Johan Boskamp est de retour en Belgique après avoir assisté aux Championnats du Monde des moins de 20 ans aux Emirats Arabes Unis. C'est dans un de ces pays du Golfe, à Dubaï plus précisément, que l'ancien coach d'Anderlecht a mis sa carrière en veilleuse, en janvier dernier, afin de sillonner le monde : de l'Argentine à la Malaisie, en passant par la Finlande, le Bos a écumé les grandes compétitions internationales pour les jeunes et fait acte de présence à des affiches prestigieuses. Comme le Superclasico entre River Plate et Boca Juniors à Buenos Aires, scellé par un succès (0-2) des visiteurs début novembre.
...

Johan Boskamp est de retour en Belgique après avoir assisté aux Championnats du Monde des moins de 20 ans aux Emirats Arabes Unis. C'est dans un de ces pays du Golfe, à Dubaï plus précisément, que l'ancien coach d'Anderlecht a mis sa carrière en veilleuse, en janvier dernier, afin de sillonner le monde : de l'Argentine à la Malaisie, en passant par la Finlande, le Bos a écumé les grandes compétitions internationales pour les jeunes et fait acte de présence à des affiches prestigieuses. Comme le Superclasico entre River Plate et Boca Juniors à Buenos Aires, scellé par un succès (0-2) des visiteurs début novembre. Johan Boskamp : A cette occasion, j'ai pu voir à l'£uvre deux prodiges : Carlos Tevez, le jeune buteur de Boca, et son homologue Fernando Cavenaghi, qui milite chez l'ennemi héréditaire. Deux garçons de 19 ans, dotés d'une classe folle. Anderlecht s'enthousiasme aujourd'hui de posséder Vincent Kompany en ses rangs. A raison. Mais des phénomènes pareils courent tout simplement les rues au sein du football argentin. Les deux monstres sacrés de la capitale me font irrésistiblement penser à l'Ajax et au Feyenoord des années septante. River Plate, c'est le pendant des Amstellodamois : des joueurs très agréables à regarder et performants à souhait. Boca Juniors, lui, s'apparente aux Rotterdamois : des gars plus teigneux mais ô combien habiles, balle au pied. Cette incroyable dextérité dans la conduite du ballon est indéniablement le label du sport roi en Amérique du Sud. Car il est perceptible aussi au Brésil, au Pérou ou encore en Uruguay, une nation de trois millions d'âmes à peine mais qui n'en finit pas de produire des éléments de haut niveau. En Europe, seuls l'Espagne et, à un degré moindre, le Portugal, se rapprochent de ce modèle, qui est aussi le mien, je ne le cache pas. C'est pourquoi je prédis d'ores et déjà un grand Championnat d'Europe des Nations où ces deux-là se retrouveront pour ainsi dire sur leurs terres en juin prochain. Ils constituent mes favoris, même si le plateau sera relevé avec les participations des autres grandes puissances traditionnelles que sont la France, l'Italie, l'Angleterre et, bien sûr, l'Allemagne. Sans oublier les Pays-Bas. Ce constat était valable il y a trente ans, quand les deux ténors du football batave traitaient d'égal à égal en Coupe Intercontinentale avec les autres caïds sud-américains qu'étaient Independiente et Estudiantes, en Argentine, ou le Penarol et le Nacional Montevideo en Uruguay. Mais les temps ont changé. Autrefois, les clubs de mon pays alignaient huit ou neuf joueurs du cru, tous de format mondial comme Johan Cruyff ou Wim van Hanegem. Aujourd'hui, hormis Wesley Sneijder et Rafael Van der Vaart, c'est le néant sous cet angle-là, chez les Ajacides. Et Feyenoord n'est pas mieux loti avec Patrick Paauwe ou Robin van Persie. A la limite, Anderlecht est même mieux fourni avec des jeunes de qualité comme Vincent Kompany, déjà cité, mais aussi Junior et Olivier Deschacht, qui sont de purs produits de l'Ecole des Jeunes de Neerpede. Et ce qui vaut pour le Sporting est également perceptible ailleurs : au cours des plus récentes années, manifestement, les clubs belges ont, sans doute contraints et forcés, développé leur politique en classes d'âge. Au point de servir eux-mêmes d'exemples. J'ai cru comprendre que 54 de vos compatriotes militent rien qu'au PSV actuellement. C'est un signe qui ne trompe pas et qui atteste du bon travail fourni avec le blé en herbe en Belgique. A court terme, je peux comprendre le président Frans Van Hoof. Faute d'argent, il n'avait tout bonnement pas d'autre solution pour assurer la pérennité de son club. Mais à long terme, il faut que les Jaune et Bleu retrouvent une identité plus régionale. Dans les conditions actuelles, les jeunes footballeurs belges ne seront guère motivés à l'idée de s'affilier là-bas, faute de débouchés en Première. Je m'insurge d'ailleurs contre la réflexion du directeur technique au Freethiel, Jean-Marc Guillou, selon laquelle son système est d'autant plus performant que les Ivoiriens sont présents en nombre dans son équipe de base. C'est une hérésie, car avec onze joueurs coulés dans le même moule, Beveren ne franchira jamais un cap supplémentaire. A choisir, je préfère encore l'option de Lokeren, où la direction s'est prononcée en faveur d'un mix entre les Africains et les Européens, qu'ils soient islandais ou belges. Là-bas, on a clairement vu la saison passée