Giovanni Bozzi, j'avais aussi rencontré certaines difficultés. Mais je ne peux pas invoquer cela comme excuse. Je dois travailler, c'est la seule solution. La saison prochaine, le club disposera d'une nouvelle salle. On va procéder comme au Spiroudôme : garder la structure existante aux Halles de Jemappes, mais élever le toit et ajouter des tribunes. Cela suppose un lourd investissement et il serait malvenu d'y faire jouer une équipe peu performante.

Comment avez-vous appris votre licenciement de Charleroi ?

Par un coup de fil de... Roger Huggins, alors que j'étais rentré aux Etats-Unis pour les vacances. Il venait de signer à Liège et Giovanni Bozzi, son nouveau coach (et ancien coach de Charleroi), avait entendu des rumeurs selon lesquelles Savo Vucevic voulait engager Damir Krupalija et ne comptait plus sur moi. Je suis tombé des nues, je n'avais rien senti venir. Encore tout secoué, j'ai téléphoné au club pour avoir le c£ur net. Jeannot Guilbert, le manager, m'a dit de ne pas m'inquiéter, parce que rien n'était encore décidé de façon définitive. J'ai envoyé un e-mail, expliquant que j'avais besoin d'être fixé sur mon avenir, pour pouvoir prendre les dispositions nécessaires. C'est David Desy qui m'a répondu. Il m'a confirmé les rumeurs, en me disant que je pouvais me mettre en quête d'un nouvel employeur.

Vous avez failli vous retrouver à Liège...

J'ai expliqué la situation à mon épouse. Je lui ai demandé si elle souhaitait retourner en Belgique ou si je devais chercher de l'embauche dans d'autres pays. Elle a opté pour la Belgique, où elle s'est parfaitement adaptée. Je savais que je pouvais retourner à Mons. Mais le coup de fil de Giovanni Bozzi m'a fait plaisir. Cela prouve que, malgré une première saison assez difficile sous sa direction, il n'était pas mécontent de moi. J'ai été très près de signer à Liège.

" Vucevic ne m'a rien expliqué "

Quels souvenirs garderez-vous de Charleroi ?

Une première saison qui avait très bien débuté, mais qui s'est mal terminée. Puis, une deuxième saison exceptionnelle, durant laquelle nous avons formé un véritable groupe. J'ai quitté les Spirous avec un titre de champion, deux Coupes de Belgique et deux Supercoupes. Je n'avais jamais rien gagné auparavant et je me suis bâti un palmarès. J'aurais préféré que Savo Vucevic me dise en face qu'il n'avait plus besoin de moi, au lieu de devoir l'apprendre par d'autres. Je sais que Charleroi voit plus loin que le championnat de Belgique, et veut construire une équipe compétitive au niveau européen. S'il estimait que je ne faisais pas l'affaire dans ce contexte, j'aurais pu l'accepter. Il aurait aussi pu me dire : - Jim, j'aiconsultélesstatistiquesetj'aiconstatéquedanstelettelmatch, tuavaisétéinsuffisant. J'aibesoind'unjoueurplusconstant ! Personnellement, je pense que j'aurais encore eu ma place dans le Charleroi actuel, surtout avec la blessure de Predrag Savovic et les problèmes physiques de Ron Ellis, mais ce sont des choses qu'on ne pouvait pas prévoir. Eric Somme m'a offert une belle compensation financière pour les trois années de contrat qu'il me restait. Pour moi, l'affaire est close. J'ai retrouvé un club et je gagne (très bien) ma vie. Je demeure d'ailleurs le premier supporter des Spirous sur la scène européenne. J'ai suivi leur premier match de Coupe ULEB à l'Etoile Rouge Belgrade en intégralité sur Internet. J'ai tissé des liens très solides avec les joueurs que j'ai côtoyés là-bas durant cette formidable saison 2002-2003 : Ron Ellis, Marcus Faison, André Riddick, Roel Moors ou Jacques Stas. J'ai tellement envie qu'ils réussissent en Europe cette saison.

Avez-vous parlé à Savo Vucevic depuis votre départ de Charleroi ?

Non. Pourtant, nous avons disputé un tournoi d'avant-saison au Spiroudôme en septembre, mais je n'ai pas cherché à parler à mon ancien coach et lui n'a pas fait un pas vers moi non plus. Peut-être la venue de Charleroi aux Halles de Jemappes, le week-end prochain, sera-t-elle l'occasion de renouer le dialogue.

Les dates pour les compétitions entre équipes nationales ont été modifiées. Désormais, on jouera chaque année en septembre. Comment voyez-vous votre avenir chez les Lions ?

