A Liverpool, le week-end commence dès la sortie des bureaux. Les pubs ne désemplissent pas de toute la soirée du vendredi, changeant de clientèle au fur et à mesure de l'avancée de la nuit. Le lendemain, c'est avec la bouche pâteuse et les idées embrouillées que se réveille la majeure partie des Liverpudlians. Dès 10 heures, le centre-ville grouille de supporters affichant clairement leur maillot rouge. Sur Williamson Square, le théâtre municipal qui vante les mérites des nouvelles r...

A Liverpool, le week-end commence dès la sortie des bureaux. Les pubs ne désemplissent pas de toute la soirée du vendredi, changeant de clientèle au fur et à mesure de l'avancée de la nuit. Le lendemain, c'est avec la bouche pâteuse et les idées embrouillées que se réveille la majeure partie des Liverpudlians. Dès 10 heures, le centre-ville grouille de supporters affichant clairement leur maillot rouge. Sur Williamson Square, le théâtre municipal qui vante les mérites des nouvelles représentations de La tempête de William Shakespeare côtoie le Megastore de Liverpool Football Club. Premier arrêt pour les nombreux supporters. Le magasin affiche complet, comme au plus beau jour des soldes. Les écharpes du sacre de mai 2005, les pyjamas pour bébés, les tasses, sifflets, vêtements en tous genres, assiettes, jeux de cartes. Tout s'y trouve. Aux couleurs des Reds évidemment. A midi, les hordes de fans commencent à rallier en taxi ou en bus Anfield Road. Terne en semaine, le stade des Reds re-prend des couleurs une fois le jour du match arrivé. Les programmes de Liverpool-Blackburn, l'affiche du jour, se vendent comme des petits pains. Les supporters des deux camps - difficile à imaginer en Belgique - déambulent tranquillement aux abords du stade. Certains préfèrent se presser à l'entrée des joueurs, qui arrivent un à un à une heure du début du match. D'autres vont se recueillir au pied du monument fleuri, érigé en l'honneur des victimes du drame d'Hillsborough. Les anciennes gloires sont aussi au rendez-vous et défilent devant le Main Stand. Pour cette rencontre, près de 44.000 supporters garnissent les travées d'Anfield. L'échauffement commence à réveiller le Kop - tribune la plus célèbre au monde tirant son nom d'une colline sud-africaine - qui ne sortira véritablement de sa léthargie qu'au moment d'entonner le fameux You'll never walk Alone. Comme un seul homme, tout le stade se lève, comme pour un hymne national dans nos contrées. Le match peut commencer. Première secousse sismique dans le stade lorsque Djibril Cissé provoque l'exclusion du défenseur de Blackburn, Zurab Khizanishvili. Liverpool se contente finalement du minimum en remportant les trois points sur un coup franc de Cissé. Deux minutes après le coup de sifflet final, alors que le Kop commence tout doucement à se vider de ses fidèles, les tondeuses se mettent déjà en route. Car la légende passe également par une pelouse impeccable. Au dehors, les commentaires vont bon train. Les nombreux touristes japonais prennent leurs dernières photos. Il est temps de fêter la victoire. Les pubs sont bourrés jusqu'à la gueule.