L'été
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L'étéLe début de saison est torride. Gert Verheyen rend son brassard. Il a lu une interview de l'entraîneur, qui affirme qu'il n'a pu produire son meilleur jeu la saison passée et que renoncer à être capitaine le libérerait peut-être. Sollied préférerait que le noyau élise lui-même son capitaine, à partir d'une présélection. Trond Sollied : Cet article était une invention. Je n'avais pas imaginé que le journaliste placerait ses idées dans ma bouche. Comme quoi, on en apprend tous les jours. Je lui ai téléphoné, ainsi qu'à Gert, car ils sont amis. Je n'admets pas qu'on mente pour faire du sensationnalisme. Je ne l'ai pas changée. Je n'ai pas de favoris. Je traite chacun de la même façon, quelle que soit sa langue, sa religion... Ce sont les performances qui comptent. Gert vaut par ce qu'il montre sur le terrain. Il peut y avoir des divergences de vues car chacun a réalisé ses propres expériences, mais en fin de compte, c'est moi qui décide. Je suis payé pour ça.Avez-vous eu l'impression que la situation était explosive? Verlinden nous avait confié qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que tout pète.Ceux qui veulent savoir quel effet une bombe fait devraient aller en Irak.N'avez-vous pas craint d'être limogé?J'ai dit la vérité. Je ne me suis donc pas tracassé. Ce qui doit arriver arrivera. Je fais de mon mieux. Si ça ne suffit pas, la direction peut chercher quelqu'un d'autre. Mais je n'y pense pas, même si ça peut arriver. Jules César l'a expérimenté avant moi! Il est impossible de tout faire à la perfection. Je ne prends jamais de décision sans y réfléchir avec mes adjoints, Chris Van Puyvelde et René Verheyen. Nous formons une équipe au sein de l'équipe.Vainqueur de la Coupe, le Club a battu le champion, Genk, en Supercoupe, sans aligner sa meilleure équipe.Genk avait terminé premier sans être le meilleur! Au premier tour préliminaire de la Ligue des Champions, le Club a battu deux fois le Dinamo Bucarest, mais au second, il a dû avoir recours aux prolongations et aux tirs au but contre Shaktar Donetsk. Il s'est qualifié pour la première fois depuis dix ans et la bombe a été désamorcée?Cette soirée m'a laissé un sentiment agréable, grâce à l'ambiance créée par le public. Ce fut très beau.Pendant ce temps, Bruges a discuté avec Marc Degryse de son éventuel engagement comme directeur technique. Antoine Vanhove a posé son veto. Vous êtes-vous unis contre Degryse?J'ai simplement donné mon point de vue. J'ai connu Degryse à Gand. Il est intelligent mais on ne peut pas passer du statut de joueur à un poste de directeur technique sans avoir fait ses preuves. Seuls de mauvais dirigeants permettent ça. Moi aussi, j'ai dû faire mes preuves. Ce n'est que maintenant que Rosenborg me dit: -Si tu reviens, tu as un contrat à vie. Je n'ai rien contre Degryse. Nous avons souvent discuté ensemble. Je ne pense pas que nous ayons des divergences de vues mais mon expérience est différente de la sienne. J'ai été enseignant pendant 13 ans, à tous les niveaux, tout en jouant parmi l'élite. Je connais donc bien la nature humaine. L'automneCinq points, c'est trop peu. Tout aurait été différent si nous avions battu Moscou 1-0 à domicile, comme nous l'aurions dû, sans l'annulation injuste du but de Verheyen. A Moscou, nous n'avons pas mal joué, compte tenu des circonstances, mais le Lokomotiv a une bonne équipe. Si ce n'était pas le cas, il n'aurait pas forcé le nul au Real. Pour moi, l'essentiel, c'est que les joueurs ont beaucoup appris durant cette campagne. Nous avons le niveau requis mais on ne peut pas commettre d'erreurs grossières comme nous l'avons fait. Les détails sont décisifs. Notre match à domicile contre Galatasaray a été le meilleur mais notre deuxième mi-temps contre le Lokomotiv était très bonne aussi. Et Bruges a été immédiatement éliminé de la Coupe de l'UEFA par le VfB Stuttgart....Une bonne équipe, qui ne se retrouve pas par hasard dans le Top 3 en Allemagne, même si nous étions meilleurs. Au retour, ils ont dégagé dans les tribunes, au