Pour moi, la page de l'équipe nationale est tournée. La saison en club est éprouvante et j'ai envie de profiter de ma famille pendant les moments de loisirs qui me sont offerts. Et puis, il y a une bonne génération de jeunes joueurs belges qui pointe le bout du nez, comme Tomas Van den Spiegel, Christophe Beghin, Gerben Van Dorpe, Axel Hervelle et Roel Moors. D'une part, je n'ai pas envie de prendre leur place, et d'autre part, ils sont peut-être tout simplement... meilleurs que moi. Mais je ne renie rien. Dans ma maison de Pocatello, j'ai encadré les maillots de toutes les équipes où j'ai évolué depuis le collège. Il y en a un de l'équipe nationale belge. Cela me fera un beau souvenir lorsque je retournerai vivre là-bas plus tard. Pocatello, c'est dans l'Idaho, à deux heures de route de Salt Lake City. L'Ouest américain, quoi. Une petite ville de 55.000 habitants, où il ne se passe pas grand-chose. Aux alentours, il n'y a rien non plus, sinon des fermes et des vaches ( ilrit). Mais j'adore la campagne.

Daniel Devos

" A plusieurs reprises, j'ai laissé tomber l'équipe "

Jim Potter vit en Belgique depuis huit ans : six saisons à Mons, deux à Charleroi et une neuvième saison qu'il vient d'entamer à Mons, un peu contraint et forcé, après avoir été " coupé " à Charleroi où il lui restait pourtant encore trois années de contrat. On peut le considérer comme un modèle d'intégration : il possède un passeport belge, a déjà revêtu le maillot de l'équipe nationale et, contrairement à la plupart des joueurs d'origine américaine, est capable de soutenir aisément une conversation en français. " Je suis d'abord ici pour le basket, et il ne fait aucun doute que je retournerai vivre aux Etats-Unis au terme de ma carrière, dans cinq, six ou sept ans, mais je considère la Belgique comme ma deuxième patrie ", avoue-t-il. JimPotter : Aujourd'hui, son v£u s'est réalisé, mais en ce qui concerne le titre, nous sommes loin du compte. Je le sais et je ne cherche pas d'excuses. Nous avions pourtant bien débuté le championnat, avec une belle victoire à Pepinster et une autre à domicile contre Ostende, mais deux revers inattendus, à Louvain et à Wevelgem, ont assombri ce tableau idyllique. Je m'explique difficilement ce qui s'est passé. Peut-être une baisse de concentration. Le match à Louvain s'intercalait entre deux importants rendez-vous de Ligue Européenne FIBA. En outre, nous avions rencontré les Louvanistes en Coupe de Belgique une semaine plus tôt et nous avions gagné très facilement. Inconsciemment, nous avions peut-être pensé qu'il suffirait de paraître. C'est inexcusable. A Wevelgem, nous avons été mauvais. Inscrire 67 points contre une équipe pareille, avec tout le respect que je lui dois, c'est indigne d'une équipe comme Mons. Moi-même, je n'échappe pas aux critiques. J'ose même affirmer qu'à plusieurs reprises, j'ai laissé tomber l'équipe tellement j'étais à côté de la plaque : à Wevelgem, à Louvain, à Liège... Pourtant, je ne devrais pas connaître de problèmes d'intégration. J'ai encore joué avec Yves Defraigne, puis je l'ai connu comme coach. Je sais ce qu'il attend de moi. En période de préparation, alors que George Evans était blessé, j'avais d'ailleurs livré des prestations très convaincantes. ( Ilréfléchit) On pourrait le penser, car lors de ma première période à Charleroi, lorsque j'avais dû m'intégrer dans le collectif mis en place par Giovanni Bozzi, j'avais aussi rencontré certaines difficultés. Mais je ne peux pas invoquer cela comme excuse. Je dois travailler, c'est la seule solution. La saison prochaine, le club disposera d'une nouvelle salle. On va procéder comme au Spiroudôme : garder la structure existante aux Halles de Jemappes, mais élever le toit et ajouter des tribunes. Cela suppose un lourd investissement et il serait malvenu d'y faire jouer une équipe peu performante. Par un coup de fil de... Roger Huggins, alors que j'étais rentré aux Etats-Unis pour les vacances. Il venait de signer à Liège et Giovanni Bozzi, son nouveau coach (et ancien coach de Charleroi), avait entendu des rumeurs selon lesquelles Savo Vucevic voulait engager