AARON MOKOENA / Blackburn Rovers

Tous les matches de la Premier League ne valent pas le coup d'£il mais le cadre, l'ambiance et l'engagement compensent beaucoup de choses. Même s'il y a parfois des limites techniques et même si c'est une belle soirée de printemps à Anfield Road, à Liverpool ? Car le spectacle est d'un si piètre niveau que l'ambiance du stade mythique en pâtit. Le célèbre kop se tait. Liverpool, alors en pleine lutte pour une qualification européenne, affronte les Blackburn Rovers, qui se dégagent progressivement de la zone rouge. Le match est dur, le rythme élevé, les duels engagés mais les deux gardiens n'aperçoivent pas le ballon et le touchent encore moins.
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Tous les matches de la Premier League ne valent pas le coup d'£il mais le cadre, l'ambiance et l'engagement compensent beaucoup de choses. Même s'il y a parfois des limites techniques et même si c'est une belle soirée de printemps à Anfield Road, à Liverpool ? Car le spectacle est d'un si piètre niveau que l'ambiance du stade mythique en pâtit. Le célèbre kop se tait. Liverpool, alors en pleine lutte pour une qualification européenne, affronte les Blackburn Rovers, qui se dégagent progressivement de la zone rouge. Le match est dur, le rythme élevé, les duels engagés mais les deux gardiens n'aperçoivent pas le ballon et le touchent encore moins. C'est notamment dû à Aaron Mokoena (24 ans), le Sud-Africain qui évoluait dans l'axe défensif au Germinal Beerschot et au RC Genk, mais qui opère plutôt devant la défense de Blackburn, disposé en 4-5-1. Mokoena comble toutes les brèches, ne recule devant aucun duel, aucun effort et renvoie même Steven Gerrard dans son camp en seconde période, grâce à une bonne pression. Mokoena est conscient de la médiocrité du spectacle mais est content. Il découvre ses dents blanches en un large sourire après le match : -It's good for us. Depuis son transfert de Genk à Ewood Park, Mokoena est devenu un élément déterminant sur le terrain. Il apprécie ce rôle de leader. Il n'a guère eu de problèmes d'adaptation. " Je ne suis plus un bleu. J'ai joué aux Pays-Bas et en Belgique, je suis capitaine de l'équipe d'Afrique du Sud, j'ai participé aux Jeux Olympiques. Cela m'a conféré un énorme boost, donc je n'ai pas eu de problèmes à Blackburn. J'ai toujours rêvé de jouer en Europe. Il faut bien commencer quelque part. Dans mon cas, c'était à l'Ajax, où j'ai reçu quelques occasions de jouer en équipe fanion, puis au Germinal Beerschot. Un joueur se voit bien dans un grand club mais je me sens bien à Blackburn. J'ai vraiment fait le bon choix Je joue énormément -NDLR : parti au mercato d'hiver après 12 matches avec Genk, Mokoena arrive à 16 matches de championnat et cinq de Cup en une demi-saison ". Pourtant, son transfert du RC Genk à Blackburn a connu quelques ratés. Mokoena a réussi son test sous les yeux de l'entraîneur Mark Hughes mais les négociations ont été ralenties par la somme de transfert. " C'était une situation spéciale ", soupire Mokoena. " Genk ne voulait pas me laisser partir, et surtout pas René Vandereycken car je pouvais évoluer à deux positions et, comme il le disait, le club devrait acheter deux footballeurs pour me remplacer. C'était difficile pour lui mais je voulais vraiment rejoindre l'Angleterre. Avant mon test, le président Jos Vaessen a informé Blackburn de mon prix : 300.000 euros. Ce n'est pas trop, en soi, et ce n'était pas un problème pour Blackburn mais Vaessen pensait que je ne réussirais pas mon test. Lorsque Blackburn a voulu conclure le transfert, Vaessen a brusquement relevé la barre à 500.000 euros. J'étais perplexe car jusqu'alors, j'avais toujours eu confiance en Jos Vaessen. J'étais très déçu car je risquais de perdre beaucoup d'argent. Jamais Genk n'aurait pu m'offrir ce que je pouvais gagner à Blackburn. Je me sentais floué. Blackburn a finalement payé les 500.000 euros et j'ai été qualifié. J'ai joué les premiers matches comme défenseur central puis Mark Hughes m'a fait glisser dans l'entrejeu, où l'équipe avait besoin d'un gabarit et de puissance. Cela ne m'a pas posé problème, puisque j'avais déjà évolué à ce poste à Genk. Thanks to René. Vandereycken a été le premier entraîneur à m'aligner à cette position et il m'a appris à y tirer mon épingle