Rúnar Kristinsson (46 ans) était, au début du siècle, l'un des plus grands stylistes de notre championnat. Le meneur de jeu islandais a porté le maillot de Lokeren entre 2000 et 2007, et formait un milieu de terrain de grande qualité avec ses compatriotes Arnar Gretarsson et Arnar Vidarsson.
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Rúnar Kristinsson (46 ans) était, au début du siècle, l'un des plus grands stylistes de notre championnat. Le meneur de jeu islandais a porté le maillot de Lokeren entre 2000 et 2007, et formait un milieu de terrain de grande qualité avec ses compatriotes Arnar Gretarsson et Arnar Vidarsson. Aujourd'hui, il est l'entraîneur d'un club de D1 norvégienne, le SK Lillestrom, où il a entamé sa deuxième saison. Le championnat de Norvège ne commence qu'en mars et sa première saison a été plutôt réussie. " Nous avons terminé 8e sur 16 équipes. Compte tenu des difficultés financières que connaît le club, ce n'est pas mal. Ces dernières années, Lillestrom a été obligé de vendre ses meilleurs joueurs et n'avait pas les moyens d'en acheter d'autres. Il n'a pu engager que des joueurs libres ". Kristinsson a donc dû s'accommoder de conditions de travail pas toujours évidentes. Mais il ne se plaint pas, au contraire : après sept ans, il a enfin retrouvé de l'embauche en dehors de l'Islande. Pour son plus grand bonheur. " Après avoir joué 12 ans en Europe (en plus de Lokeren, Kristinsson avait déjà joué pour Lillestrom et pour Örgryte, en Suède, ndlr), j'étais retourné à Reykjavik, afin de terminer ma carrière au KR, le club de mes débuts. Un choix familial, pour être près de mes enfants. Mais l'adaptation s'est révélée difficile, comme pour d'autres anciens footballeurs dans le même cas. Je me sentais pourtant en forme, mais j'ai baissé de rythme : peu d'entraînements, sur des terrains en mauvais état, en jouant un football physique, aux côtés de footballeurs qui manquaient de talent. Je me suis mis au diapason, mon niveau a baissé de façon dramatique. Je suis devenu très mauvais ", grimace l'ancien médian qui parle toujours couramment le néerlandais. L'ancien international islandais (104 sélections, un record) a donc terminé en mode mineur une carrière longue de 21 ans. " J'ai ensuite travaillé dans une banque, je voulais voir si ce genre d'emploi me conviendrait ", poursuit-il, " mais j'ai accueilli avec joie la proposition de devenir directeur sportif au KR Reykjavik. " Peu de temps après, Kristinsson est devenu entraîneur. Le début d'une carrière prometteuse : en quatre ans au KR, il a remporté deux titres de champion et trois coupes nationales. C'est plus que durant toute sa carrière de joueur, lui faisons-nous remarquer. Le sympathique Islandais aux yeux bleus en rigole de bonheur. " Vous avez raison, je n'ai remporté qu'un seul trophée comme joueur : une coupe avec le KR en 1994. Je regrette toujours de n'avoir rien gagné avec Lokeren. Il s'en est fallu de peu lors de la saison 2002/2003 : nous avons terminé 3e et avons lutté jusqu'au bout avec Bruges et Anderlecht. Personnellement, c'était ma meilleure saison à Daknam : j'ai inscrit 13 buts et délivré 16 assists. Plus tard, on m'a retiré trois goals que j'avais inscrits contre Lommel, en raison de la faillite du club limbourgeois ", se souvient-il. Kristinsson garde de bons souvenirs de sa période en Belgique. Il habitait avec sa famille à Eksaarde. Lorsqu'il est retourné en Islande, des amis belges lui ont régulièrement rendu visite entre 2007 et 2014. " Surtout des gens avec lesquels nous avions fait connaissance grâce à nos enfants ", précise-t-il. Il n'exclut pas un retour en Belgique. " A la maison, nous parlons encore souvent de la Belgique et ce serait chouette de revoir d'anciens collègues et amis comme Hein Vanhaezebrouck, Rudi Cossey ou Besnik Hasi. Mais je n'aime pas faire le premier pas. C'était déjà le cas lorsque j'étais joueur. " " J'ai entamé ma deuxième saison à Lillestrom, où j'ai un contrat de trois ans. Je ressens une estime réciproque. Ce job de coach me plaît. Cela demande plus d'efforts et d'énergie que comme joueur, mais je ressens à nouveau la montée d'adrénaline avant un match ", conclut Kristinsson qui suit avec attention la carrière footballistique de son fils Alex Rúnarsson, gardien réserve du FC Nordsjaelland en D1 danoise et titulaire chez les Espoirs islandais. En 2012, Alex a débuté sa carrière professionnelle au KR sous la direction de... papa Rúnar, mais oui !PAR MATTHIAS STOCKMANS " Une fois ma carrière terminée, j'ai travaillé un temps dans une banque mais je suis revenu avec joie dans le monde du foot. " - RÚNAR KRISTINSSON