A rnar Vidarsson (33 ans), c'est bientôt 350 matches dans notre D1 avec Lokeren (deux passages) et à présent le Cercle. Aussi une grosse quarantaine d'apparitions en première division hollandaise, en plus de quelques rencontres dans l'élite islandaise en début de carrière. Un parcours qui force le respect. Mais un style de jeu qui suscite les critiques, parfois jusqu'au dégoût. Portrait d'un viking un peu tueur et volontiers comédien.

Pas difficile de trouver des joueurs qui attaquent le comportement de ce médian défensif. Le dernier ? Julien Gorius après la victoire du Cercle contre Malines : " Vidarsson est un joueur intelligent mais il n'est pas correct. Il n'arrête pas de faire des fautes vicieuses. Il agit dans le dos de l'arbitre. Il excite les adversaires. Et chaque fois qu'il y a un incident, comme par hasard, il est impliqué. Rien que pour son attitude, j'espère que le Cercle ne participera pas aux PO1. "

Les mots du Français résument bien ce que beaucoup de footballeurs pensent. Vidarsson est un dur qui a grandi dans une famille de footeux (tous dingues de Liverpool) de la région de Reykjavik. Son père a été capitaine de l'équipe islandaise. Arnar a un frère, David, qui a joué en Norvège, en Suède et même deux matches avec Lokeren. Et un autre, Bjarni, qui est à Malines après avoir fait ses débuts pros à Everton. Le père est aujourd'hui président de l'un des meilleurs clubs islandais, Hafnarfjördur.

" Lokeren m'a trop vite oublié "

Retour sur le jeu musclé du gars du Cercle, pote d'enfance d' EidurGudjohnsen. En novembre 2011, c'est Milan Jovanovic qui est piégé par la " méthode Vidarsson ". Le Mauve l'effleure à peine, le Viking tombe comme s'il était au bord du KO, l'arbitre exclut Jova qui réagit bien : " Moi, je marche au fair-play. Vidarsson n'a pas été sport mais je le comprends, je ne lui en veux même pas, il a fait son boulot, à sa manière. " Un jour où il retourne à Lokeren (où il a passé plus de huit saisons), il s'accroche avec Ivan Leko qui finit par lui mettre un coup de coude pas vraiment violent, Vidarsson s'écroule à nouveau. Et il est pris en grippe par son ex-public. " Soit les gens oublient vite ce qu'on a fait pour eux, soit il y a une nouvelle génération de supporters qui ne savent pas que j'ai joué pendant autant d'années pour ce club ", dira-t-il.

Les incidents comme ceux-là ne sont pas rares mais il y a une autre réalité, très positive : l'ardeur et l'efficacité de Vidarsson font des merveilles et il est l'un des joueurs les plus rentables du Cercle. On devrait se le farcir encore un peu puisqu'il a un contrat pour la saison prochaine - et il est déjà plus ou moins convenu qu'il intègre le staff brugeois dès qu'il raccrochera. " Le foot belge me convient à fond. J'ai fait un crochet aux Pays-Bas, à Twente puis à De Graafschap. Mais ça n'a pas marché. Je suis arrivé ici à 19 ans et j'ai suivi une post-formation très belge. On demandait à un médian défensif d'arracher des ballons et de les donner proprement à un coéquipier. A mes débuts à Lokeren , je ne faisais que récupérer et passer à Ronny Van Geneugden ou à ChrisJanssens. Aux Pays-Bas, on veut autre chose. J'ai connu le même problème quand je suis arrivé au Cercle. Glen De Boeck voulait que je participe aux actions. Je n'y arrivais pas et je n'ai pas énormément joué. "

" Traitez-moi de salaud ! "

Et cette réputation de bad boy ? Gêné ? Rien de tout ça : il l'assume. Fièrement. " Sur un terrain, je n'ai pas d'amis. A la limite, je ne vois pas les visages. La seule chose qui compte, c'est gagner. On me traite parfois de salopard. Mais c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire ! Dans chaque match, j'espère qu'au coup de sifflet final, les adversaires me considèrent comme un salaud. Ça veut dire que j'ai été bon. Je fais parfois de la comédie quand il y a une faute sur moi ; et alors ? Est-ce que je me plains quand c'est un attaquant adverse qui simule pour recevoir un coup franc bien placé ? Et je n'ai pas besoin qu'on complimente mon jeu. Je veux rendre service à mes dirigeants, mes entraîneurs et mes équipiers. Le reste n'a aucune importance. "

Son frère malinois confirme : " Arnar ne sera jamais le footballeur le plus populaire. Ce qu'il fait n'est pas toujours beau mais il exploite à fond ses petits moyens. Il n'est pas très sportif mais il est efficace. Quand j'étais à Roulers, je l'ai affronté contre le Cercle. J'ai dû me retenir pour ne pas lui coller une bonne claque, tellement il m'énervait. Mais après la rencontre, nous sommes redevenus frères. Des joueurs de Malines m'ont demandé s'il n'était pas fou. Dans ces cas-là, je ne peux même pas prendre sa défense, je n'ai pas d'arguments. Il prend ses responsabilités et je n'y peux rien s'il est de ma famille. Oui, c'est un salopard. "

PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO :REPORTERS

" En match, j'ai dû me retenir pour ne pas lui coller une bonne claque. " (son frère Bjarni, joueur de Malines)