point d'être hués par leurs propres supporters. Nous aurions dû marquer à plusieurs reprises. Dans les grands matches, il faut exploiter la moindre chance. Nous ne l'avons pas fait contre Stuttgart mais cette performance n'en reste pas moins bonne. J'ai été fier de ce que nous avons montré collectivement. Et à domicile... Maertens est exclu à 1-0, Balakov marque sur coup franc, ce qu'il n'avait plus fait depuis deux ans et demi. Je sentais que nous étions capables de mieux mais j'étais impuissant.Maertens, qui avait déjà gaffé à Moscou, a de nouveau été l'antihéros. Il sera encore exclu à St-Trond et contre Anderlecht. Pourtant, à ce moment, vous disiez qu'il était votre meilleur défenseur. Je le pense toujours car je le vois à l'oeuvre tous les jours. C'est un joueur de football, pas un casseur. Il manque d'expérience car il est arrivé très vite. Tous les chemins mènent à Rome mais il semble qu'il doive emprunter le plus difficile. L'essentiel est qu'il apprenne en quoi il est bon et en quoi il l'est moins.Fin septembre, en championnat, le Club a perdu ses premiers points, en concédant le nul à l'Antwerp. Fin novembre, St-Trond vous a battus 5-2. La Ligue des Champions vous a-t-elle coûté des points ou vous en a-t-elle apporté?Elle n'en a pas coûté, au contraire. The machine was just going on, nous évoluions à un très haut niveau. Nous n'avons pas été mauvais contre l'Antwerp et St-Trond mais il y a toujours des matches qui tournent mal, dans une saison. Nous pouvons être ravis du nombre de nos victoires. Honnêtement, je ne m'attendais pas à perdre seulement deux points de plus que lors de notre premier tour record, à mon arrivée. Nous avons prouvé que nous pouvions être réguliers. Le Club a été sacré champion d'automne avec 11 points d'avance sur son plus proche poursuivant. Vous avez pourtant déclaré que vous n'étiez pas sûr que cela suffirait pour fêter le titre. A cause de ce qui s'était passé les deux saisons précédentes, quand votre large avance ne vous avait pas suffi?Je ne suis pas Einstein mais je sais compter. Notre situation était confortable mais il restait 17 matches et une victoire vaut trois points.L'hiverJe ne sais pas car je ne m'intéresse qu'à mon équipe. Mais c'est un bon joueur et une personnalité. Tous les joueurs du Club ont beaucoup à apprendre de Simons. Pas de son talent mais de son sens du travail. C'est peut-être une question de talent, d'ailleurs. Il sait comment travailler, il sait ce que s'entraîner veut dire. Il veut sans cesse progresser. Si j'étais joueur, je l'observerais tous les jours.Est-il votre joueur favori?Je n'en ai pas. Je le traite comme les autres. Je dis simplement aux autres de regarder comment il travaille.Avec 55 points sur 60 début février, le Club s'est fait éliminer en Coupe par Lommel. Comment est-ce possible?Je n'étais pas content, ne serait-ce que parce que je pensais que les joueurs avaient réalisé, la saison passée, à quel point jouer une finale était chouette. Mais quand vous encaissez deux buts à domicile... Il n'y a pas de potion magique. Nos adversaires jouent toujours leur match de l'année contre nous et parfois, rien ne va, de notre côté. Il est impossible de tout gagner. éa fait le charme du football. Vous négociiez à l'époque un nouveau contrat. Quel était l'aspect primordial: l'argent ou des renforts? Etre satisfait et voir que l'équilibre pouvait être amélioré. Ce que je demande ne regarde que le Club. Si vous saviez ce que d'autres clubs m'ont proposé, vous me prendriez pour un fou de ne pas avoir choisi l'argent. J'ai 43 ans. Pourquoi devrais-je penser uniquement à cela? Je veux atteindre un objectif. Si je fais bien mon boulot, j'y parviendrai, à l'avenir. Questionnez mes compatriotes. Ils vous diront que j'ai un timing fantastique, que j'effectue toujours les bons choix. Le président, Michel Van Maele, est décédé. Quel souvenir conservez-vous de lui?Celui d'un homme fantastique pour lequel j'éprouvais beaucoup de respect. Nous avons eu des conversations passionnantes. Il m'a expliqué sa manière de voir les choses. Il m'a impressionné. Dommage