Blanc ou noir ?

Il y a deux façons de voir les choses. Négatif : Anderlecht a du mal à être bon pendant des matches complets, souffle le chaud et le froid. Positif : si les matches à Malines, contre Mouscron et contre Eupen s'étaient arrêtés après 85 minutes, les Mauves auraient été co-leaders avec Charleroi et 19 points sur 21 après sept journées.
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Il y a deux façons de voir les choses. Négatif : Anderlecht a du mal à être bon pendant des matches complets, souffle le chaud et le froid. Positif : si les matches à Malines, contre Mouscron et contre Eupen s'étaient arrêtés après 85 minutes, les Mauves auraient été co-leaders avec Charleroi et 19 points sur 21 après sept journées. S'ils ont encaissé sur la fin dans ces trois matches, ce n'est pas tellement parce que cette équipe est joueuse et a voulu continuer à assurer un certain spectacle (quoique). C'est plutôt parce que la panique et la nervosité se sont glissées dans les rangs. Ah, cette jeunesse... Le bon bilan chiffré est même quelque part étonnant, car l'équipe actuelle a été formée on the buzzer. Elle n'a rien à voir avec celle qui a fait la préparation, quand on s'attendait à quelques certitudes semaine après semaine, avec Vincent Kompany comme patron de la défense, Elias Cobbaut, Peter Zulj, Michel Vlap, Yari Verschaeren ou Kemar Roofe. Mais plein de contretemps sont passés par le Lotto Park : fin de carrière, méformes, blessures, départ, Covid,... Ça fait beaucoup, mais Franky Vercauteren puis Kompany ont su gérer ces coups durs. La clé, pour la suite, consistera à améliorer encore le coeur de l'équipe, le triangle médian pour lequel il y a aujourd'hui quatre candidats forts : Albert Sambi Lokonga, Marco Kana, Adrien Trebel et Percy Tau. Avec Zulj et Vlap en réserve de la république. Derrière, ça reste précaire. Les backs, Amir Murillo et Bogdan Mykhaylichenko, sont dans le bon. C'est moins le cas dans l'axe, où Kompany est obligé de ferrailler. Sur les ailes, il faut maintenant faire sans Jérémy Doku, qui avait été la seule satisfaction. Et tout devant, il n'y a actuellement qu'une quasi-certitude, Lukas Nmecha, vu les difficultés rencontrées par Landry Dimata et Antoine Colassin pour revenir à 100 %. Mais, étonnamment, ça ne se reflète pas dans les chiffres. Anderlecht a quand même une des meilleures productions de la D1A.Pour trouver trace d'un back gauche aussi indiscutable et sûr de son poste à Anderlecht, il faut remonter à Olivier Deschacht. Ça date, donc. Cet Ukrainien, arrivé de Louhansk et international A depuis quelques mois, aligne les matches complets et sobres, sans faire d'erreurs. Si Anderlecht continue à encaisser plus de buts que des clubs comme Charleroi, le Beerschot ou le Standard, on ne peut pas lui reprocher grand-chose. En U21, il a été le coéquipier d' Eduard Sobol et Roman Yaremchuk. Anderlecht l'a repéré sur la base de sa grosse saison dans le championnat d'Ukraine. En 24 matches, il avait marqué trois buts et délivré autant de passes décisives. Il était aussi le back qui donnait le plus grand nombre de centres. Il y avait toutefois un bémol : Mykhaylichenko était une machine à cartons (onze jaunes et un rouge). Il faut croire que Vincent Kompany a su lui apprendre les notions de football propre. Depuis le début de la saison, il est sage comme une image. Pour le top, il y a match entre Doku et Trebel. Va pour le Français parce qu'il a su se rendre indispensable alors qu'il n'entrait pas dans les plans au départ. Alors que le dribbleur était dès le début assuré d'une place dans le onze. Quand son prêt a été prolongé, on a lu qu'Anderlecht tenait son premier gros transfert. Mais le Néerlandais symbolise entretemps les approximations de la défense. Les deux points perdus récemment contre Eupen, c'est pour sa pomme.