du jeu ". Quand Mokoena a débarqué à Ewood Park, en janvier, l'équipe avait déjà retrouvé une spirale positive, grâce à Mark Hughes, qui avait remplacé Graeme Souness à la mi-septembre. " J'ai été présenté officiellement avant le coup d'envoi du match contre Charlton. J'ai dû me placer dans le rond central. Les applaudissements que j'ai reçus étaient énormes. Les supporters avaient vraiment l'air impatients de me voir à l'£uvre. Une semaine plus tard, j'ai effectué mes débuts en Coupe contre Cardiff City. J'ai voulu montrer d'emblée ce dont j'étais capable. Mark Hughes allait retirer le meilleur de moi-même et gommer mes points faibles. Je dois faire circuler le ballon plus vite, mieux me démarquer. Un défenseur pense avant tout à défendre mais à mon poste, je dois davantage observer le jeu, surtout en PremierLeague ". Mokoena a signé un contrat de deux ans et demi à Blackburn et est déjà impatient d'entamer la saison prochaine : " Nous visons avant tout le maintien. Si nous voulons relever la barre à l'avenir, il nous faudra plus de créativité. Nous avons des buteurs mais nous devons nous créer davantage d'ouvertures. C'est là que le bât blesse ". Il habite à Wilmslow, tout près de l'aéroport de Manchester, à une heure de Blackburn. " Blackburn is like Genk, it's crap, il n'y a rien ", rit-il. Il aime vivre près de l'aéroport pour rendre plus aisément visite à ses amis belgesDaniel Cruz, Agyeman Dickson et Justice Wamfor ou quand il doit rejoindre l'Afrique du Sud pour ses obligations internationales. Bolton, une ville sise à 20 kilomètres de Manchester, n'a pas grand-chose à offrir. Le Reebokstadium, en dehors du centre, offre cependant à la ville une perle d'architecture contemporaine. Malheureusement, la grisaille de cette fin d'après-midi ne met pas l'arène en valeur, du moins pas de l'extérieur. Lorsqu'on y pénètre, en revanche, les sièges bleus et rouges bien nettoyés accrochent le regard. Fièrement, Khalilou Fadiga, nous pilote jusqu'à la partie la plus chic de l'arène où il n'a pas encore beaucoup joué. Au total de la saison, il totalise seulement trois matches de FA Cup et cinq montées au jeu en championnat. Le Sénégalais, qui a maintenant 30 ans, est déçu d'avoir reçu aussi peu d'occasions de prouver sa valeur la part de l'entraîneur Sam Allardyce. Heureusement, tous ses problèmes cardiaques appartiennent au passé. Quand Fadiga a été transféré d'Auxerre à l'Inter, il y a deux ans, le club milanais a diagnostiqué de l'arythmie pendant les tests médicaux d'usage. D'un coup, l'avenir sportif de l'ancien joueur de Lommel et du Club Bruges s'est voilé. Après une opération et 16 mois d'inactivité, ses problèmes semblent résolus. Fadiga a signé un contrat jusqu'en fin de saison passée aux Bolton Wanderers, pensionnaires de la Premier League, où il a reçu sa première chance en octobre dernier. Une entrée au jeu d'un petit quart d'heure contre Crystal Palace : " Rejouer dans un stade comble après une absence aussi longue m'a procuré une sensation fantastique. Des journalistes sont venus d'Italie, une équipe tv de France. Redevenir footballeur était merveilleux ". Deux semaines plus tard, pendant l'échauffement, avant le match de Coupe de la Ligue contre Tottenham, il s'est effondré. Panique générale : " Pourtant, il n'y avait guère de raisons de s'affoler. Une décharge d'adrénaline était à l'origine de ce malaise. Ce n'était pas grave du tout, même si je puis comprendre cette inquiétude et les questions qui se sont ensuite posées. Deux jours plus tard, on a décidé de m'implanter un défibrillateur, qui contrôle mes arythmies cardiaques. C'est un chip gros comme une pièce de monnaie. Il doit régler tous les problèmes que j'ai connus auparavant. Des sportifs américains de haut niveau vivent avec ce machin. Il faut deux mois aux muscles qui l'entourent pour se cicatriser et pendant ce temps, on ne peut rien faire ". A sa façon de raconter ses problèmes, on pourrait croire que Fadiga ne s'est jamais tracassé. Il veut oublier le passé. Seul l'avenir compte : " Je suis devenu plus introverti. Quand on m'adresse la parole, je réponds mais je noue moins facilement des contacts. Je ne parle plus qu'aux gens que je connais alors qu'avant, j'adressais la parole à tout le monde, simplement pour faire plaisir. Maintenant, je pense d'abord à