Dans l'équipe du Standard, ce n'est pas la jeunesse qui manque. Mais le beau parcours européen attire le regard des recruteurs de clubs huppés. Marouane Fellaini a rejoint Everton l'été passé et on se doute que Steven Defour, Axel Witsel et d'autres ne s'éterniseront pas. Et on commence donc à se demander qui seront leurs successeurs ? 2009 livre de premières indications : Eliaquim Mangala (17 ans) est déjà comparé à Fellaini et, dans une moindre mesure, Mehdi Carcela (19 ans) à Defour.
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Dans l'équipe du Standard, ce n'est pas la jeunesse qui manque. Mais le beau parcours européen attire le regard des recruteurs de clubs huppés. Marouane Fellaini a rejoint Everton l'été passé et on se doute que Steven Defour, Axel Witsel et d'autres ne s'éterniseront pas. Et on commence donc à se demander qui seront leurs successeurs ? 2009 livre de premières indications : Eliaquim Mangala (17 ans) est déjà comparé à Fellaini et, dans une moindre mesure, Mehdi Carcela (19 ans) à Defour. Mangala, qui tout comme Carcela avait déjà eu droit à quelques montées au jeu en 2008 (contre le GBA et Gand en championnat, contre la Sampdoria et Stuttgart en Coupe de l'UEFA), a fêté sa première titularisation samedi contre Dender. " Certains avaient évoqué cette perspective durant la semaine, mais je n'y ai vraiment cru que lorsque j'ai vu mon nom au tableau ", dit-il. " Et ce, même si j'avais joué 90 minutes en amical contre Eupen le mercredi précédent : une mi-temps au milieu défensif et une autre à l'arrière gauche. Samedi, c'est cette dernière position que j'ai occupée. En principe, je préfère jouer dans l'axe - que ce soit dans l'entrejeu ou derrière - mais je ne vais pas faire la fine bouche. Je pense que l'entraîneur était satisfait : j'adresse la passe décisive sur le premier but de Milan Jovanovic ! "Mangala : Je joue au poste où évoluait Fellaini et j'ai également une taille imposante, même si je dois encore me muscler. A partir de là, les gens aiment comparer. C'est leur droit. Mais je ne suis pas Fellaini : il joue à Everton, chez les Diables et est un pro affirmé alors que ma carrière commence à peine. Je suis simplement Mangala... et je n'ai que 17 ans ! Carcela : Si l'on devait comparer mon jeu à celui d'un Rouche actuel, c'est effectivement de Defour dont je me rapprocherais le plus : je suis petit, vif, technique. En revanche, j'occupe une position plus avancée. J'ai peut-être des points communs avec Milan Jovanovic également, car je suis gaucher et je frappe facilement. Mais je ne prête pas attention aux éventuelles comparaisons qui pourraient naître. Comme le dirait Eliaquim : je ne suis pas Defour, je suis Carcela... et je n'ai que 19 ans ! Carcela : Un pur Rouche, qui rêve du Standard depuis qu'il est tout petit. Lorsque je suis monté au jeu pour la première fois contre Courtrai, en début de saison, mon c£ur battait très fort. Je suis né à l'hôpital de la Citadelle et, à l'exception d'un passage par deux petits clubs à un âge où je ne suis même pas certain qu'on pouvait s'affilier, j'ai fait toutes mes classes au Standard. Je suis donc un pur produit de l'Académie Robert Louis-Dreyfus, c'est déjà ma 14e saison au club. Parmi les entraîneurs que j'ai connus, j'ai été fort marqué par Simon Tahamata, qui m'a enseigné la technique. Alex Czerniatynski, lui, insistait surtout sur la finition. J'ai arrêté mes études, mais je poursuis une formation en anglais-espagnol. Outre les entraînements au Standard, j'ai beaucoup appris en jouant dans la rue. J'ai grandi à Droixhe, un quartier qui n'a pas très bonne réputation mais où j'ai développé ma technique. Mangala : Moi, je n'ai pas grandi à Droixhe. Je ne suis pas un voyou, hein ! ( Ilrit). J'ai grandi à Namur, où ma mère a émigré lorsque j'avais 5 ans. J'ai été formé dans des petits clubs de la région, puis à l'UR Namur à partir de 15 ans. Je ne suis donc pas un pur produit de l'Académie, que je n'ai rejoint qu'en 2007. J'ai dû un peu rattraper le temps perdu, lorsque j'ai débarqué. Mehdi, lui, est né ici : sur le terrain que vous voyez, là ! ( Ilrit). Actuellement, je termine mes études en sciences et sports à l'IPES Seraing. Il ne me reste que quelques mois pour avoir mon diplôme, ce serait bête d'abandonner maintenant. Lorsque j'ai intégré le noyau A, j'ai dû m'habituer au rythme plus élevé des entraînements, mais je m'y fais. Le stress, le jour des matches, je le ressens surtout à l'échauffement. Lorsque je monte au jeu, il disparaît. Mangala : Très bien. C'est un groupe soudé, où l'on ne fait pas de distinction en fonction de l'âge, et c'est aussi ce qui fait la force du Standard. Oguchi Onyewu et Mohamed Sarr m'ont un peu pris sous leur aile protectrice, et me parlent beaucoup. De Camargo également, en sa qualité de vice-capitaine. Mais les deux précités remplissent un rôle davantage similaire au mien. Carcela : C'est surtout Defour qui me guide. Logique, en