A rnar Vidarsson (33 ans), c'est bientôt 350 matches dans notre D1 avec Lokeren (deux passages) et à présent le Cercle. Aussi une grosse quarantaine d'apparitions en première division hollandaise, en plus de quelques rencontres dans l'élite islandaise en début de carrière. Un parcours qui force le respect. Mais un style de jeu qui suscite les critiques, parfois jusqu'au dégoût. Portrait d'un viking un peu tueur et volontiers comédien. Pas difficile de trouver des joueurs qui attaquent le comportement de ce médian défensif. Le dernier ? Julien Gorius après la victoire du Cercle contre Malines : " Vidarsson est un joueur intelligent mais il n'est pas correct. Il n'arrête pas de faire des fautes vicieuses. Il agit dans le dos de l'arbitre. Il excite les adversaires. Et chaque fois qu'il y a un incident, comme par hasard, il est impliqué. Rien que pour son attitude, j'espère que le Cercle ne participera pas aux PO1. " Les mots du Français résument bien ce que beaucoup de footballeurs pensent. Vidarsson est un dur qui a grandi dans une famille de footeux (tous dingues de Liverpool) de la région de Reykjavik. Son père a été capitaine de l'équipe islandaise. Arnar a un frère, David, qui a joué en Norvège, en Suède et même deux matches avec Lokeren. Et un autre, Bjarni, qui est à Malines après avoir fait ses débuts pros à Everton. Le père est aujourd'hui président de l'un des meilleurs clubs islandais, Hafnarfjördur. Retour sur le jeu musclé du gars du Cercle, pote d'enfance d' EidurGudjohnsen. En novembre 2011, c'est Milan Jovanovic qui est piégé par la " méthode Vidarsson ". Le Mauve l'effleure à peine, le Viking tombe comme s'il était au bord du KO, l'arbitre exclut Jova qui réagit bien : " Moi, je marche au fair-play. Vidarsson n'a pas été sport mais je le comprends, je ne lui en veux même pas, il a fait son boulot, à sa manière. " Un jour où il retourne à Lokeren (où il a passé plus de huit saisons), il s'accroche avec Ivan Leko qui finit par lui mettre un coup de coude pas vraiment violent, Vidarsson s'écroule à nouveau. Et il est pris en grippe par son ex-public. " Soit les gens oublient vite ce qu'on a fait pour eux, soit il y a une nouvelle génération de supporters qui ne savent pas que j'ai joué pendant autant d'années pour ce club ", dira-t-il. Les incidents comme ceux-là ne sont pas rares mais il y a une autre réalité, très positive : l'ardeur et l'efficacité de Vidarsson font des merveilles et il est l'un des joueurs les plus rentables du Cercle. On devrait se le farcir encore un peu puisqu'il a un contrat pour la saison prochaine - et il est déjà plus ou moins convenu qu'il intègre le staff brugeois dès qu'il raccrochera. " Le foot belge me convient à fond. J'ai fait un crochet aux Pays-Bas, à Twente puis à De Graafschap. Mais ça n'a pas marché. Je suis arrivé ici à 19 ans et j'ai suivi une post-formation très belge. On demandait à un médian défensif d'arracher des ballons et de les donner proprement à un coéquipier. A mes débuts à Lokeren , je ne faisais que récupérer et passer à Ronny Van Geneugden ou à ChrisJanssens. Aux Pays-Bas, on veut autre chose. J'ai connu le même problème quand je suis arrivé au Cercle. Glen De Boeck voulait que je participe aux actions. Je n'y arrivais pas et je n'ai pas énormément joué. " Et cette réputation de bad boy ? Gêné ? Rien de tout ça : il l'assume. Fièrement. " Sur un terrain, je n'ai pas d'amis. A la limite, je ne vois pas les visages. La seule chose qui compte, c'est gagner. On me traite parfois de salopard. Mais c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire ! Dans chaque match, j'espère qu'au coup de sifflet final, les adversaires me considèrent comme un salaud. Ça veut dire que j'ai été bon. Je fais parfois de la comédie quand il y a une faute sur moi ; et alors ? Est-ce que je me plains quand c'est un attaquant adverse qui simule pour recevoir un coup franc bien placé ? Et je n'ai pas besoin qu'on complimente mon jeu. Je veux rendre service à mes dirigeants, mes entraîneurs et mes équipiers. Le reste n'a aucune importance. " Son frère malinois confirme : " Arnar ne sera jamais le footballeur le plus populaire. Ce qu'il fait n'est pas toujours beau mais il exploite à fond ses petits moyens. Il n'est pas très sportif mais il est efficace. Quand j'étais à Roulers, je l'ai affronté contre le Cercle. J'ai dû me retenir pour ne pas lui coller une bonne claque, tellement il m'énervait. Mais après la rencontre, nous sommes redevenus frères. Des joueurs de Malines m'ont demandé s'il n'était pas fou. Dans ces cas-là, je ne peux même pas prendre sa défense, je n'ai pas d'arguments. Il prend ses responsabilités et je n'y peux rien s'il est de ma famille. Oui, c'est un salopard. "PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO :REPORTERS " En match, j'ai dû me retenir pour ne pas lui coller une bonne claque. " (son frère Bjarni, joueur de Malines)