Deux ans après avoir remporté la Coupe de Belgique avec La Louvière, MichaelKlukowski (24 ans depuis vendredi, il a fêté son anniversaire en mise au vert) a refoulé la pelouse du stade Roi Baudouin pour une nouvelle finale avec Bruges. Mais celle-ci s'est moins bien terminée. La défaite face au Germinal Beerschot ne l'a toutefois pas trop affecté. Il semble déjà complètement fondu dans le moule brugeois, dont les joueurs avaient certes envie de terminer la saison sur une victoire mais qui, au contraire de leurs homologues anversois, ne considéraient pas cette apothéose comme le match de l'année, voire de leur vie.
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Deux ans après avoir remporté la Coupe de Belgique avec La Louvière, MichaelKlukowski (24 ans depuis vendredi, il a fêté son anniversaire en mise au vert) a refoulé la pelouse du stade Roi Baudouin pour une nouvelle finale avec Bruges. Mais celle-ci s'est moins bien terminée. La défaite face au Germinal Beerschot ne l'a toutefois pas trop affecté. Il semble déjà complètement fondu dans le moule brugeois, dont les joueurs avaient certes envie de terminer la saison sur une victoire mais qui, au contraire de leurs homologues anversois, ne considéraient pas cette apothéose comme le match de l'année, voire de leur vie. " Le GBA a pris confiance en ouvrant la marque, et on n'a jamais trouvé la solution pour renverser la tendance ", reconnaît le Canadien d'origine polonaise. " C'est dommage, mais bon : on a simplement perdu un match et on en gagnera certainement d'autres. Cela ne m'empêchera pas de passer de bonnes vacances ". Mike devait s'envoler ce mardi pour le Canada, avant de partir au soleil avec sa compagne polonaise. Malgré son allure timide, il a appris à gérer sa carrière avec beaucoup de sérieux. Cet été, il renoncera à l'équipe nationale canadienne qui prépare la GoldCup. " Elle se dispute au mois de juillet, à une période où Bruges sera en pleine préparation pour la prochaine saison. Comme je dois m'imposer dans un nouveau club, il est préférable que je sois présent en Belgique à ce moment-là ". Très tôt, il a appris à s'émanciper et à se débrouiller. " A 7 ans, je prenais déjà l'avion tout seul pour aller retrouver mon grand-père à Pologne. Et à 15 ans, à l'initiative de WlodekLubanski que mon père avait contacté, je partais pour l'Europe afin d'aller passer des tests au Standard, puis à Lokeren. Cela ne s'était pas trop bien passé et j'étais retourné au Canada ". Mais Mike est persévérant et ce premier échec ne l'a pas démoralisé. Il a de la suite dans les idées, et malgré des premiers pas tout aussi laborieux dans le championnat de France (Saint-Etienne qui le prête à Dijon, puis Lille qui le prête à Tourcoing), il a finalement trouvé sa voie à La Louvière. Cet hiver, il a dû prendre une autre décision : partir directement à Bruges, ou terminer la saison avec les Loups. Lorsqu'on voit de quelle manière s'est terminée la saison au Tivoli, il a sans doute eu raison d'aller prendre sans tarder ses marques au stade JanBreydel : " A partir du moment où j'avais signé pour Bruges, autant partir directement. A quoi bon rester dans un club alors qu'on est déjà sous contrat avec un autre employeur ? Je n'avais plus rien à gagner en restant à La Louvière, je risquais simplement d'encourir une blessure qui aurait pu compromettre la suite. Je connaissais bien sûr les données en prenant possession de mon casier dans le vestiaire brugeois : je savais qu'avec la présence de PeterVanderHeyden, dont le départ à Wolfsburg était prévu en fin de saison, je devrais patienter quelques semaines ou quelques mois sur le banc. Mais cette perspective ne m'effrayait pas. " Son tour est même venu plus vite que prévu, puisque Van der Heyden s'est blessé et que Mike a pu achever la saison à l'arrière gauche, après avoir effectué quelques dépannages dans l'entrejeu. Petits détails amusants : c'est contre... Bruges qu'il avait disputé son premier match de championnat avec les Loups et contre... La Louvière (en Coupe de Belgique) qu'il a été titularisé pour la première fois sous le maillot bleu et noir. Personne ne l'a poussé à partir, prétend-il. " AlbertCartier aurait préféré que je reste, FilippoGaone et StéphanePauwels m'ont laissé le choix ". Comme dans l'histoire du transfert avorté vers Genk, qui avait suscité quelques remous et une grosse colère du côté du Limbourg ? " Genk m'avait contacté en premier ", reconnaît le joueur. " Puis, Bruges s'est présenté et j'ai dû effectuer un choix. Je me suis dit que Bruges est un club qui joue chaque année la Ligue des Champions ou la Coupe de l'UEFA... " La Ligue des Champions : quelle belle vitrine pour un joueur qui, secrètement continue à rêver de l'Angleterre ! " Je ne considère pas uniquement la Ligue des Champions comme une vitrine. C'est simplement une compétition fabuleuse à laquelle tout footballeur rêve. Mais il y a des footballeurs qui ont réalisé une très belle carrière en Angleterre ou en Italie, et qui n'ont jamais eu la chance de participer à la C1 ". Dans cette Ligue des Champions, il pourrait retrouver son pote PeterOdemwingie. Samedi, le Nigérian a inscrit l'un des trois buts de Lille qui a assuré sa participation aux poules de la C1 en s'imposant à Auxerre. " C'est cela aussi, l'avantage de Bruges : je peux continuer à vivre dans la banlieue lilloise, une très