fonction de la place qu'il occupe et du rôle qu'il joue. C'est un grand capitaine, il m'impressionne par son volume de jeu et sa faculté à courir sans cesse. Je n'ai pas été réellement intimidé en intégrant le noyau A, mais j'ai clairement ressenti une différence de niveau par rapport aux Espoirs. Mangala : Il y a deux ou trois mois, une convocation de l'Union Belge était arrivée pour moi dans les bureaux de Sclessin. J'étais sélectionné pour un match amical des -18 ans. Visiblement, à la Maison de Verre, on ignorait ma nationalité française ! Français tout court, même pas Franco-Congolais. Prendre la nationalité belge serait bien sûr envisageable, puisque je vis en Belgique depuis mon enfance, mais je me demande si, sur le plan footballistique, je gagnerais au change. Chez les Diables Rouges, je devrais affronter à mon poste la concurrence de joueurs comme Fellaini, Vincent Kompany et Jan Vertonghen, tous encore très jeunes. En France, la qualité est présente également dans l'axe de l'entrejeu, mais les joueurs sont plus âgés. J'ai même lu que Patrick Vieira envisagerait de mettre un terme à sa carrière internationale... Cela dit, on peut évidemment se demander si, dans l'Hexagone, on sait que je suis Français. Je n'ai jamais joué dans un club de Ligue 1 ou de Ligue 2, même pas en équipes d'âge. On verra ce que l'avenir me réservera, je ne me tracasse pas pour cela. Carcela : J'ai été international belge dans toutes les catégories, à partir des -15 ans. A l'heure actuelle, je fais partie du groupe des -20 ans, mais les matches de Coupe de l'UEFA du Standard m'ont fait louper certains stages. Mangala : Pas du tout. Dans les équipes d'âge, je jouais comme attaquant. Thierry Henry était mon idole. Lorsque je suis arrivé au Standard, comme j'étais gaucher, on a fait de moi un arrière gauche. Puis, j'ai été positionné au milieu défensif. Je peux aussi me débrouiller comme arrière central. Je préfère évoluer dans l'axe. Carcela : Croyez-le ou non, mais j'ai moi aussi joué comme arrière gauche ! C'est même la place que j'ai occupée jusqu'à 15 ou 16 ans. Ensuite, je suis monté d'un cran, pour jouer comme ailier gauche. Comme j'avais des qualités de vivacité et de débordement, je convenais assez bien pour ce poste. Mais je préfère, moi aussi, un rôle central, comme milieu offensif. Mangala : Jouer un jour en Angleterre. Ben oui, comme qui vous savez... Mais, en tant que Parisien, je suis surtout supporter du PSG. Carcela : Et moi de Marseille, n'en déplaise à Eliaquim. Barcelone me plaît beaucoup également. L'Espagne est le pays où je rêve d'évoluer plus tard. C'est le pays de mon père. Carcela : Tout à fait. Monsieur Bölöni ne veut pas que l'on partage le vestiaire du noyau A, histoire de nous faire comprendre que, si l'on a franchi un palier, on n'est pas encore arrivé. Mangala : En France, c'est une pratique courante également. Mangala : Eliaquim est un prénom biblique. L'Evangile selon saint Mathieu, je crois. Je suis catholique, comme mes parents, et très croyant. Carcela : Moi aussi, je suis croyant, mais d'obédience musulmane. Mehdi, c'est un prénom arabe : ma mère est Marocaine. Par contre, Carcela est un nom espagnol. Le patronyme complet de mon père est d'ailleurs Carcela-Gonzalez. Cette différence de religion ne nous empêche certainement pas de bien nous entendre. Mangala : On peut le dire, oui. On ne se connaît que depuis un an, mais depuis, on fait tout ensemble. On partage aussi la même chambre lors des mises au vert. Carcela : Eliaquim, c'est mon petit frère, si je peux m'exprimer ainsi. Il est grand de taille, mais il me doit le droit d'aînesse. Mangala : Je vous dirai plus facilement ce que je n'apprécie pas chez Mehdi ! ( ilrit) Il a toujours du mal à s'endormir et me gonfle avec tous ses jeux vidéos. Comme il ne dort pas la nuit, il a tendance à s'endormir en journée. Un petit verre d'eau sur la tête suffit alors à le réveiller ( ilrit). Carcela : On se chambre régulièrement, c'est vrai. Mais, sur le plan footballistique, Eliaquim est un futur grand, au propre comme au figuré. Je suis impressionné par son jeu de tête, son physique et son endurance. Et en quelques mois, il a beaucoup progressé sur le plan technique. Mangala : Mehdi, lui, a beaucoup progressé sur le plan collectif. Avant, il avait tendance à garder le ballon, il ne pensait qu'à dribbler. Je le surnomme d'ailleurs Hatem Ben Arfa. Son pied gauche est magique. Je me souviens d'un match d'Espoirs contre Genk, où l'on menait 1-0 à un quart d'heure de la fin mais où l'on s'est retrouvé en infériorité numérique. Mehdi a conservé le ballon jusqu'au coup de sifflet final. Je pense qu'il peut arriver très loin, si... ( Ilréfléchit) Mangala : S'il reste bien concentré sur son football, s'il ne s'égare pas, s'il ne fait pas de bêtises. Carcela : Pareil pour Eliaquim. Enfin, je ne me fais pas trop de soucis à ce sujet : c'est un garçon sérieux. par daniel devos- photos: reporters/ gouverneur