C'était par un dimanche torride. Le stade du Heysel était quasi comble, comme le sera sans doute le stade Roi Baudouin le 1er mai. Anderlecht avait rapidement mené 2-0 mais il s'était produit un événement rare : Raoul Lambert avait alors marqué de la tête. Peu après, le score était passé à 3-1 et le match semblait achevé mais un Club Bruges bourré de volonté avait refait son retard. Il allait s'imposer 3-4. Anderlecht était au trente-sixième dessous et dans le vestiaire, son entraîneur, Raymond Goethals, avait jeté sa médaille contre le mur.

Le Club Bruges, lui, faisait la fête. L'illustre entraîneur Ernst Happel avait été porté en triomphe. Le mythique Autrichien était resté lui-même : lui arracher un sourire était difficile, même en pleine euphorie. Le joueur qui avait fait la différence n'avait pas ses faveurs. Le Britannique Roger Davies, jusqu'alors réserve, avait inscrit deux buts.

Le Club Bruges avait mis sur pied un match amical pour permettre à Happel de donner sa bénédiction à l'embauche du longiligne avant mais l'entraîneur, qui n'appréciait pas le style anglais, ne s'était pas déplacé. Ça n'avait pas empêché le transfert. En découvrant Davies, Happel avait demandé à la direction, navrée, ce que cette perche venait faire là. Selon lui, Davies s'était trompé de sport : il aurait bien mieux fait de s'adonner au basket-ball.

A part cette finale de coupe, Roger Davies n'a d'ailleurs pas réussi grand-chose. Il a surtout fait impression en présentant sa ravissante compagne. La beauté de celle-ci n'avait d'ailleurs pas échappé au bourgmestre Michel Van Maele. Juste avant que Davies ne signe son contrat, Van Maele a lâché qu'il pourrait faire de l'amie de Davies une star du cinéma.

L'homme fort du Club était parfois original. Quand Gille Van Binst s'était présenté à sa boulangerie pour lui demander une augmentation, il lui avait demandé de patienter. Il était revenu avec... une grande tarte. " Voilà ton augmentation ", avait-il souri. Perplexe et frustré tout à la fois, Van Binst avait pris la tarte et l'avait expédiée contre le mur, à peine rentré chez lui.

Anderlecht allait prendre sa revanche sur sa défaite en coupe trois mois plus tard, en championnat, battant le Club 6-1. Et Roger Davies ? Il était déjà parti. Il jouait alors pour Leicester City.

C'était par un dimanche torride. Le stade du Heysel était quasi comble, comme le sera sans doute le stade Roi Baudouin le 1er mai. Anderlecht avait rapidement mené 2-0 mais il s'était produit un événement rare : Raoul Lambert avait alors marqué de la tête. Peu après, le score était passé à 3-1 et le match semblait achevé mais un Club Bruges bourré de volonté avait refait son retard. Il allait s'imposer 3-4. Anderlecht était au trente-sixième dessous et dans le vestiaire, son entraîneur, Raymond Goethals, avait jeté sa médaille contre le mur. Le Club Bruges, lui, faisait la fête. L'illustre entraîneur Ernst Happel avait été porté en triomphe. Le mythique Autrichien était resté lui-même : lui arracher un sourire était difficile, même en pleine euphorie. Le joueur qui avait fait la différence n'avait pas ses faveurs. Le Britannique Roger Davies, jusqu'alors réserve, avait inscrit deux buts. Le Club Bruges avait mis sur pied un match amical pour permettre à Happel de donner sa bénédiction à l'embauche du longiligne avant mais l'entraîneur, qui n'appréciait pas le style anglais, ne s'était pas déplacé. Ça n'avait pas empêché le transfert. En découvrant Davies, Happel avait demandé à la direction, navrée, ce que cette perche venait faire là. Selon lui, Davies s'était trompé de sport : il aurait bien mieux fait de s'adonner au basket-ball. A part cette finale de coupe, Roger Davies n'a d'ailleurs pas réussi grand-chose. Il a surtout fait impression en présentant sa ravissante compagne. La beauté de celle-ci n'avait d'ailleurs pas échappé au bourgmestre Michel Van Maele. Juste avant que Davies ne signe son contrat, Van Maele a lâché qu'il pourrait faire de l'amie de Davies une star du cinéma. L'homme fort du Club était parfois original. Quand Gille Van Binst s'était présenté à sa boulangerie pour lui demander une augmentation, il lui avait demandé de patienter. Il était revenu avec... une grande tarte. " Voilà ton augmentation ", avait-il souri. Perplexe et frustré tout à la fois, Van Binst avait pris la tarte et l'avait expédiée contre le mur, à peine rentré chez lui. Anderlecht allait prendre sa revanche sur sa défaite en coupe trois mois plus tard, en championnat, battant le Club 6-1. Et Roger Davies ? Il était déjà parti. Il jouait alors pour Leicester City.