Damir Krupalija et ne comptait plus sur moi. Je suis tombé des nues, je n'avais rien senti venir. Encore tout secoué, j'ai téléphoné au club pour avoir le c£ur net. Jeannot Guilbert, le manager, m'a dit de ne pas m'inquiéter, parce que rien n'était encore décidé de façon définitive. J'ai envoyé un e-mail, expliquant que j'avais besoin d'être fixé sur mon avenir, pour pouvoir prendre les dispositions nécessaires. C'est David Desy qui m'a répondu. Il m'a confirmé les rumeurs, en me disant que je pouvais me mettre en quête d'un nouvel employeur. J'ai expliqué la situation à mon épouse. Je lui ai demandé si elle souhaitait retourner en Belgique ou si je devais chercher de l'embauche dans d'autres pays. Elle a opté pour la Belgique, où elle s'est parfaitement adaptée. Je savais que je pouvais retourner à Mons. Mais le coup de fil de Giovanni Bozzi m'a fait plaisir. Cela prouve que, malgré une première saison assez difficile sous sa direction, il n'était pas mécontent de moi. J'ai été très près de signer à Liège. Une première saison qui avait très bien débuté, mais qui s'est mal terminée. Puis, une deuxième saison exceptionnelle, durant laquelle nous avons formé un véritable groupe. J'ai quitté les Spirous avec un titre de champion, deux Coupes de Belgique et deux Supercoupes. Je n'avais jamais rien gagné auparavant et je me suis bâti un palmarès. J'aurais préféré que Savo Vucevic me dise en face qu'il n'avait plus besoin de moi, au lieu de devoir l'apprendre par d'autres. Je sais que Charleroi voit plus loin que le championnat de Belgique, et veut construire une équipe compétitive au niveau européen. S'il estimait que je ne faisais pas l'affaire dans ce contexte, j'aurais pu l'accepter. Il aurait aussi pu me dire : - Jim, j'aiconsultélesstatistiquesetj'aiconstatéquedanstelettelmatch, tuavaisétéinsuffisant. J'aibesoind'unjoueurplusconstant ! Personnellement, je pense que j'aurais encore eu ma place dans le Charleroi actuel, surtout avec la blessure de Predrag Savovic et les problèmes physiques de Ron Ellis, mais ce sont des choses qu'on ne pouvait pas prévoir. Eric Somme m'a offert une belle compensation financière pour les trois années de contrat qu'il me restait. Pour moi, l'affaire est close. J'ai retrouvé un club et je gagne (très bien) ma vie. Je demeure d'ailleurs le premier supporter des Spirous sur la scène européenne. J'ai suivi leur premier match de Coupe ULEB à l'Etoile Rouge Belgrade en intégralité sur Internet. J'ai tissé des liens très solides avec les joueurs que j'ai côtoyés là-bas durant cette formidable saison 2002-2003 : Ron Ellis, Marcus Faison, André Riddick, Roel Moors ou Jacques Stas. J'ai tellement envie qu'ils réussissent en Europe cette saison. Non. Pourtant, nous avons disputé un tournoi d'avant-saison au Spiroudôme en septembre, mais je n'ai pas cherché à parler à mon ancien coach et lui n'a pas fait un pas vers moi non plus. Peut-être la venue de Charleroi aux Halles de Jemappes, le week-end prochain, sera-t-elle l'occasion de renouer le dialogue. Pour moi, la page de l'équipe nationale est tournée. La saison en club est éprouvante et j'ai envie de profiter de ma famille pendant les moments de loisirs qui me sont offerts. Et puis, il y a une bonne génération de jeunes joueurs belges qui pointe le bout du nez, comme Tomas Van den Spiegel, Christophe Beghin, Gerben Van Dorpe, Axel Hervelle et Roel Moors. D'une part, je n'ai pas envie de prendre leur place, et d'autre part, ils sont peut-être tout simplement... meilleurs que moi. Mais je ne renie rien. Dans ma maison de Pocatello, j'ai encadré les maillots de toutes les équipes où j'ai évolué depuis le collège. Il y en a un de l'équipe nationale belge. Cela me fera un beau souvenir lorsque je retournerai vivre là-bas plus tard. Pocatello, c'est dans l'Idaho, à deux heures de route de Salt Lake City. L'Ouest américain, quoi. Une petite ville de 55.000 habitants, où il ne se passe pas grand-chose. Aux alentours, il n'y a rien non plus, sinon des fermes et des vaches ( ilrit). Mais j'adore la campagne. Daniel Devos" A plusieurs reprises, j'ai laissé tomber l'équipe "