Euphorie et grincements de dents

Gagner la Coupe puis faire l'objet de discussions un mois plus tard, ça n'arrive que dans les coulisses d'un grand club, qui doit toujours être performant. Ivan Leko a du cran, on le sait. Il n'a pas hésité à assumer la lourde succession de Michel Preud'homme au Club Bruges et a ardemment sollicité le poste de T1 à l'Antwerp, connaissant le potentiel de l'équipe. Elle a tout pour rivaliser avec les autres grandes formations.
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Gagner la Coupe puis faire l'objet de discussions un mois plus tard, ça n'arrive que dans les coulisses d'un grand club, qui doit toujours être performant. Ivan Leko a du cran, on le sait. Il n'a pas hésité à assumer la lourde succession de Michel Preud'homme au Club Bruges et a ardemment sollicité le poste de T1 à l'Antwerp, connaissant le potentiel de l'équipe. Elle a tout pour rivaliser avec les autres grandes formations. Ses débuts ont été difficiles, comme à Bruges. Ces trois dernières années, Luciano D'Onofrio et Laszlo Bölöni ont ajouté des qualités techniques à l'équipe, mais celle-ci se distingue surtout par sa solidité. Elle a surtout aligné des joueurs qui aiment les duels et qui s'appuient sur une solide organisation défensive. En revanche, le Roumain, qui comptait beaucoup sur Dieumerci Mbokani, accordait beaucoup de latitude au compartiment offensif. À son arrivée, Leko a découvert une équipe appauvrie. Mirallas, Hoedt, Arslanagic, Bolat et Defour ont disparu, De Sart, Coopman et Buta se sont blessés, Rodrigues et Lamkel Zé n'ont pas apprécié son approche. Leko avait tenu compte de ce passage à vide et attendait des renforts, qui ne sont pas arrivés. L'Antwerp espérait-il un meilleur début de championnat ? Oui. Pouvait-il en retirer davantage ? Oui, mais pas beaucoup plus. Tout le monde était conscient qu'il fallait rester patient. Un autre style de jeu, une construction depuis l'arrière, la transition via l'entrejeu, de la profondeur en attaque... Il n'y a eu que quelques éclairs. Le Great Old a touché le fond en première mi-temps à Courtrai, où le choix de Leko de pratiquer un football tout en puissance a été un échec. Mais il a redressé la barre à la mi-temps, comme il l'avait déjà fait à Bruges, en modifiant l'occupation du terrain, avec plus de technique, et il a fait basculer le match. Était-ce le tournant de la saison ? L'Antwerp ne peut que se bonifier grâce à l'injection de talents arrivés ces derniers jours. Juste à temps avant le derby, un match qu'il doit gagner à tout prix. Et la phase de poules de l'Europa League. Il y a quelques années, nous étions assis dans la nouvelle tribune du Bosuil, qui n'était pas encore rénovée, à côté du scout qui analyse les matches de l'Antwerp. Il avait mis l'équipe en garde contre les infiltrations du Péruvien carolo, depuis la deuxième ligne. Laszlo Bölöni n'en avait pas tenu compte. Il avait également vu les images et avait dit : laissez-le, il s'éloigne toujours du but. À la demi-heure, Charleroi menait 1-2. Grâce à deux buts de Benavente. Il en était à sa deuxième saison dans notre championnat et il s'y était bien adapté. Rapide, technique, doté du sens du but et de la profondeur. Le joueur, né en Espagne, a progressé à tous points de vue sous la direction de Felice Mazzù et il a eu une grande part dans l'ascension des Carolos. L'Antwerp manquait de profondeur en attaque ces derniers mois. Quand Benavente aura retrouvé son niveau physique, après son aventure en Égypte, le Great Old tirera grand profit de ce deuxième avant. Un superbe joueur, qui peut évoluer partout, à l'arrière droit ou à gauche, mais est plutôt posté à gauche d'un trio défensif pour le moment. Un style anversois. Anglais. Il est extrêmement précieux. Nous en sommes fans (de son talent, pas de ses frasques), mais combien de chances peut-on avoir et gaspiller ? C'est l'enfant terrible du Bosuil. Malheureusement.