Battu d'un souffle par Petter Solberg au championnat mondial des rallyes, le Français Sébastien Loeb ne fait aucun mystère sur son ambition en 2004 : il veut devenir n°1. Le Monte-Carlo, premier round, lui réussit bien puisqu'il s'y est imposé l'an passé. Il assume pleinement son statut de favori.
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Battu d'un souffle par Petter Solberg au championnat mondial des rallyes, le Français Sébastien Loeb ne fait aucun mystère sur son ambition en 2004 : il veut devenir n°1. Le Monte-Carlo, premier round, lui réussit bien puisqu'il s'y est imposé l'an passé. Il assume pleinement son statut de favori. Sébastien Loeb : Je connais bien ce rallye, je pilote une auto performante et fiable, je sens toute l'équipe Citroën soudée derrière moi. Donc je ne vois pas pourquoi je me prendrais la tête. Elle était bien plus forte il y a un an : je devais mériter ma place au sein d'un team qui accueillait deux monstres sacrés, Carlos Sainz et Colin McRae. Je voulais me montrer à la hauteur de la tâche. Sans forfanterie, je crois avoir réussi. Sur le coup, j'étais déçu de devoir lever le pied pour assurer à Citroën la couronne des constructeurs. C'est normal, un sportif n'aime pas s'incliner sans lutter jusqu'au bout. Mais je me suis très vite rangé aux raisons de mon employeur qui avait fait de ce championnat des marques son objectif prioritaire. J'y ai puisé une motivation supplémentaire pour la campagne qui débute au Monte-Carlo : je veux être champion et permettre à l'usine dont je défends les couleurs de signer la passe de deux. Pour le rallye en général, la mise au chômage technique de McRae est mauvaise car peu de pilotes ont une telle aura auprès du grand public, ne fût-ce que grâce aux jeux vidéo qui portent son nom. De plus, il s'est révélé un équipier sympa et très ouvert. Rien à voir avec l'image plutôt négative qui circule souvent à son sujet. Quant à Carlos Sainz, on sait ce qu'il a apporté au rallye. Sa mentalité, son professionnalisme et son fighting spirit demeurent exemplaires alors qu'il est au top depuis quinze ans. Je veux aussi insister sur l'apport de deux pilotes aussi expérimentés dans le développement de la Xsara WRC, notamment la version terre pour laquelle je manquais de références. D'abord, une précision : je n'ai jamais atteint en gymnastique le niveau auquel j'évolue en rallye. J'ai été champion de la ligue alsacienne et je crois me souvenir d'un top 10 en championnat de France, j'étais donc loin des Jeux Olympiques... Cela dit, j'ai acquis dans les concours une expérience précieuse, notamment pour ce qui touche à la concentration et la mise en action immédiate. Il n'y a pas de round d'observation en gymnastique, il faut être d'emblée performant puis tenir la cadence. En rallye, je plonge très vite dans le vif du sujet, je n'ai pas besoin de quatre ou cinq spéciales pour trouver le bon feeling. Rassurez-vous, je peux toujours me promener en rue sans provoquer d'attroupement. Mais pourquoi le nier, les gens me reconnaissent. Certains me demandent un autographe ou m'interrogent sur le rallye en général, mes performances, mes adversaires. C'est plutôt sympa, d'autant que j'ai eu la chance jusqu'ici de ne jamais être confronté à des supporters trop envahissants. Bien sûr, et je n'ai pas l'intention d'aller m'établir à Monaco ou ailleurs. Je me sens bien chez moi à Strasbourg, j'y retrouve mes amis, mes proches, c'est là que j'ai mes repères et que je me ressource le mieux. Je ne suis pas seul dans le cas, je sais notamment que François Duval retourne dans sa région natale dès qu'il en a l'opportunité. Je n'aurai guère de temps libre, j'en suis conscient, car je devrai aussi effectuer les tests et remplir de nombreuses obligations promotionnelles. Mais je suis professionnel, je dois en accepter toutes les facettes. Globalement, si cette mesure permet de faire apprécier le rallye dans de nouvelles régions, je l'approuve. Mais je ne suis pas sûr que les gens qui ont décidé d'alourdir ainsi le championnat aient une idée û même vague û de ce que cela signifie concrètement pour les teams. Commençons par Citroën. Nous repartons avec la Xsara WRC, un modèle performant sur tous les terrains, qui bénéficiera de nouvelles évolutions au printemps. Nous formons avec Carlos Sainz un duo assez complémentaire, donc nous briguons ouvertement les deux titres marques et pilotes. Petter Solberg est champion du monde, c'est tout dire. Mais à moins d'une surprise, son jeune équipier Mikko Hirvonen risque d'être un peu court. Donc le moindre souci pour le leader hypothéquera les chances du team de marquer de gros points dans la compétition des constructeurs. Je vois Subaru viser en priorité la couronne individuelle avec Petter. Exact, mais il faut que les ingénieurs aient résolu les petits soucis qui coupaient régulièrement son élan en 2003. Markko Märtin peut gagner partout, ce n'est pas encore le cas de François Duval qui assurera le coup dans les courses qu'il connaît moins bien mais jouera la gagne en quelques occasions. Donc gare à Ford ! La 307 doit faire ses maladies de jeunesse, mais elle a été conçue par des gens dont la compétence ne se discute pas. L'équipe est animée d'une terrible soif de revanche après une campagne 2003 décevante. La remarque vaut aussi pour les pilotes, qu'il s'agisse de Marcus Grönholm ou de Freddy Loix, lequel abat une carte décisive. Ils sont partis d'une feuille blanche pour dessiner une nouvelle WRC, laissons-leur le temps de la développer. En fin de saison, Gilles Panizzi pourrait étonner dans les rallyes sur asphalte mais la seconde voiture au volant de laquelle se succéderont divers jeunes pilotes, ne sera pas dangereuse. Eric FaureUn duo assez complémentaire AVEC CARLOS SAINZ