Cette semaine, j'aurais pu consacrer mon article aux exploits d'Anderlecht et de Beveren en Coupe d'Europe (défaites 5-1 et 6-1), voire à la déroute du Standard à domicile contre Bruges. Mais ces événements sportifs ne valaient pas la peine de s'étendre sur le sujet. Surtout par rapport à ce qui m'occupe aujourd'hui.
...

Cette semaine, j'aurais pu consacrer mon article aux exploits d'Anderlecht et de Beveren en Coupe d'Europe (défaites 5-1 et 6-1), voire à la déroute du Standard à domicile contre Bruges. Mais ces événements sportifs ne valaient pas la peine de s'étendre sur le sujet. Surtout par rapport à ce qui m'occupe aujourd'hui. La vie est parfois terriblement dure avec certaines personnes qui ne méritent vraiment pas que le sort s'acharne sur elles. Il était un sportif accompli, amoureux de nombreuses disciplines, près à se dépenser à tout moment. Son job de professeur d'éducation physique ne faisait qu'amplifier son envie de dépasser continuellement ses limites. Il menait de plus une vie d'ascète où l'alcool et le tabac étaient exclus, mais malgré cela, la vie ne lui a pas fait de cadeaux alors que d'autres, brûlant la chandelle par les deux bouts, sont épargnés par la fatalité. Comme dirait Calimero : -C'est trop injuste ! Tous les amateurs de foot se souviennent certainement de Patrick Mauléon qui avec une volonté énorme avait réussi à gravir tous les échelons du football belge pour parvenir à s'imposer à Saint-Trond en D1. Il avait eu 40 ans le 12 février (il était jour pour jour mon cadet d'un an) mais cela faisait des années que l'on se connaissait. Dans les années 80, il fut le coéquipier de mon frère à la Jeunesse Arlonaise, il joua également au Lorrain Arlon et à Namur avant d'effectuer le grand saut vers la D1. Il revint ensuite à Namur pour se consacrer à sa famille et à son métier. Comme adversaire, il était un modèle de régularité grâce à une mentalité et une rigueur qui faisait de lui un flanc gauche de grande qualité. Plus tard, on s'est encore beaucoup croisé quand il était revenu à Namur que nous affrontions avec les équipes que j'entraînais. Durant la saison 2000-2001, Patrick s'était inscrit au cours accéléré d'entraîneur pour joueurs de haut niveau. J'ai donc encore eu la chance de l'avoir comme élève pendant un an ; il voulait prodiguer son savoir aux jeunes où ses qualités de pédagogue allaient faire merveille. Malheureusement, la maladie de Charcot-Marie-Tooth (une atteinte neurologique évolutive des nerfs transmettant les ordres du cerveau, entre la moelle et les muscles) commençait à frapper Patrick dès le début de la session, ce qui ne l'empêcha pas d'entraîner une équipe de jeunes de Boninne, club où il était unanimement apprécié. Sa femme Véronique a tout fait pour soigner Patrick par son courage et son positivisme perpétuels mais malheureusement, le mal était incurable et il a eu raison de quatre années de lutte d'une famille terriblement unie. Véronique, continue à te battre comme tu l'as toujours fait et tes trois petites filles vont certainement t'y aider. Sois sûr que Patrick va rentrer au paradis des footeux et peut-être retrouver Claude Bissot emporté par le même type de mal et ancien du Lorrain comme lui. Salut Pat', tu seras toujours présent dans nos pensées ! Étienne DelangrePatrick Mauléon avait réussi à gravir TOUS LES éCHELONS DU FOOTBALL BELGE