Sept septembre 2017 : Norbert De Ganck (79 ans), exploitant de l'Hôtel Lepelbed à Melle, inscrit le nom de Giorgi Chakvetadze dans son registre. C'est dans ce 3 étoiles que Gand héberge provisoirement ses étrangers. Contrairement au Canadien Jonathan David et à l'Américain Jordan Saint-Louis, l'international géorgien n'est pas en test.
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Sept septembre 2017 : Norbert De Ganck (79 ans), exploitant de l'Hôtel Lepelbed à Melle, inscrit le nom de Giorgi Chakvetadze dans son registre. C'est dans ce 3 étoiles que Gand héberge provisoirement ses étrangers. Contrairement au Canadien Jonathan David et à l'Américain Jordan Saint-Louis, l'international géorgien n'est pas en test. Âgé de 18 ans, il est arrivé du FC Dinamo Tbilissi, 16 fois champion de son pays, par l'intermédiaire de Roger Henrotay et de l'ancien joueur du Standard Lasha Jakobia. Chakvetadze a signé un contrat jusqu'en 2020 avec les Buffalos. Vif et optimiste, De Ganck est avant tout un homme de cyclisme. Cuisinier, il a suivi de près les carrières d' Eddy Merckx, Bjarne Riis, Laurent Jalabert et Ivan Basso. Devenu patron d'hôtel, il a notamment accueilli Bryan Ruiz, Roberto Rosales, Lovre Kalinic, Samuel Kalu, Ricardo Avila et José Rodríguez mais son chouchou, c'est le dribbleur roumain Alin Stoica, qui a joué au Stade Otten de 2006 à 2008. Aujourd'hui encore, l'ex-médian lui téléphone chaque année à Noël et au Nouvel An. Dans la salle du petit déjeuner de l'hôtel, on parle toutes les langues. De Ganck l'avoue : Google Translate l'aide beaucoup. Chakvetadze est différent des autres. Il ne parle pas beaucoup. Bart Van Renterghem, Ward Diricks et Etienne De Wispelaere, les entraîneurs et délégués des espoirs du club gantois, s'en aperçoivent aussi. Lorsqu'ils veulent titulariser l'attaquant géorgien aux côtés de l'Ukrainien Roman Yaremchuk avant le match de championnat face à Ostende, la séance de théorie n'est pas facile. Introverti, Chakvetadze n'ose rien dire et il ne fait que balancer la tête en signe d'approbation, avec un sourire désarmant. Alors que les entraîneurs utilisent des slides pour éclaircir certaines situations, le Géorgien se tient droit comme un I sur sa chaise. Mais une fois le coup d'envoi donné, il se transforme. Yves Vanderhaeghe, alors entraîneur des Côtiers, constate les dégâts : avec ses deux nouvelles recrues, Gand mène 3-0 après un quart d'heure. En bonne partie grâce aux actions individuelles de Chakvetadze et à la profondeur, à la vitesse et au sens du but de Yaremchuk. L'Ukrainien, que les supporters ont surnommé Chouk, est le principal relais de Chak. Avant cela, Gand a eu deux autres Géorgiens : Georgi Beridze et Jemal Tabidze. Beridze, un ailier gauche arrivé du FC Zestafoni en juillet 2015, ne s'est pas imposé. De janvier à fin juin 2017, il a été prêté à l'AS Trencin, en Slovaquie. Depuis le 8 août, il est à nouveau loué au Ujpest FC, en Hongrie. Lui aussi est resté longtemps renfermé. Gêné par la barrière de la langue, il a passé beaucoup de temps dans son appartement. Tabidze, un défenseur, est arrivé en même temps du FC Saburtalo Tbilissi. Comme son compatriote, et malgré son statut d'international, il n'est jamais sorti des U21. Fin février 2017, il est parti sans bruit à Ural, un club russe de Iekaterinbourg qui évolue en D1. Cinq mois plus tard, il est reparti au FK Ufa. Afin de faciliter l'intégration des jeunes étrangers, Patrick Lips, directeur de la communication, et Luc D'Haenens, responsable de la cellule sociale, mettent un interprète à leur disposition. Pour Chakvetadze, leur choix se porte sur Daniëlle De Smet, compagne de Lips et ex-professeur d'anglais à la Haute Ecole Artevelde. Elle explique à Chakvetadze et à sa famille qu'elle veut bien lui apprendre l'anglais mais qu'il doit s'efforcer d'être moins timide. Giorgi montre alors tout de suite qu'il est un gagneur et, aujourd'hui encore, ses notes de cours sont toujours parfaitement en ordre. Il passe ainsi très vite des expressions courantes au dialogue. Une fois à l'aise, il se met même à parler de football avec son professeur qui, au fil du temps, devient sa deuxième maman. Dans un