Face à Mons, samedi passé, tout avait débuté comme dans un rêve pour lui. D'abord par cette banderole déployée en tribune 2 où se détachait en lettres grasses Bedankt, Aruna, Merci. Un hommage magnifique, s'il en est, d'un public à celui qui a égayé ses soirées au RSCA depuis un lustre. Puis il y eut ce but d'anthologie, d'une volée plein angle, sur une pichenette de Christian Wilhelmsson. Du bel ouvrage, suivi encore de ces déhanchements diaboliques et services précis en faveur de ses partenaires, dont lui seul semble avoir le secret. Mais un fameux bémol quand même après une bonne heure de jeu : un bristol rouge pour une riposte un peu trop vigoureuse envers son garde-chiourme du soir, Philippe Billy. Une carte qui s'ajoute aux cinq autres qu'il avait déjà reçues depuis son entame professionnelle en Belgique en 2000. La toute dernière, probablement. Car eu égard à la sanction sportive qui attend le récidiviste, tout porte à croire que son employeur anderlechtois ne l'incitera pas à prester son ultime année de contrat au Sporting. Même si le principal intéressé pourtant courtisé par le Racing Club de Lens, entre autres, laisse encore la porte ouverte aux supputations.
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Face à Mons, samedi passé, tout avait débuté comme dans un rêve pour lui. D'abord par cette banderole déployée en tribune 2 où se détachait en lettres grasses Bedankt, Aruna, Merci. Un hommage magnifique, s'il en est, d'un public à celui qui a égayé ses soirées au RSCA depuis un lustre. Puis il y eut ce but d'anthologie, d'une volée plein angle, sur une pichenette de Christian Wilhelmsson. Du bel ouvrage, suivi encore de ces déhanchements diaboliques et services précis en faveur de ses partenaires, dont lui seul semble avoir le secret. Mais un fameux bémol quand même après une bonne heure de jeu : un bristol rouge pour une riposte un peu trop vigoureuse envers son garde-chiourme du soir, Philippe Billy. Une carte qui s'ajoute aux cinq autres qu'il avait déjà reçues depuis son entame professionnelle en Belgique en 2000. La toute dernière, probablement. Car eu égard à la sanction sportive qui attend le récidiviste, tout porte à croire que son employeur anderlechtois ne l'incitera pas à prester son ultime année de contrat au Sporting. Même si le principal intéressé pourtant courtisé par le Racing Club de Lens, entre autres, laisse encore la porte ouverte aux supputations. Aruna Dindane : La seule chose acquise avec certitude, à l'heure actuelle, c'est que mon contrat se termine le 30 juin 2006. Pour le reste, mystère et boule de gomme. Si la direction du club se montre intraitable, à l'image de ce qui s'était produit avec moi plus tôt, cette saison, après la qualification en Ligue des Champions aux dépens de Benfica, je respecterai tout simplement les clauses de mon bail jusqu'à son terme. A ce moment-là, toutefois, je serai un joueur libre car il n'entre pas dans mes intentions de prolonger mon expérience au-delà de six ans au RSCA. Non pas que je n'y sois plus heureux. Mais une demi-douzaine de saisons pour le compte d'un seul et même employeur, ce n'est pas usuel dans le milieu du football. La preuve : durant ce laps de temps, j'ai travaillé sous la coupe de trois coaches différents : Aimé Anthuenis, Hugo Broos et Franky Vercauteren. Si les entraîneurs passent, il ne me paraît pas illogique que les joueurs changent d'horizon aussi après un certain laps de temps. Je peux me tromper mais je n'ai pas l'impression que je jurerai encore fidélité durant une même période au club où j'aboutirai après mon expérience chez les Mauves. Trois ou quatre ans, c'est l'idéal. Si Manchester United, par le biais de son manager, Alex Ferguson, s'était intéressé à moi par le passé, j'en déduis que ce club avait quand même décelé en moi certaines