Après neuf saisons passées (en deux fois) du côté du Sporting Lisbonne, un passage de trois ans en Liga à la Real Sociedad, et des débuts chez la modeste formation de Salgueiros, Ricardo Sa Pinto débarque fin juillet 2006 à Sclessin pour une dernière pige d'un an. Son genou l'a déjà lâché à cinq reprises, le milieu offensif portugais n'est alors qu'à 60 % de ses possibilités. Énorme caractère et bon vivant, le cocktail peut s'annoncer dangereux pour un club qui recolle aux sommets. Et pourtant : " Il pouvait être s...

Après neuf saisons passées (en deux fois) du côté du Sporting Lisbonne, un passage de trois ans en Liga à la Real Sociedad, et des débuts chez la modeste formation de Salgueiros, Ricardo Sa Pinto débarque fin juillet 2006 à Sclessin pour une dernière pige d'un an. Son genou l'a déjà lâché à cinq reprises, le milieu offensif portugais n'est alors qu'à 60 % de ses possibilités. Énorme caractère et bon vivant, le cocktail peut s'annoncer dangereux pour un club qui recolle aux sommets. Et pourtant : " Il pouvait être sorti la veille, il se défonçait comme un fou. Il avait la dalle. Il cassait même un peu les couilles tellement il était dedans ", raconte un coéquipier de l'époque. " Oui, Ricardo est un bon vivant ", poursuit Ali Lukunku. " Mais jamais il n'est arrivé en retard comme des Tchité ou Mbokani pour qui c'était fréquent. Au contraire, Ricardo était le premier à monter sur le terrain alors qu'il savait qu'il n'était pas forcément titulaire. " Karel Geraerts a lui aussi vu arriver le bouillant Portugais alors qu'un an plus tôt, il avait vu débarquer son frère jumeau, Sergio Conceiçao. " Sa Pinto était un bosseur et un optimiste. Il parlait beaucoup à l'entraînement, avec les joueurs, le staff, je ne suis pas surpris qu'il soit devenu entraîneur. Il était aussi très fort mentalement. Comme Sergio d'ailleurs. Ricardo pouvait aussi piquer de grosses colères, t'avais intérêt à le respecter. Il est sympa mais explosif. Encore plus explosif que Sergio. Mais tous les deux étaient des exemples à l'entraînement, ils se donnaient toujours à fond. " De cette saison 2006-2007, on se rappelle la défaite en finale de la Coupe mais aussi ce match fou à Bruges où le Standard est mené 4-1 et revient à 4-4. Le Standard est bouffé par le Club pendant la plus grande partie du match mais s'en sort au physique et surtout au mental. Dès le coup de sifflet final, Sa Pinto est rageur, il salue avec un brin de provocation le public brugeois furieux. Ali Lukunku était l'homme de cette tête plongeante (voire couchée) égalisatrice. " Je me souviens aussi d'un match face à Anderlecht où Sa Pinto s'était retrouvé sur le banc et en était très énervé. Quand il est monté au jeu pour les toutes dernières minutes, il a couru comme un chien enragé. J'ai très vite remarqué qu'il était motivé par autre chose que de l'argent. Il fait partie de la génération Lucien, ce sont eux, lui, Sergio et d'autres qui ont insufflé la gagne dans ce club. Ça se voyait qu'ils étaient passés par de grands clubs. Ce ne sont pas des tempéraments faciles mais ils n'étaient motivés que par une chose : gagner. "