Pas de résultats, pas d'excuses

B reaking news : the prince is back. Quelques heures avant le match décisif des play-offs à Genk, Anderlecht annonçait sur Twitter le retour de Vincent Kompany. La vidéo, qui durait moins d'une minute, a été vue 1,43 million de fois. Elle donnait le coup d'envoi d'une nouvelle période. Des dix-huit joueurs qui figuraient sur la feuille ce jour-là à la Ghelamco Arena et qui n'ont pas réussi à décrocher un ticket européens, seuls Francis Amuzu, Yari Verschaeren, Elias Cobbaut et Jérémy Doku peuvent prétendre à une place de titulaire cette saison.
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B reaking news : the prince is back. Quelques heures avant le match décisif des play-offs à Genk, Anderlecht annonçait sur Twitter le retour de Vincent Kompany. La vidéo, qui durait moins d'une minute, a été vue 1,43 million de fois. Elle donnait le coup d'envoi d'une nouvelle période. Des dix-huit joueurs qui figuraient sur la feuille ce jour-là à la Ghelamco Arena et qui n'ont pas réussi à décrocher un ticket européens, seuls Francis Amuzu, Yari Verschaeren, Elias Cobbaut et Jérémy Doku peuvent prétendre à une place de titulaire cette saison. Dès le premier match de championnat face à Ostende, Kompany a fait table rase du passé en écartant les anciens pour faire place aux talents made in Neerpede. Il a aussi fait passer un message : celui qui ne veut pas ne se verra pas offrir indéfiniment sa chance. A quelques exceptions près ( Samir Nasri, Michel Vlap, Philippe Sandler, Nacer Chadli), personne n'est sûr de sa place. Vince s'est lancé dès le départ dans un projet risqué. Il a laissé entendre à plusieurs reprises qu'il voulait un autre genre de football et que cela prendrait du temps. L'idée a le mérite d'exister mais le fait qu'Anderlecht se retrouve tout en bas de tableau après une demi-douzaine de matches prouve que Kompany a vu un peu grand. Pourquoi ? Le changement a-t-il été trop radical ? A-t-il sous-estimé l'ampleur de la tâche ? Attendait-on trop d'une équipe qui n'avait terminé que sixième la saison dernière ? Une chose est certaine : la comparaison avec Pep Guardiola a du plomb dans l'aile. Kompany a peut-être la même vision des choses que le Catalan mais la mise en oeuvre est différente. Pep offre un rôle déterminant à ses défenseurs latéraux. A Manchester City, Kyle Walker et Oleksandr Zinchenko jouent tellement haut qu'ils sont pratiquement considérés comme des médians offensifs. Avec Kompany, les arrières latéraux sont des pare-chocs et ils ont peu l'occasion de participer à la construction. Un constat : depuis le début de la saison, bon nombre d'essais ont été tentés sur les flancs. Le jeune Sieben Dewaele a, ainsi, été lancé dans la bataille tant à gauche qu'à droite (et même dans l'entrejeu). Idem pour Edo Kayembe, déjà utilié lui aussi comme arrière latéral alors que par le passé il avait été aligné en pare-chocs devant la défense. Autre souci défensif : l'absence de Vincent Kompany. Avec Philippe Sandler à ses côtés, le duo semblait prometteur même si le Sporting a fini par prendre la tasse à Courtrai. Sans son guide, blessé, reste à voir comment les Mauves vont limiter la casse. Encore un problème : le rôle du médian défensif. Peter Zulj est doué mais son jeu manque d'intensité pour faire de lui un médian défensif moderne qui dicte le rythme et enraye les sorties de l'adversaire. Le manque de puissance constitue un des gros soucis d'Anderlecht. Les Bruxellois ont de très bons joueurs, capables de produire une version contemporaine du football-champagne mais l'ensemble est trop tendre. Les adversaires ne tremblent plus face aux joueurs d'Anderlecht. Mais la question la plus inquiétante, c'est l'absence de force de frappe en pointe. Kompany a déjà essayé trois trios différents (Doku-Gerkens-Amuzu, Verschaeren-Thelin-Chadli et Amuzu-Nasri-Chadli) : aucun d'entre eux n'a véritablement posé de problème à l'adversaire. On attend que Nasri se réveille et que des jeunes comme Doku ou Amuzu soignent leurs statistiques. Le gros oeuvre du chantier entamé par Kompany devrait déjà être prêt, il est temps de passer à la finition. IN Kompany & Sandler (Man. City, Eng), Vlap (Heerenveen, Ned), Nasri (libre), Van Crombrugge (KAS Eupen), Roofe (Leeds, Eng), Chadli (Monaco, Fra), Luckassen (PSV, Ned) OUT Appiah (FC Nantes, Fra), Vranjes (AEK, Gre), Moutha-Sebtaoui (Dudelange, Lux), Ganvoula (Bochum, Ger), Obradovic (Legia, Pol), De Jong (Stellenbosch, RSA), Delcroix (RKC, Ned), Nkaka Bazunga (Santander, Esp), Kara (Al-Sailiya, Qat), Sanneh (Göztepe, Tur), Santini (J. Suning, Chn), Dante (Exc. Virton), Bornauw (1. FC Köln, Ger), Cools (Dudelange, Lux), Kums (KAA Gand), Lawrence (St. Pauli, Ger), Milic (Rayo, Esp), Sá (SD Huesca, Esp), Abazaj (Kukësi, Alb), Dauda (Esbjerg, Den), Dhauholou (Waasland-Beveren). Il y a un peu plus d'un an, le 2 juillet 2018 pour être précis, Nacer Chadli avait la Belgique à ses pieds. Ce soir-là, à Rostov-sur-le-Don, le Liégeois avait effectué un sprint de 82 mètres à une vitesse maximale de 31,5 km/h pour expédier les Diables Rouges en quart de finale en concluant un contre parfaitement mené par Thibaut Courtois, Kevin De Bruyne, ThomasMeunier et Romelu Lukaku. Au lendemain de ce but historique, Chadli avait fait part de son sentiment à ses suiveurs sur Twitter : Best. Feeling. In. The. World. Près de deux mois plus tard, il signait à Monaco. Depuis, sa carrière s'est enlisée. Handicapé par une blessure à la cuisse, il n'a été que 13 fois titulaire et il n'a pas joué plus de 1000 minutes. L'année précédente, à West Bromwich, il n'avait pas dépassé les 214 minutes. En vue de l'Euro 2020, Chadli était obligé d'assurer sa place chez les Diables Rouges et c'est dans cette optique qu'il a accepté un transfert à Anderlecht, même s'il ne serait sans doute jamais revenu en Belgique sans la présence de Vincent Kompany. Chadli n'a joué que l'équivalent de 13 matches complet en deux ans et aura donc besoin de temps mais ses premiers matches face à Courtrai et à Genk sont prometteurs. Chadli ne sera certes jamais un buteur d'exception ou un passeur hors pair -lors de sa meilleure saison, à Tottenham, il a inscrit 13 buts et délivré 5 assists - mais en Belgique, son talent doit lui permettre d'être au-dessus du lot. Dans le système de Kompany, où les joueurs sont évalués sur leur flexibilité, sa polyvalence va faire beaucoup de bien. Le Diable Rouge (56 sélections) peut jouer sur le flanc droit, sur le flanc gauche, en médian offensif ou à l'arrière droit. Avec Chadli, un des trois trentenaires de l'équipe (les deux autres sont Franck Boeckx et Samir Nasri), Vincent Kompany (trentenaire, titulaire mais blessé) dispose d'un leader expérimenté pour surveiller le jardi d'enfants anderlechtois.