qualités. De là à dire que j'y répondrais immédiatement à l'attente, il y a évidemment une marge. Quoi qu'il en soit, je ne me suis jamais fait de fixation sur l'étiquette. Le plus important, à mes yeux, a toujours été de progresser par rapport à mon niveau ici, en Belgique. C'est pourquoi je n'ai pas compris ou admis que certains aient fait la fine bouche en disant par exemple que West Bromwich Albion, qui était venu aux nouvelles pour moi l'été passé, ne constituait pas un point de chute idéal. Désolé mais je ne me sentais pas trop beau ou trop bon pour le cercle anglais. A mes yeux, il m'offrait tout bonnement la chance de m'exprimer dans une compétition û la Premier League û à propos de laquelle chacun admettra quand même qu'elle est d'un calibre supérieur au championnat belge. Et ce qui vaut pour l'Angleterre est, bien sûr, d'application aussi pour tout ce qui se situe au sud de la Belgique. C'est ainsi que je le conçois en tout cas, même si rien n'est fait avec les Sang et Or contrairement à ce que certains quotidiens ont écrit. La France, c'est quand même la perspective de se frotter à intervalles réguliers à de très bons clubs comme Lyon, le PSG, Monaco, Marseille et j'en passe. D'aucuns diront que le PSV, qui s'est manifesté pour moi aussi, paraît-il, est d'une autre dimension et qu'aux Pays-Bas également, j'aurais la possibilité de rencontrer des formations de pointe comme l'Ajax, Feyenoord ou l'AZ. Mais même si la Hollande avait deux de ses équipes engagées dans les demi-finales européennes, je ne pense pas que le niveau global du championnat néerlandais soit supérieur au belge. Et c'est précisément cette envie de jouer un match de type européen chaque semaine qui m'interpelle. C'est la condition expresse si je veux encore progresser tant et plus. Notre dernière campagne européenne, qui s'est soldée par un maigre 0 sur 18, m'a bien sûr amèrement déçu. Je ne comprends franchement pas ce qui s'est passé en ces diverses occasions. L'année dernière, il s'en était fallu de peu que nous franchissions le tour dans un groupe composé de belles affiches comme Lyon, le Celtic et le Bayern. Cette fois, l'opposition était plus relevée encore avec l'Inter, Valence et Brême. Mais je n'aurais quand même jamais cru que nous nous retrouverions les mains vides en fin de parcours. Il n'y a pas à dire, nous avons très mal géré tous ces matches. L'opposition était à chaque coup mieux préparée que nous. Mais ce n'est peut-être pas tout à fait un hasard : dans leur championnat respectif, ces équipes sont appelées à préparer avec soin toutes leurs confrontations. Nous, nous ne sommes en état d'alerte qu'en l'une ou l'autre occasions seulement, face à Bruges, le Standard et Genk. C'est peut-être un peu maigre. La transition, à cet égard, a été très abrupte. Il y aurait de quoi se poser d'évidentes questions si, dans le passé, je n'avais pas su tirer mon épingle du jeu dans cette compétition. Je songe notamment aux buts que j'ai inscrits contre le Real Madrid ou Manchester United voire à ma bonne performance contre Benfica cette saison. Par après, j'en conviens, je n'ai plus été tout à fait moi-même. Comme l'équipe, d'ailleurs. Je n'en fais pas mystère : j'ai livré ces derniers mois ma plus mauvaise saison pour le compte du Sporting. Pas mal d'événements se sont bousculés tout au long de cette campagne : mon départ avorté, mes démêlés avec la police au Westland Shopping Center, la mort de l'une de mes s£urs. Je n'avais pas toujours la tête au football dans ces circonstances, hélas. La dernière impression que j'aurai laissée n'aura donc pas été bien fameuse. Mais j'espère qu'elle n'occultera pas tout. Car au cours de ces cinq années passées à Anderlecht, je pense avoir apporté ma pierre à l'édifice. Je suis devenu à la fois un footballeur et un homme