Même quand ça va mal, Johan Boskamp a le don d'en sortir une bonne. Vendredi soir, après la défaite à domicile contre Charleroi quelqu'un lui a demandé si la situation ne le rendait pas nerveux. Il se gondola brièvement avant de lâcher un sonore - Cela fait deux mois que je suis nerveux.
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Même quand ça va mal, Johan Boskamp a le don d'en sortir une bonne. Vendredi soir, après la défaite à domicile contre Charleroi quelqu'un lui a demandé si la situation ne le rendait pas nerveux. Il se gondola brièvement avant de lâcher un sonore - Cela fait deux mois que je suis nerveux. Le costaud Hollandais faisait une référence directe aux aléas qui accompagnent sa mission au Standard, perturbée par des départs, des arrivées, des blessures et une suspension qui arrive enfin à son terme. Mais Boskamp reste calme car il est le premier à savoir que ce sont des choses qui arrivent souvent à un coach. On en veut pour preuve la bizarre seconde journée de championnat. Un doublé de défaites pour les Rouches, un duo de victoires pour les Mauves, six points pour un Genk que l'on disait miné de l'intérieur par les affaires et le faux pas du Club Bruges chez son petit voisin de Roulers donnent raison à Frankie Vercauteren. Il professe qu'il ne faut pas tirer de conclusions après deux journées et comment le contredire ? Le coach bruxellois donne l'impression que des glaçons lui coulent dans les veines. D'une froideur parfois extrême à ce qui l'entoure, il dribble avec cynisme ceux qu'il considère comme des fumistes. C'est qu'il s'estime hyper compétent et ne parvient pas toujours à prendre le recul nécessaire par rapport à ceux qui l'agacent. Jacky Mathijssen, le coach des Zèbres, est encore différent : il donne parfois l'impression de s'énerver très vite mais retombe toujours habilement sur ses pieds. De toute manière, en ce début de compétition, les coaches de D1 donnent l'exemple : ils se montrent généreux dans la victoire et beaux joueurs dans la défaite. C'est essentiel alors qu'on en est arrivé à un bombardement médiatique des techniciens. A la télévision, personne dans le football n'est autant interviewé pour un oui ou un non que les entraîneurs. Ou alors Michel Preud'homme... Ce qui arrive au Meilleur Gardien du monde de l'année 1994 est-il symptomatique des avatars d'un Standard ô combien grand seigneur qui donne facilement du travail à ceux qui ont un nom et ne met jamais des bâtons dans les roues à ceux qui veulent voir si l'herbe est plus verte ailleurs ? Quand l'ex-gardien et DT de Benfica se reposa en Belgique, il fit ses premières armes comme coach au Standard et se débrouilla avec brio avant d'estimer qu'il rendrait plus de services comme DT. Le club le suivit dans ce raisonnement et l'encouragea ensuite quand l'homme eut des visées à la fédération. Tout le monde (nous y compris) espéra qu'il aide à relancer le foot belge mais on en a été pour ses frais. Aujourd'hui, Preud'homme tente de trouver un boulot hors Standard à la mesure de ses appétits au sein de la Ligue Pro. Cela semble aussi difficile qu'à l'Union Belge mais le bonhomme est patient. Et si on ne doit pas s'en faire pour lui, doit-on le faire pour le Standard qui a aligné Sa Pinto en fin de match vendredi ? Ce serait faire injure au bonhomme et au Standard en général de penser que le Portugais trentenaire n'a que des beaux restes. Reste qu'il admet être à Sclessin pour réussir sa fin de carrière dans de bonnes conditions : il aura 34 ans le 10 octobre et a signé pour une saison. Il ne serait jamais venu au Standard s'il n'y avait retrouvé Sergio Conceiçao,Luciano D'Onofrio et... Preud'homme (un des ses ennemis préférés dans les derbies Benfica-Sporting Lisbonne). Même si ce dernier pourrait partir rapidement ? Evidemment. Car Oguchi Onyewu et Igor De Camargo vont bientôt revenir de blessures... par john baete