Au FC Kalamu, René Taelman a découvert des réalités étranges du football congolais et africain comme le fétichisme.
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Au FC Kalamu, René Taelman a découvert des réalités étranges du football congolais et africain comme le fétichisme. " Mon travail fut on ne peut plus varié au FC Kalamu. Cela allait de la réparation de la machine à tondre, au recrutement des nouveaux joueurs, en vue de la nouvelle saison, en passant par la commande en Belgique d'ampoules antipaludiques, pour éviter une crise de malaria à nos joueurs, à la veille d'un déplacement au Ghana. Cette première expérience, à laquelle je tenais tant, tourna malheureusement au cauchemar, par moments. (...) Lors d'un retour au vestiaire, les ultimes consignes furent données, l'arbitre donna le signal aux deux équipes pour rejoindre la surface de jeu. Assez bizarrement je me retrouvai seul au bord du terrain. Où étaient mes joueurs ? Je retournai en hâte au vestiaire et ce que je découvris me sidéra : un individu couvert d'un harnachement coloré et au comportement plutôt psychédélique était en train de subjuguer non seulement mes joueurs mais également le staff technique. Tout cela alors que notre adversaire nous attendait de pied ferme. Mon sang ne fit qu'un tour, je hurlai des insultes à l'encontre de ce trublion, qui prit aussitôt ses jambes à son coup, et ordonnai à mes joueurs de rejoindre le terrain au plus vite, car un second coup de sifflet venait de retentir. (...) Lorsque l'arbitre siffla la reprise de la partie, le même scénario de la première mi-temps se reproduisit. Les joueurs ne me suivirent pas immédiatement et le temps pour moi de réagir, le féticheur, car il s'agissait bien d'un féticheur, professionnel et rémunéré évidemment, avait de nouveau pointé son nez dans le vestiaire et commencé à ensorceler ses sujets. À nouveau, il s'enfuit et, par manque de temps, je ne fus pas en mesure d'essayer de mettre la main dessus. De retour au vestiaire, ma première préoccupation fut d'investiguer sur ce féticheur de malheur. Qui était-il, comment était-il arrivé, par deux fois, à pénétrer dans le vestiaire, qu'avait-il dit et qui l'avait envoyé ? - Qui est ce type et que vous a-t-il dit, demandai-je aux joueurs, dès le retour au calme ? - C'est un féticheur coach, me répondit le capitaine. À la mi-temps, il nous a dit que nous allions remporter la partie par deux buts à zéro. - C'est ça, poursuivis-je, et donc, lorsque les Ghanéens ont marqué leur premier but, tout son pronostic est tombé à l'eau et vous avez pris un coup de massue et laisser tomber les bras ? Oui ou non ? - Coach, il y a probablement un peu de vrai dans ce que vous dites, mais tout ne lui est pas imputable. (...) J'exigeai ensuite d'avoir le président du club en ligne pour lui expliquer la situation, mais ce dernier prétendit ne rien savoir. Il est difficile, parfois, de connaître le vrai commanditaire du recours à un ou plusieurs féticheurs. Cela peut aller d'un président de club à un ministre, si cela concerne l'équipe nationale. "