A l'est d'Eden, il y a de la réplique. Au nord et au sud aussi. Même quand notre petit génie est à l'ouest, la constellation continue de briller. Hazard est une étoile parmi tant d'autres mais la plus lumineuse quand même. Un géant qui transmet sa fureur de vivre. Notre JamesDean national est brillant. Dans les faits et maintenant dans les chiffres. Certains joueurs gagnent-ils des matchs et des titres à eux seuls ? Les chiffres ne mentent jamais. Oh que si ! Exemples !
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A l'est d'Eden, il y a de la réplique. Au nord et au sud aussi. Même quand notre petit génie est à l'ouest, la constellation continue de briller. Hazard est une étoile parmi tant d'autres mais la plus lumineuse quand même. Un géant qui transmet sa fureur de vivre. Notre JamesDean national est brillant. Dans les faits et maintenant dans les chiffres. Certains joueurs gagnent-ils des matchs et des titres à eux seuls ? Les chiffres ne mentent jamais. Oh que si ! Exemples ! Tottenham ne serait rien sans GarethBale. Certes, mais si on regarde son bilan avec les Spurs, ils ont un meilleur pourcentage de victoires sans lui. Et malgré lui, le Pays de Galles reste une nation sans coup d'éclat. Pourtant, quel joueur, quelle fraîcheur, quel bonheur. Le temps qu'il a mis pour devenir ce qu'il est ne mérite aucune stat. On fait encore plus fort. Accrochez-vous ! On va passer un mythe à la moulinette. Mais même haché, il n'en restera pas moins un beau filet pur. StevenGerrard. Mister Liverpool depuis 15 saisons. 448 matchs de Premier League sous le maillot de son coeur et un constat qui nous crève le nôtre. Liverpool gagne plus quand il n'est pas là. Supplice jusqu'à la lie, dans les matchs contre le Top 6, les Reds gagnent plus, marquent plus, encaissent moins sans lui. Ça se joue de peu mais ça joue des tours à nos certitudes. Quoique. Gerrard ne pouvait jamais se reposer. Le moins des autres exigeait le toujours plus de l'autre. De lui. Et, essentiel, il est à jamais dans notre imaginaire. Cela dit, des équipes qui ne seraient rien sans leur petit génie, ça existe ! Don DiegoMaradona en est le plus bel exemple. Là aucun doute. Sans lui, l'équipe nationale argentine et Naples n'auraient jamais conquis les titres qu'il leur a offerts. Ça n'a pas toujours marché. Au Mondiale '90 le discours de CarlosBilardo faisait dans la transparence réconfortante. A la question : " Que pensez-vous de votre équipe ? " Mon équipe ? C'est Maradona, Caniggia et neuf autres ". Confondant de sincérité. L'art d'un grand homme est de ne pas nier l'évidence. Je m'empresse donc d'affirmer que cette finale fut la plus affligeante de l'histoire de cette compétition. Le pragmatisme allemand a balayé le sophisme argentin. Diego n'a pas su élever les siens assez haut. Comme l'autre Dieu argentin. Il le fait en club mais pas en sélection. Pas encore. Sans LionelMessi, le Barça aurait-il autant dominé et surtout gagné ? Non. La note artistique aurait toujours frôlé le 10/10 mais entre frôler et toucher des mains le Graal, il y a la touche du génie. Idem durant les Henry Years d'Arsenal, les Gunners gagnaient beaucoup plus avec lui. Idem avec le Manchester United des Rooney Years. Quand le " bonifieur " est là, on lui file tous les ballons. Un réflexe qui les laisse perplexe quand il n'est pas là. D'ailleurs Arsenal n'a plus de joueur pour compenser l'absence de génie. Man U si. Les premiers ne gagnent plus rien, les seconds gagnent tout. Le leadership, ce n'est pas que balle au pied. Le génie n'est pas qu'expression de ballon. Des RoyKeane, PatrickVieira faisaient aussi gagner des matchs. Beaucoup de matchs. Par leur présence, par leur aura, par l'obligation qu'ils imposaient naturellement. Celle d'être un gagneur. Avec la manière si possible mais pas toujours. Et du banc, le génie peut-il jaillir ? Oui, mais pas avec des lignes et des chiffres sur un tableau noir. C'est avec des mots, des émotions, des attitudes, de l'amour, de la sincérité qu'un homme transcende ses hommes. Laissons le mot de la fin au plus bel exemple, Sir Alex. Début de cette saison, après le fabuleux 11 buts en 11 matchs de Robin van Persie, on lui demande si le Batave est l'homme providentiel. Réponse de Ferguson : " Il n'y qu'un homme qui nous a gagné des matchs à lui seul. Eric Cantona. " Sûr qu'il ne l'aurait jamais avoué du temps ou Canto jouait encore. Il lui aurait peut-être murmuré. En aparté. " The King " n'aurait rien répondu. Il aurait souri. Hazard est une étoile parmi tant d'autres mais la plus lumineuse quand même.