premier temps, c'est elle qui s'occupe de tous ses papiers, va à la banque, paye les factures et paramètre son smartphone. Lips imagine également d'autres solutions afin de faciliter l'intégration de Chakvetadze. C'est ainsi qu'à la Haute Ecole Artevelde, son ancien employeur, il déniche Georgi Merkwiladze, un étudiant qui a quatre ans de plus que Chakvetadze et parle géorgien mais aussi anglais. À la demande de De Smet, Merkwiladze établit très vite le contact avec Mtvarisa, la maman de Chakvetadze - une ancienne institutrice primaire - et son frère ainé, Omari, qui ont accompagné le joueur de Tbilissi tandis que son père et son autre frère, Irakli, sont restés au pays. Des rares discussions au sujet de la famille, il semble qu'Irakli vende des poulets. Au début, Mtvarisa et Omari effectuent des allers-retours car leur visa n'est valable que pour trois mois. Très vite, le club trouve un appartement pour Giorgi à Gentbrugge, à un jet de pierre de l'ancien stade de La Gantoise, dont il ne reste plus rien aujourd'hui. Comme il n'a pas de permis de conduire, c'est son frère Omari qui le conduit à l'entraînement à Oostakker ou à la Ghelamco Arna. Chakvetadze aime passer du temps dans son appartement mais il a déjà découvert Gand. L'an dernier, sur le marché de Noël, il a mangé des croustillons et des gaufres de Liège. Il aime aussi les spare ribs mais pas les moules. Un jour, De Smet lui a fait une surprise : elle a préparé du khinkali, un plat géorgien typique fait de pâte feuilletée et de hachis. Une autre fois, le chef étoilé Danny Horseele en a fait à la Ghelamco Arena, l'accompagnant d'une autre spécialité : le chatsiapuri, du pain avec des oeufs et du fromage fondu. Merkwiladze, qui étudie aujourd'hui à Bruxelles, organise tous les six mois à Gand un repas pour les étudiants en Erasmus. Jusqu'ici, Chakvetadze a toujours décliné l'invitation. Il n'aime pas les grands groupes car il reste très réservé. Il ne se lâche qu'en compagnie de ses copains, se montrant alors très curieux. Il pose beaucoup de questions. Depuis le 18 juillet de cette année, Gand compte un autre Géorgien : Giorgi Kvilitaia (25 ans), un célibataire qui s'est tout de suite comporté comme un grand frère avec Chakvetadze, qu'il accompagne chaque jour. Chak adore le football : à la télé, il aime regarder son idole, Cristiano Ronaldo. C'est à cause de lui qu'il a choisi le numéro 7 à Gand. Il a même changé de club favori sur PlayStation : désormais, il joue avec la Juventus et plus avec le Real Madrid. Ou alors, il opte pour l'équipe nationale belge. Il a beaucoup d'admiration pour les Diables Rouges. Plusieurs fois par semaine, Chakvetadze, Merkwiladze et Kvilitaia se retrouvent pour boire du thé ou du café, parler ou jouer aux cartes. Entre eux, ils s'appellent les Trois Sages. Mais le plus chouette, c'est quand maman Chakvetadze ou Kvilitaia font à manger. Chez les Géorgiens, la convivialité n'est pas un vain mot. Kvilitaia, qui a quitté la Géorgie pour la Hongrie à l'âge de 18 ans, est fan de mode. L'attaquant, qui se remet d'une fracture de la cheville gauche encourue lors d'un entraînement avec son équipe nationale, début septembre, a déjà présenté son super style à Chakvetadze. Les deux hommes ont été aperçus dans plusieurs boutiques du centre-ville. Après avoir fait leurs achats, ils se rendent dans un café où ils boivent du thé noir avec du sucre. Ou alors, ils vont jouer au bowling. Et même là, Chakvetadze ne peut pas cacher son côté perfectionniste. Au sein du noyau des Buffalos, il s'épanouit de plus en plus depuis qu'il est titulaire. Il a même défié l'entraîneur-adjoint Peter Balette au billard dans la salle des joueurs. Et il a gagné ! Son frère Omari qui, avant de venir en Belgique avec Giorgi, était danseur populaire dans une compagnie, s'exprime désormais un peu en néerlandais. Il suit un cours d'intégration, ce qui lui a permis d'obtenir un permis de séjour pour un an. La semaine dernière, la famille a vécu un grand jour : papa Chakvetadze, qui travaille dans la logistique au Dinamo Tbilissi, est venu en Belgique pour la première fois. Il restera jusqu'à la fin de l'année. Cela ne peut que faire du bien à Giorgi.