L'appétit vient en mangeant

À voir Karim Belhocine s'époumoner, on comprend mieux pourquoi ses joueurs ne s'arrêtent jamais de courir. On dit que le Lyonnais met autant d'intensité dans ses échanges sur le terrain qu'en dehors. Fusionnel avec ses hommes à la ville, Belho est le grand bonhomme du début de saison. Celui qui a fait de Charleroi la meilleure équipe de contre du Royaume est aussi celui qui a vu en Joris Kayembe l'étoffe d'un Diable, en Mamadou Fall un peu plus qu'un joueur de rotation et en Ryota Morioka le potentiel d'un box-to-box. Beaucoup pour un seul homme. Et cela explique sans doute ce que ce Sporting-là fait en tête du championnat. Insolent de réussite devant le but, étonnement serein derrière, le collectif zébré a appris à se sublimer par s...

À voir Karim Belhocine s'époumoner, on comprend mieux pourquoi ses joueurs ne s'arrêtent jamais de courir. On dit que le Lyonnais met autant d'intensité dans ses échanges sur le terrain qu'en dehors. Fusionnel avec ses hommes à la ville, Belho est le grand bonhomme du début de saison. Celui qui a fait de Charleroi la meilleure équipe de contre du Royaume est aussi celui qui a vu en Joris Kayembe l'étoffe d'un Diable, en Mamadou Fall un peu plus qu'un joueur de rotation et en Ryota Morioka le potentiel d'un box-to-box. Beaucoup pour un seul homme. Et cela explique sans doute ce que ce Sporting-là fait en tête du championnat. Insolent de réussite devant le but, étonnement serein derrière, le collectif zébré a appris à se sublimer par ses individualités tout en valorisant ses soldats. Mais le coup de mou de la semaine écoulée ne sera pas resté longtemps sans conséquence. À voir le sprint final des Zèbres en fin de mercato, on se dit que l'élimination européenne ainsi que la faillite dans le choc wallon pourraient avoir été salutaires. Sur les rotules après un début de saison canon, le groupe carolo a montré ses limites. Et le clan Bayat son entregent. En actant le retour en Belgique de Lukasz Teodorczyk, les Hennuyers tentent un pari. Mais en s'offrant les services de Saido Berahino et Jules Van Cleemput, les Carolos ont, sur papier, compensé intelligemment les départs de Maxime Busi, voire de David Henen. L'histoire ne dit pas si le Sporting a le corps et les codes pour aller au bout de l'aventure. L'histoire ne dit pas si ce serait d'ailleurs lui rendre service. Depuis 2012, Mehdi Bayat a appris à faire les choses dans l'ordre. En 2024, Charleroi sera doté d'un stade à la hauteur de ses ambitions. D'ici là, les Zèbres se sont promis d'apprendre à vivre comme les grands, mais sans l'arrogance qui accompagne souvent le génie. C'est sans doute pour ça qu'en juillet 2019, Mehdi Bayat a accordé sa confiance à Belhocine pour succéder à Felice Mazzù. Un entraîneur sans CV ronflant, mais avec quelques planches. Un gars qui travaille vite et bien, et qui en quinze mois a transformé Charleroi en machine à gagner. L'homme aux 45 buts en 93 apparitions sous la vareuse anderlechtoise fait son retour en Belgique, mais change de Sporting. Prêté par l'Udinese, où il ne s'est jamais imposé, le Polonais (un but en 32 apparitions en Italie) profite des réseaux chers à Mogi Bayat pour retrouver le championnat qui l'avait fait roi des buteurs en mai 2017. À Charleroi, Teo retrouve aussi Belhocine. Un entraîneur qui lui ressemble, parce que plus disert sur le terrain qu'en dehors, et qu'il avait déjà croisé quelques mois chez les Mauves. L'actuel coach carolo avait, au côté de son mentor de l'époque, su trouver les mots pour remobiliser ce serial buteur révélé à l'origine dans le football pragmatique de René Weiler. Trois ans plus tard, la mission s'annonce un rien plus ardue. À 29 ans, le Polonais est peut-être revanchard, mais sort aussi de deux saisons minées par les pépins physiques. À lui de prouver qu'il n'est pas qu'un transfert panique et qu'il a encore le coffre pour s'imposer comme l'un des meilleurs attaquants du royaume. Top: Kaveh Rezaei L'Iranien ne rate pas grand-chose depuis le début de saison et sa présence rend meilleur ceux qui l'entourent. Reste que visiblement en manque de jus avant la trêve internationale, il devra désormais apprendre à faire avec la concurrence. Flop: Amine Benchaib Il n'a pas pu confirmer sa bonne fin de saison avec Lokeren. Supplanté par Ribeiro Costa comme alternative à Morioka, il n'est apparu que deux fois sur la feuille de match. Trop peu pour un joueur de 22 ans à qui on prédisait la saison de l'éclosion. Martin Grimberghs