qu'il n'avait plus 50 ans. Le Club aurait eu un autre visage.Que pensez-vous de son successeur, Michel D'Hooghe?Le timing et le choix sont bons. C'est le bon homme à la bonne place, grâce à son expérience internationale. Une vision et une stratégie peuvent améliorer le Club à tous points de vues. Il sait ce qu'il doit faire.C'est D'Hooghe qui voulait engager Degryse comme directeur technique.Cette décision ne m'appartient pas mais il faut en prendre une dans l'intérêt du Club. Le printempsSans aucun doute notre plus mauvais match de la saison. Je n'ai pas reconnu mon équipe. Normalement, même après une défaite, il y a des points positifs. Mais de ce match, je ne retiens que le beau coup franc de Ceh. Il suffit de voir comment nous encaissons ces buts. Nous avons perdu des duels importants. Ce soir-là, Anderlecht était meilleur. En fin de compte, à l'aller, ça aurait dû être 5-1 pour nous aussi. La différence, c'est que nous n'avons pas essayé de déstabiliser l'arbitre comme ils l'ont fait. Enfin, c'est un chapitre clos. Se focaliser sur le passé nuit à l'avenir, alors que, sur le futur, on peut travailler.Le Club est champion! C'est son premier titre depuis 1998, le soulagement est énorme. En début de saison, vous aviez parlé de votre Dream Team. Combien de fois l'avez-vous aligné?Never, pas une seule fois. Les nouveaux, Serebrennikov, Spilar, Stoica et Saeternes, n'ont guère joué. Etaient-ils superflus?On peut se poser la question mais nous ne saurons jamais si nous aurions obtenu les mêmes résultats sans ces joueurs. Je ne savais pas que Stoica était à notre portée. Avant leur blessure, Serebrennikov et Spilar ont joué, et bien. Nous avons pu transférer Saeternes parce qu'il jouait dans un club norvégien que j'avais entraîné. Il constitue un excellent transfert pour Bruges. Mais Spilar et lui ont eu une poisse incroyable depuis leur arrivée.Quel a été votre meilleur match de ce championnat?Nous avons été réguliers à un haut niveau. Il est difficile de retirer une rencontre du lot mais nous avons été très forts contre Genk. Ce 4-0 n'était pas exagéré, au contraire. Quel a été votre meilleur joueur de la saison?éa, je ne le dirai jamais.Martens n'est-il pas la révélation de la saison, au centre-avant?Je connais le potentiel de Sandy depuis Gand. C'est une question de confiance. Quand il en a, il est même capable de jouer dans l'axe de la défense, tellement il est flexible.Quel est votre principale source de satisfaction?Que chacun ait marqué: 16 joueurs déjà. C'est plus qu'une équipe. C'est une équipe et demie qui a marqué.Vous avez souvent râlé à cause d'erreurs individuelles en défense et de buts stupides. Le Club encaisse-t-il trop?Oui. J'ai été défenseur et je déteste voir l'équipe adverse marquer. Un but n'est pas le fruit du hasard. En championnat, nous ne devrions jamais concéder plus de 15 buts sur une saison. Nous sommes toujours en phase d'apprentissage mais quand même.Pourquoi n'alignez-vous pas systématiquement Simons en défense et Clement comme médian défensif?Pour le comprendre, il faut assister à tous nos entraînements. Je ne vois pas de raison de le faire.Qui doit être élu Entraîneur de l'Année?Je ne m'occupe pas de ce genre de choses.Bruges a joué ses matches à domicile le samedi soir, pour la première saison.Et c'est mieux ainsi. Pourquoi les pièces de théâtre, d'opéra et les concerts ont-ils lieu le soir?Que faites-vous le dimanche?Je le réserve à ma femme et à mon enfant. Je ne suis pas le seul à apprécier d'avoir congé le dimanche. C'est pareil pour mes adjoints et tous les joueurs.Avec Bruges, vous avez déjà gagné la Coupe et la Supercoupe de Belgique, le titre, et vous l'avez qualifié pour la Ligue des Champions. Que pouvez-vous encore lui apporter?Faire progresser l'équipe. Nous savons exactement ce que nous voulons et à quelle position. A nous de travailler. Normalement, le Club sera encore meilleur la saison prochaine. Christian Vandenabeele"Vous me prendriez pour un fou si vous saviez le salaire que j'ai refusé ailleurs""Nous ne devrions pas encaisser plus de 15 buts par saison"