belle ville où je me sens bien ". Donc, plutôt Bruges qu'un club moyen de PremierLeague ? " L'Angleterre reste un objectif, mais ce sera pour plus tard ", affirme Klukowski. " J'ai le temps. J'avais déjà eu vent d'un intérêt anglais durant l'hiver, mais ces clubs n'étaient pas prêts à me faire signer tout de suite. Je devais attendre jusqu'en juin. J'ai encore trois ans de contrat à Bruges et je compte bien m'illustrer sous le maillot bleu et noir ". Mais on sait que Mike est persévérant et on doute qu'il ait fait une croix sur ses ambitions. Le choix de son nouveau manager MikkelBeck n'est sans doute pas innocent. " C'est un ancien joueur danois qui a joué en Allemagne, en Angleterre et en France ", explique-t-il. " Il a gardé de nombreux contacts dans ces pays. Il n'a pas encore sa licence d'agent FIFA, mais il travaille avec l'ancien joueur suédois MartinDahlin qui, lui, la possède. En fait, je considère davantage Beck comme un ami. Je l'avais connu jadis à Lille, à l'époque où il était pro alors que je jouais en CFA avec l'équipe Réserve. On est toujours restés en contact et il m'a souvent conseillé dans mes choix. Il m'avait toujours parlé de son intention de devenir manager plus tard. Une blessure l'a obligé à arrêter sa carrière un peu plus tôt que prévu, et lorsque la proposition de Genk est arrivée, je lui ai expliqué la situation. Il m'a conseillé d'attendre, en m'expliquant que j'étais en position de force : je jouais bien à La Louvière, dans une équipe en plein boum, et il était certain que d'autres propositions allaient arriver. Cela ne servait à rien de se jeter sur la première offre venue, au risque de le regretter par la suite. A l'époque, j'étais sous contrat avec JacquesLichtenstein et il n'y avait que Genk comme offre concrète. Mais je n'ai eu aucun problème avec mon ancien manager et qu'on a arrêté la collaboration en bons termes ". Beck, pense-t-il, est sans doute davantage susceptible de lui ouvrir des portes à l'étranger. En Angleterre ou ailleurs. " Je m'adapte partout. Et si je dois apprendre l'italien ou l'espagnol, ce ne sera pas un problème. Mais, franchement, je me sens bien à Bruges : il y a un bon groupe, une bonne ambiance ". Dans la Venise du Nord, Mike se sent comme un poisson dans l'eau. Bruges est un club taillé pour lui : son sérieux, son professionnalisme et son caractère qui l'incite à ne pas se prendre pour une vedette, sont des qualités qui ont toujours été appréciées au stade Jan Breydel. Son adaptation s'est donc faite très rapidement : " La grosse différence avec La Louvière, c'est que l'équipe est beaucoup plus en possession du ballon pendant un match. On conserve dès lors beaucoup plus d'énergie lorsqu'on se retrouve en position offensive, alors qu'à La Louvière, il fallait d'abord songer à défendre. Lorsque je montais, je devais veiller à me replier très rapidement dès qu'on perdait le ballon. Je suis satisfait de mes débuts avec Bruges, mais je n'ai pas encore montré toutes mes qualités. Lorsque j'aurai effectué la préparation avec l'équipe, je devrais encore être meilleur, surtout offensivement ". Tactiquement, le système de TrondSollied a été rapidement assimilé également : " Ce système n'est pas très compliqué. Il y a certains principes à respecter, mais cela se travaille à l'entraînement. Les lignes de course sont définies, les phases sont répétées à longueur de semaines, comme on répète ses gammes. La veille du match, on reçoit les dernières directives : on apprend si l'on doit se diriger vers le premier ou le deuxième poteau lors d'un centre ou d'un corner, par exemple. Le fait que je sois resté sur le banc au début m'a peut-être aidé : j'ai pu tout observer depuis la touche. Sollied reste très calme pendant un match. Il nous laisse faire, il sait qu'en principe, on connaît notre rôle ". Avant de prendre définitivement place à l'arrière gauche depuis la blessure de Van der Heyden, Klukowski a parfois évolué comme médian gauche ou même médian central : " Cela ne m'a pas perturbé : j'ai toujours eu l'habitude de changer de position. Au début de ma carrière, j'occupais une position beaucoup plus offensive. C'est seulement à Lille, lorsqu'un défenseur central s'est blessé, que j'ai reculé pour prendre sa place. Au début, j'étais un peu perdu. Puis je me suis habitué et, finalement, j'ai fait mon trou comme arrière gauche ". Certains réflexes d'attaquant ou de milieu offensif sont restés. Comme sa frappe, à la fois précise et puissante. On se souvient du match à Mons, où il toucha deux fois du bois sur des envois lointains : d'abord du gauche, puis du droit. " Mon père m'a souvent incité à travailler mes frappes. La frappe du gauche, je la maîtrise depuis que je suis petit. Je jouais comme attaquant dans les équipes de jeunes. C'est d'ailleurs le poste qu'occupait mon grand-père lorsqu'il était footballeur en D1 polonaise, avant et après la Deuxième Guerre mondiale. Je marquais énormément de buts grâce à mes frappes, principalement du gauche. Les frappes du droit sont moins évidentes pour moi, mais je les ai beaucoup travaillées ces dernières années et j'en recueille les fruits. Désormais, lorsque le ballon m'arrive sur le pied droit, je frappe aussi : je ne pense plus à le contrôler pour le replacer sur mon pied gauche ". Daniel Devos" Qu'aurais-je eu à gagner EN RESTANT à LA LOUVIèRE jusqu'au terme de la saison ?"