ici. Quand j'ai débarqué, à 19 ans, je n'étais somme toute qu'un joueur adolescent qui avait encore tout à découvrir du ballon rond et de la vie tout court. Sur le plan footballistique, je n'aurais vraiment pu rêver de meilleure destination que le Sporting. J'ai eu l'occasion de m'y familiariser avec le jeu au plus haut niveau, par intermittences au début, puis de manière beaucoup plus régulière ces trois dernières années, quand j'ai eu rang de titulaire à part entière. Les beaux souvenirs se sont multipliés pendant cette période : la Ligue des Champions, le Soulier d'Ebène, le Soulier d'Or, le Footballeur Pro de l'Année. Ce sont des choses qu'on n'oublie pas. Je me suis également fait des amis et connaissances pour la vie ici. A commencer par Bertrand Crasson. Quand je suis arrivé en 2000, il fut le tout premier à s'adresser à moi dans le vestiaire. Après m'avoir souhaité gentiment la bienvenue, il m'avait dit, à propos de Walter Baseggio : -Celui-là, surtout, tu ne lui adresses jamais la parole, car il n'en vaut pas la peine. Le ton était donné (il rit). Et cette ambiance bon enfant est toujours restée, globalement, même si sportivement, il y a eu des moments plus difficiles que d'autres. Indépendamment du fait divers pénible qui s'est passé dans la grande surface que l'on sait, je mentionnerai les cartes rouges dont j'ai été gratifié. Elles résultèrent toutes de réactions épidermiques après qu'un adversaire m'eut chatouillé le tibia, pour ne pas dire plus. Comme ce fut encore le cas contre Mons face au Français Philippe Billy. Il va de soi que je regrette ces gestes de revanche. Quand on est professionnel, il faut pouvoir assumer. Il n'empêche que jamais il n'y aurait eu riposte de ma part si l'arbitre avait d'emblée été intransigeant avec mon adversaire direct. Mais la plupart des directeurs de jeu sont trop coulants en Belgique. Il en résulte que les artistes ne sont guère ou insuffisamment protégés. Je ne prêche pas seulement pour ma chapelle. Dans d'autres clubs, il en va strictement de même. Je songe par exemple à Sergio Conceiçao au Standard, à qui il est arrivé de péter les plombs aussi. Idem au Lierse avec Marius Mitu. Tous trinquent alors qu'ils n'auraient jamais dû trinquer. On a dit pis que pendre de moi sous prétexte que je cherchais les penalties. Mais tous ceux qui se trouvent dans la même situation que moi n'optent-ils pas pour la même démarche ? J'ai vu un jour le grand Zinédine Zidane obtenir un coup de réparation en cherchant le contact dans les 16 mètres à l'occasion d'un duel avec un défenseur du Bayer Leverkusen. Sur le coup, tout le monde s'était écrié : -Bien joué. Pourquoi, dans des circonstances analogues, ferait-on la fine bouche parce que c'est moi qui suis concerné ? Ce n'est pas logique. Dans l'ensemble, je dois veiller à être encore plus cool. Je ne veux pas dire par là qu'il me faut garder davantage la tête froide lorsque les esprits sont échauffés sur le terrain et être plus serein également en zone de vérité. Un journaliste m'a dit un jour en guise de boutade qu'au lieu de dribbler deux hommes dans un mouchoir de poche, puis de tirer sur le gardien, je serais plus inspiré de dribbler les trois et de franchir la ligne de but avec le ballon collé au pied (il rit). Il n'a peut-être pas tort car j'ai parfois loupé l'immanquable après avoir fait l'essentiel. Reste que dans un entourage plus huppé, je n'aurai sûrement pas l'occasion de franchir trois hommes. Dès lors, je dois encore améliorer tant et plus ma frappe. Même s'il y a un mieux en la matière. Contre le Wisla Cracovie, j'avais marqué un but d'une frappe sèche en déplacement. C'est déjà un grand pas dans la bonne direction. Bruno Govers" Je n'ai PAS TOUJOURS EU LA TêTE AU FOOTBALL cette saison " " Je ne me suis jamais fait de FIXATION SUR L'ÉTIQUETTE "