Après douze semaines, la Premier League russe émerge de son hibernation. Les clubs ont déjà disputé 19 des 30 matches. Jusqu'à présent, deux constats s'imposent : avec quatre équipes - le Dynamo, le Spartak, le CSKA et le Lokomotiv - dans le top cinq, Moscou a récupéré son statut de capitale footballistique tandis qu'Anzhi n'est plus qu'un nain, depuis que son propriétaire a fermé le robinet.
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Après douze semaines, la Premier League russe émerge de son hibernation. Les clubs ont déjà disputé 19 des 30 matches. Jusqu'à présent, deux constats s'imposent : avec quatre équipes - le Dynamo, le Spartak, le CSKA et le Lokomotiv - dans le top cinq, Moscou a récupéré son statut de capitale footballistique tandis qu'Anzhi n'est plus qu'un nain, depuis que son propriétaire a fermé le robinet. Troisième la saison passée, Anzhi Makhachkala semblait promis au titre cette année. Puis, l'été, son richissime président, Souleiman Kerimov, a décidé de se défaire de ses achats les plus coûteux, comme SamuelEto'o, Willian et MbarkBoussoufa, pour miser sur les jeunes du cru. Anzhi est maintenant lanterne rouge, sans avoir réussi à emporter le moindre match, et sa relégation est déjà acquise. Le football moscovite profite du malaise du Daghestan. Le Lokomotiv, neuvième de l'exercice précédent, constitue une surprise agréable. S'il partage actuellement la première place avec le Zenit Saint-Pétersbourg, il le doit surtout au recrutement de deux joueurs d'Anzhi, Lassana Diarra et Mbark Boussoufa. L'ancien Anderlechtois, aligné sur l'aile dans le Daghestan, a retrouvé le numéro dix. " Il est la révélation de la saison ", confirme Rob Dillon, un observateur du football russe, auteur de l'excellent blog More Than Arshavin. " Presque toutes les attaques du Lokomotiv sont initiées par ses soins. " Le Dynamo et le Spartak jouent bien également. Rob Dillon : " Avec le Zenit, le Spartak possède le meilleur noyau. Il a un entraîneur très compétent, Valeri Karpin. " Les vedettes de l'équipe ? Denis Glousjakov et l'avant Joura Movsishan, le meilleur buteur avec douze roses. Derrière, João Carlos Chaves (ex-Anzhi, Genk et Lokeren) est assuré de sa place. " C'est surprenant car à 32 ans, il a perdu une partie de sa mobilité. Il est bon, sans briller particulièrement. " Le CSKA est cinquième. Le champion en titre vit une saison décevante, suite au départ de Keisuke Honda à l'AC Milan et à la longue blessure du buteur Seydou Doumbia. Le club compte sur Alan Dzagoïev, la nouvelle vedette du football russe, pour l'aider à remettre le cap sur le titre. Selon les observateurs, ce titre ne devrait pas échapper au Zenit, la formation de Nicolas Lombaerts et d'Axel Witsel. Le Zenit fait preuve de maturité et il a surpassé ses concurrents directs dans leurs duels. Les internationaux belges jouent un rôle crucial. " Lombaerts est devenu une sorte de héros. Chaque année, des rivaux sont transférés mais nul n'est parvenu à l'écarter. Witsel, lui, est le métronome de l'équipe. Le Zenit domine quand Witsel est en forme. Il détermine le rythme du match avec Roman Shirokov. Contrairement à Hulk, cet autre gros transfert, il se tient à l'écart de toute controverse. " Seule tache sur la remontée en puissance moscovite, le mauvais état des terrains. Le stade Louzhniki est en cours de rénovation et le Spartak partage le nouveau stade Cherkizovo avec le Lokomotiv. Résultat, la pelouse souffre de la multiplication des matches. C'est pareil à la Khimki Arena, partagée par le CSKA et le Dynamo. " La rigueur de l'hiver n'a pas amélioré l'état des terrains. C'est une catastrophe ", précise Dillon, qui s'attend à une énorme amélioration, puisque la Russie organise le Mondial 2018. PAR MATTHIAS STOCKMANS