moi. Oui, je suis devenu plus égoïste ". Moins agressif, aussi ? " C'est étrange qu'on m'en parle aussi souvent. Durant tout mon séjour à Bruges, je n'ai pris qu'une seule carte rouge, après un incident avec ToniBrogno, qui s'était vite laissé tomber après une petite poussée. Je ne sais pas perdre, je me donne toujours à fond. Je suis un révolutionnaire. Je ne me laisse pas diriger car je suis un leader. Je déteste qu'on me prenne pour un imbécile. J'ai grandi dans le quartier parisien de Barbès, dans le 18e. C'est un des plus grands quartiers à problèmes de la ville où les habitants se méfient les uns des autres quand ils ne se connaissent pas bien. Ils maintiennent toujours une certaine distance envers les nouveaux venus. L'autodéfense demeure donc un réflexe, chez moi. Je suis toujours sur le qui-vive. Je suis sorti de ce ghetto mais il reste en moi ". Bolton est tout à fait rassuré quant à la santé de Fadiga. Il lui a proposé une prolongation de contrat d'un an ou deux mais il hésite : " J'ai envie de retourner en Belgique. Noah a cinq ans et fréquente une école belge. Ma femme ne peut passer beaucoup de temps ici. Cela commence à me peser. En semaine, je suis généralement seul dans notre appartement, à mi-chemin entre Manchester et Bolton. Ils viennent aussi souvent que possible mais ce n'est pas une vraie vie de famille. En plus, je ne joue pas beaucoup. On n'a pas vraiment besoin de moi, à cause des bons résultats. D'où mes hésitations. Peut-être Bolton veut-il éviter que d'autres clubs s'intéressent à moi en ne m'alignant pas... Si je prolonge mon bail, je serai une valeur sûre la saison prochaine mais j'aimerais revenir en Belgique quand même. Mon c£ur est toujours au Club Bruges. J'ai tissé des liens spéciaux avec ce club. Savez-vous que quand je suis en Belgique et que je vais voir Bruges, je m'installe tout simplement au milieu des supporters ? Après le match de Coupe à Alost, j'ai parlé avec Antoine Vanhove, MarcDegryse et TrondSollied et je suis même monté dans le bus serrer la main des joueurs. Ce qui m'attire à Bruges ? Il y a des clubs où on ne fait que passer, d'autres où on souhaite rester ou revenir plus tard. C'est le cas du Club. La rage de vaincre du groupe me plaît. J'aime le football de haut niveau. J'ai donc mes préférences. Je suis prêt à consentir un effort financier pour me sentir à nouveau heureux sur le plan privé. Nous construisons à Affligem, bien que ça puisse attendre. D'autre part, mes problèmes cardiaques ne m'ont pas encore permis de savourer vraiment la Premier League. Je voulais faire mes preuves ici. Ce qui me plaît à Bolton, c'est la façon dont nous préparons un match. Très relax. Quand nous jouons à domicile, nous arrivons une heure et quart avant le coup d'envoi. Nous n'allons jamais au vert. A Auxerre, c'était la coutume chaque semaine, même quand nous évoluions à domicile. Selon moi, ce n'est pas la meilleure façon de préparer un rendez-vous ". Bell Lane, au c£ur du Hertfordshire, à quelques kilomètres au nord de la capitale. Arsenal s'est établi ici, au vert. Le centre d'entraînement est sévèrement gardé. Nous passons deux postes de contrôle pour arriver à la salle de presse. Après avoir officialisé notre présence d'une signature, nous sommes conduits à la salle, immense, au premier étage, par un homme sympathique de type sud européen. Les caméras sont prêtes pour la conférence de presse d'avant match d' Arsène Wenger. L'entraînement s'est prolongé et pour passer le temps, les journalistes anglais dévorent des sandwiches. Les interviewes individuelles ont lieu dans des petites pièces spécialement conçues. On nous annonce que - Mister Eboué is happy to meet you after the training, room 14. Honoré par l'intérêt de sa deuxième patrie, Emmanuel Eboué raconte ses premiers mois à Arsenal qu'il a rejoint en janvier dernier : " Je me suis rapidement intégré. L'ambiance qui règne au sein de l'équipe, le respect et les conseils que me prodiguent mes grands frères y ont largement contribué, comme à Beveren. Je ne considère pas seulement les Africains français comme mes grands frères mais tous mes coéquipiers. Pour moi, un club est une grande famille avec laquelle on vit jour après jour. Comme à Beveren, nous pouvons mettre de la musique haut dans le vestiaire avant un match, à domicile comme en