Le stade des Loups est entre les mains des chirurgiens du bâtiment et cette enceinte, qu'on croyait ridée à jamais, subit pour le moment un lifting complet de sa tribune debout. En 2005, le stade comptera 5.000 places assises
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Le stade des Loups est entre les mains des chirurgiens du bâtiment et cette enceinte, qu'on croyait ridée à jamais, subit pour le moment un lifting complet de sa tribune debout. En 2005, le stade comptera 5.000 places assises De la fenêtre des bureaux administratifs, Philippe Lacroix, 40 ans, suit tout cela d'un £il très intéressé : " Je suis persuadé que La Louvière peut devenir le Westerlo de Wallonie. Le Centre ne pourra jamais s'offrir un Wembley mais, avec la bonne volonté de tous, ce club peut avoir un joli stade, un centre de formation performant à Strépy-Bracquegnies ". Son discours optimiste tranche avec les événements du moment chez les Gilles de la D1. Il y a quelques semaines, le directeur commercial, Yvon Hudsin, tirait sa référence. Plus récemment, le manager sportif, Roland Louf, qui assuma un rôle important dans la nouvelle politique sportive du club, a épousé la cause de Mouscron. Sur cette lancée, Ariel Jacobs a annoncé qu'il serait le directeur sportif de Genk la saison prochaine. Est-ce que cela signifie qu'on assiste à une sorte de fuite en Egypte du côté des Loups ? " Non, pas du tout ", intervient tout de suite Jean-Marie Lacroix. " Tant que le président sera là, il y aura de la vie dans ce club. Nous avons toujours tourné avec une équipe dirigeante, administrative et sportive moins étoffée qu'ailleurs. La Louvière est d'abord un club familial où chacun doit se donner à 200 %. Je trouve même le club plus vivant que jamais ". Pour le moment, en tout cas, Philippe Lacroix organise tout au secrétariat avec l'aide de deux dames, Marie-Ghislaine Maes et Patricia Husson. Il y a mille choses à régler entre deux matches de la formation fanion et des dix-neuf équipes de jeunes. La passion se lit dans ses yeux. Le secrétaire des Loups a joué avec les ados du Sporting de Charleroi avant de se retrouver à Marcinelle, puis d'entraîner les Minimes et les Cadets de La Louvière. Jean-Claude Verbist lui a demandé en 2001 de devenir son assistant au secrétariat du Tivoli. " Pour moi, c'était la réalisation d'un rêve ", avance-t-il. " Je n'interviens pas du tout dans le domaine réservé au coach mais je suis là pour régler les problèmes pratiques. J'ai découvert des personnages intéressants dans ce club. Il y a d'abord le président, Filippo Gaone. Il a abattu un travail monstrueux. Sans lui, La Louvière n'aurait jamais retrouvé l'élite et militerait encore en D3. La RAAL n'existerait même plus. Personne n'aurait eu son énergie afin de parcourir tout ce chemin. Il l'a fait seul et mérite beaucoup plus de respect et d'aide pour tout ce qu'il a apporté au club, à la région, aux spectateurs mais aussi à nos jeunes. Nous avons la statue de la Louve mais notre président mériterait la sienne. Il a son franc-parler mais cet homme fait ce qu'il dit. Gaone a solidement ancré La Louvière dans le paysage de la D1. J'ai confiance pour l'avenir. Même si ce club ne roule pas sur l'or, et n'a pas encore un beau stade, ce n'est pas une étoile filante. Oui, cela bouge, enfin, mais le soutien aurait dû venir plus tôt, tout de suite même. Gaone est un fou de football. Il se rend souvent à l'étranger, suit les affiches du Calcio, de la Premier League ou de la Ligue des Champions. Il est évidemment très pris par ses affaires. Je me rends tous les jours à Courcelles, où il a ses bureaux, afin de régler les problèmes. C'est lui qui tranche ". Philippe Lacroix a connu deux managers, Jean-Claude Verbist et Roland Louf, ainsi que trois entraîneurs au Tivoli : Marc Grosjean, Daniel Leclercq et Ariel Jacobs. " Chacune de ces personnalités est intéressante à plus d'un titre ", souligne le secrétaire de la Louvière. " Grosjean et Verbist ont façonné le groupe qui a forcé les portes de la D1 en 2000 ". C'était un noyau doté de métier et de caractère à revendre. Il en fallait pour franchir le pas. Mais, rapidement, il a fallu rajeunir le groupe, éviter l'assoupissement, dégraisser la masse salariale, etc. Daniel Leclercq fut un peu le coach de la transition. Il permit aux Loups de rester en D1 mais cela ne se fit pas sans nouvelles dépenses excessives avec le passage entre autres de Nicolas Ouédec. La Louvière était restée en D1 mais n'avait pas encore son style de vie idéal. Avec Roland Louf et Ariel Jacobs, elle renonça au champagne pour boire du cidre à portée de sa bourse. La Louvière n'avait plus le temps et les moyens de se saouler d'illusions. Les étiquettes ronflantes furent remplacées par des jeunes et de bons pros ayant de la bouteille. " J'aimais bien Daniel Leclercq ", affirme Philippe Lacroix. " Il était méticuleux et avait un immense bagage de coach et d'ancien joueur. Il aimait illustrer ses tableaux, ou autres programmes, et je devais trouver des figurines via Internet ". Recruté par Roland Louf, Ariel Jacobs arriva au Tivoli en octobre 2001. " Nous avons un des plus petits budgets de D1 ", rappelle Philippe Lacroix. " Chaque cent est retourné minutieusement avant d'être dépensé. La valeur ajoutée, c'est le travail qui bonifie le noyau. Des joueurs ont acquis une autre dimension chez nous. La Louvière est désormais connue à l'étranger, via la Coupe de l'UEFA, mais aussi grâce à la CAN où plusieurs de nos joueurs ont brillé. Ariel Jacobs est un grand professionnel. Je ne me permettrais pas d'interférer dans son domaine. Les résultats sont là, c'est une preuve suffisante. La saison passée, avant la finale, il m'a dit : -Maintenant, cette Coupe de Belgique, on va la gagner. Ce fut un magnifique succès tactique. Puis, plus tard, La Louvière se retrouva aux prises avec Benfica. Inoubliable. J'ai éprouvé un énorme plaisir à travailler avec Roland Louf. Ancien joueur et entraîneur, il a de nombreuses connexions dans le monde du football. C'est un fou de football qui a bien géré ses dossiers à La Louvière. Son départ a touché tout le monde, comme quand un membre d'une famille unie s'en va mais c'est la vie ". Après son voyage à Canton, en Chine, Gaone s'est penché sur les dossiers de la succession Jacobs-Louf. Le président louviérois a pu le faire en toute quiétude. Quand tous les choix seront exprimés, Philippe Lacroix fera un pas en arrière, retrouvera ses habitudes de fidèle secrétaire. " Je n'aime pas les feux de la rampe ", conclut-il. " Je suis au service du club et du président ". Sans les gens de l'ombre, les clubs tireraient encore plus la langue. Pour l'installation horeca, réclamée par Filippo Gaone, c'est moins évident. Malgré cela, le Tivoli sera peut-être le port d'attache d'un deuxième club : Tubize. Qui aurait pu l'imaginer il y a quelques semaines ? Pierre Bilic" Ici, CHAQUE CENT est retourné minutieusement avant d'être dépensé "