On n'en sortira jamais ! Je me le redis suite à la polémique qui entoura la chevauchée d'Hervé Kagé le Gantois, renversant tout OHL sur son passage lors de la finale/aller des play-offs 2 : on ne sortira jamais de ce pompant paradoxe dû, irrémédiablement, au fait que le foot soit un sport de contact. Aller ou ne pas aller au charbon, voilà la question ! Si tu n'y vas pas, tu te fais engueuler parce que tu ne te bats pas, et que tu perds tous tes duels.
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On n'en sortira jamais ! Je me le redis suite à la polémique qui entoura la chevauchée d'Hervé Kagé le Gantois, renversant tout OHL sur son passage lors de la finale/aller des play-offs 2 : on ne sortira jamais de ce pompant paradoxe dû, irrémédiablement, au fait que le foot soit un sport de contact. Aller ou ne pas aller au charbon, voilà la question ! Si tu n'y vas pas, tu te fais engueuler parce que tu ne te bats pas, et que tu perds tous tes duels. Au choix, selon la sensibilité de ton dénigreur, tu te ramasseras des amabilités telles que pourri, gonzesse, lymphatique, couillon, touriste, danseuse, feignant, dilettante, tapette ou poète... Mais si tu y vas en mettant toute la gomme, de tout ton coeur et sans nulle intention funeste ou vicieuse, tu risques régulièrement d'être traité de tueur, rentre-dedans, méchant joueur, boucher, bourrin ou assassin... Pourtant, et quoique ce fut douloureux pour le faciès de Gunther Vanaudenaerde, Kagé n'a fait que jouer à un sport de contact qui s'appelle le football ! Entre les deux extrêmes évoqués ci-dessus, les belles âmes croient mordicus qu'existe un juste milieu parfaitement applicable, qui exclut l'imprudence, la témérité et l'excès d'engagement que sanctionnent les Lois du Jeu : il suffirait de faire preuve d'une saine agressivité ! Mon oeil ! Vieux voeu pieux ! En foot, et même s'il existe aussi de l'antijeu salopard et caractérisé, l'agressivité prétendument malsaine n'est souvent qu'une saine agressivité qui se loupe, qui s'est trompée de cible par maladresse, manque de bol, mauvaise évaluation de la vitesse adverse... Oui, ces derniers temps, les coups de coude sont très tendance. Mais pour un réel délit à la Bjorn Ruytinx, combien de coudes très normalement égarés dans un visage qui passait par là ? Oui, les gros plans/TV nous fourguent des semelles qui font ou pourraient faire de gros dégâts à hauteur des chevilles adverses. Mais comment disputer un ballon sans mettre le pied quelque part ? Oui, des ballons rencontrent des bras écartés du corps. Mais comment surgir face au frappeur en se rangeant les bras dans les chaussettes ? Oui encore, on peut trébucher sur une jambe adverse sans qu'il y ait faute adverse, mais sans non plus se faire sanctionner comme simulateur ! Pourtant hélas, les cartons pleuvent. Autant que voici 25 ans alors que depuis, la répression (bienvenue) du tacle glissé a grandement adouci le jeu : je conseille d'ailleurs à qui en douterait de se farcir in extenso la finale Allemagne-Argentine du Mondial 90...mais mettez d'abord les gosses au lit ! Là où l'arbitre d'hier se contentait (à tort ou à raison) de siffler faute, celui d'aujourd'hui fait pleuvoir les cartons, pour des tas de gestes réellement involontaires...et qui ne seront pas forcément cartonnés par l'arbitre suivant ! D'où cette rage régulière, et ce sentiment d'injustice chevillé au foot... Fiers de leur prestigieux pouvoir d'interprétation, les arbitres rétorqueront qu'il y a la règle et l'esprit. Mouais. Sauf que dans le monde normal, il y a prioritairement et de manière prépondérante la règle, à laquelle peut parfois déroger un esprit éclairé. Tandis que dans le monde du foot, les règles sont si laxistes, si contradictoires... que les esprits éclairés foisonnent en dérogeant sans cesse, et différemment ! Chez nous, l'esprit devance la règle : d'où le boxon, qui n'est pas près de s'arrêter, car le foot est le sport de ceux qui aiment s'indigner ! Force m'est d'ailleurs d'avouer que c'est ce que je fais en ce moment, pauvre fou parmi des millions... Rien à faire, c'est un sport de contacts, on s'y cogne à toute vitesse ! Ou alors, on diminue le boxon en diminuant les contacts, c'est-à-dire en diminuant la promiscuité : en rendant aux protagonistes de l'espace d'expression ! Là, y'a pas 36 solutions, y'en a même que deux : agrandir l'aire de jeu, y compris les buts un p'tit peu...et/ou diminuer le nombre de joueurs par équipe ! Dix contre dix, deux buts de 8m sur 2m50, un terrain de 120m sur 90m... ça m'exciterait ! Je sais, ça n'arrivera pas, je me fourre le doigt dans l'oeil...et jusqu'au coude ! Nous aimons trop nous indigner." L'agressivité prétendument malsaine n'est souvent qu'une saine agressivité qui se loupe. "