déplacement. Cela ne dérange pas. Au contraire, ça stimule la concentration. Contrairement à Beveren, nous ne mettons pas uniquement de la musique africaine mais aussi de l'européenne. Ici, au complexe d'entraînement, il y a de la musique tous les jours. Quand j'étais encore très jeune, à Abidjan, à l'académie de Jean-Marc Guillou, je rêvais de rejoindre l'Europe. Je priais le ciel de me donner les capacités physiques nécessaires. Si je suis ici, je le dois aussi à mes coéquipiers et au staff technique de Beveren. Le coach Herman Helleputte était comme un père. Il nous écoutait et était compréhensif quand nous faisions une faute. Chaque club a ses règles spécifiques. Helleputte se contentait généralement d'un savon, sachant que nous regrettions vite nos erreurs. Le coach Arsène est sévère mais aussi très gentil. On voit qu'il est passionné par son métier. Beveren a été mon premier club en Europe. Partout où je vais, je loue Beveren. On peut dire ce qu'on veut de Guillou mais il a fait beaucoup pour nous. Il nous a formés, fait devenir ce que nous sommes. A Abidjan, tout le monde me disait que j'avais le talent requis pour réussir, à condition de travailler d'arrache-pied. Alors, on parlerait de moi. J'écoute les conseils. J'ai toujours travaillé en m'amusant. Il est devenu un meilleur défenseur à Beveren, affirme-t-il. " Au début, je n'excellais pas dans la neutralisation d'un adversaire, mes qualités me vouant à l'offensive. Je courais même trop vite vers l'avant. A l'entraînement, Helleputte criait toujours : - Manu tu ne montes pas ! Je devais rester derrière. J'étais trop offensif. Arsène Wenger poursuit le travail entamé par Helleputte. J'espère devenir un parfait défenseur d'ici un an. Au fond, peu m'importe la position à laquelle on m'aligne, pour autant qu'on me fasse confiance. Cette saison, je n'ai joué que dans deux rencontres, mais j'étais quand même repris dans les seize à chaque match de championnat. Je suis patient, surtout que je sais que Wenger croit en moi. Je n'ai pas encore 21 ans et je suis sous contrat jusqu'en 2008. Je saisirai ma chance des deux mains dès qu'elle se présentera. Si tout ne va pas trop vite ? Je ne le pense pas. Je suis ici parce qu'à Beveren, j'étais bien entouré par des joueurs talentueux. On disait depuis longtemps que Marco Né et moi allions rejoindre Arsenal. Malgré mon jeune page, il eût été idiot de laisser passer une chance pareille, d'autant que j'ai toujours travaillé dans cet objectif. Je voudrais dire à Marco de ne pas baisser les bras. Avec son talent, il ne doit pas désespérer. S'il n'est pas transféré à Arsenal, ce sera dans un club peut-être plus important encore. Il y a de fortes chances pour qu'il quitte Beveren cet été. Je serais très content qu'il devienne le troisième Ivoirien de la sélection, après KoloTouré et moi-même ". Malgré le grand nombre de francophones à Arsenal, l'entraînement est dispensé en anglais. " Wenger mène ses entretiens individuels en anglais aussi. Entre eux, les joueurs peuvent parler la langue de leur choix mais on nous demande d'apprendre l'anglais, déjà pour répondre aux questions de la presse. Non que j'aie déjà donné beaucoup d'interviewes... Quatre ou cinq et c'était pour le site d'Arsenal. Ma femme et moi suivons des cours d'anglais. Nous avons engagé un professeur privé qui vient à notre domicile, à Enfield, dans la banlieue nord de Londres, après l'entraînement. Je comprends déjà la langue mais je m'exprime difficilement. Indépendamment de ce problème linguistique, nous nous plaisons à Enfield. Grâce à ces leçons, ma femme, belge, se sent déjà mieux ici. Nous retournons régulièrement en Belgique. Je n'apprécie pourtant pas les insinuations selon lesquelles je l'aurais épousée pour obtenir un permis de travail en Angleterre. Ce sont des mensonges, qui m'ont fait du mal. (Il s'excuse pour s'être énervé). Je l'ai mariée parce que je l'aime et Arsenal m'a transféré parce qu'il me trouvait quelque chose ". Stefan Van Loock" LES APPLAUDISSEMENTS qui ont accueilli ma présentation officielle étaient énormes " (Aaron Mokoena) " Si je prolonge, je serai une valeur sûre la saison prochaine mais J'AIMERAIS REVENIR AU CLUB BRUGES " (Khalilou Fadiga) " Comme à Beveren, nous pouvons METTRE DE LA MUSIQUE DANS LE VESTIAIRE D'ARSENAL avant le match " (Emmanuel Eboué)