que les deux composantes profitaient de leur apport respectif. Si le technicien français s'inspirait de cet exemple, en entourant ses ouailles de davantage de joueurs de la trempe du Letton Igor Stepanovs, tous prendraient une nouvelle dimension. Confrontez Gilles Yapi Yapo, Yaya Touré et Constant Kipre Kaiper avec un autre entourage et ils étofferont singulièrement leur registre. Au cours de ma dernière année au RSCA, en 1997, j'ai eu une longue entrevue avec le secrétaire général du club, Philippe Collin, à ce sujet. J'ai pu me rendre compte à cette occasion que nos visions différaient de 75 %. Personnellement, j'étais d'avis que pour maintenir son rang, le Sporting n'avait nullement besoin d'un noyau pléthorique de 50 joueurs, comme c'était le cas à cette époque. Pour moi, une double occupation pour chaque poste suffisait, autrement dit 22 joueurs, à compléter par un groupe de 6 à 8 jeunes. Avec un total d'une trentaine de joueurs en lieu et place d'une cinquantaine, le club pouvait se permettre, à mes yeux, de transférer davantage sur une base qualitative que quantitative. D'autre part, confrontés à ce gratin, les jeunes Anderlechtois avaient la possibilité de s'aguerrir. Avec le recul, vu le changement de cap opéré cette saison, je me dis que j'ai eu raison trop tôt. Aujourd'hui, force est de constater que les Mauves ont réduit drastiquement leur noyau, tout en englobant bon nombre de jeunes. Et, au plan des transferts, ils ont manifestement choisi la qualité avec Christian Wilhelmsson et Pär Zetterberg. Je suis heureux de cette orientation et ravi de voir des jeunes à nouveau mettre le nez à la fenêtre. A l'analyse, il est évident que ces garçons commettent parfois un petit péché. Ce fut le cas de Vincent Kompany au Celtic ou d'Olivier Deschacht à domicile contre le Bayern. Mais c'est le prix à payer pour les former. Moi-même, j'avais lancé autrefois Walt dans la bataille, au plus haut niveau, lors d'un déplacement européen à Vitoria Guimaraes et il avait joué comme une patate. Il aurait pu être condamné suite à ce non-match mais je lui ai maintenu ma confiance. Quand je le vois à l'£uvre aujourd'hui, je n'en suis pas peu fier. Très à l'aise en Belgique mais à l'étroit en Europe. Face à un adversaire de renom, le Sporting éprouve manifestement toutes les difficultés du monde à garder la maîtrise du ballon. Pour ce faire, il doit rehausser la qualité de son jeu entre sa propre surface de réparation et celle de l'adversaire. Et c'est là que le bât blesse. Au niveau du football dispensé, ce n'est pas le meilleur Anderlecht que j'ai vu ces dernières années. En réalité, il faut remonter six ans en arrière pour retrouver la trace d'une équipe vraiment souveraine : celle qui était alors conduite par le duo formé de Jean Dockx et Franky Vercauteren. A la fin de cette saison 1998-99, les Mauves avaient vraiment livré quelques matchs d'anthologie. Comme ce 0-6 au Standard ou encore ce 2-5 sur les terres du futur champion, le Racing Genk. Et, ce qui ne gâte rien, mon bon ami Jean avait su faire cohabiter Walter Baseggio, Enzo Scifo et Pär Zetterberg. Preuve que le débat entre Walt et Pärke n'a pas de raison d'être. Tout à fait. L'idéal eût été qu'il persévère à la tête de l'équipe Première au lieu de céder le relais à Aimé Anthuenis. Mais Jean voulait être davantage au Sporting qu'un simple passant, comme tous les coaches. C'est pourquoi, il a préféré intégrer la cellule scouting, synonyme de long terme, plutôt que d'£uvrer en tant qu'entraîneur, avec la perspective de devoir céder inéluctablement sa place tôt ou tard. Je me demande s'il fut pleinement heureux de ce choix, finalement. Au départ, ça allait car à deux reprises, il avait refusé de m'accompagner sur deux projets (Tenerife et les FAR Rabat). Mais la troisième fois aurait été la bonne. Trois semaines à peine avant son décès, à la mi-janvier 2001, il avait passé quelques jours de vacances en compagnie de son épouse, Nicole, chez moi à Dubaï. Je lui avais à nouveau proposé de me seconder et il se tâtait, ce coup-là. De fait, il n'était plus tout à fait heureux à Anderlecht où il avait le sentiment de ne pas être suivi à 100 % concernant sa vision du football. Il devait me donner une réponse définitive après avoir pesé le pour et le contre à son retour en Belgique. Le destin a voulu que je n'aie plus de ses nouvelles. Mais connaissant l'homme comme le fond de ma poche, je suis persuadé qu'il était prêt à me rejoindre. Jenny souffrait du cancer depuis sept ans mais elle ne m'en avait jamais avisé, pas plus qu'elle n'avait mis nos trois fils au parfum. Un jour, elle me signifia qu'elle devait rentrer en clinique pour subir l'ablation d'un sein. Je tombais des nues, au même titre que les enfants. L'opération s'étant bien déroulée, je pensais que le plus dur appartenait au passé. Deux contrôles négatifs, à autant d'années d'intervalle, avaient d'ailleurs conforté toute la famille en ce sens. Mais au bout de quelques années, des métastases sont apparues. D'abord au niveau du foie, puis de manière généralisée. Au moment où Jenny m'en avertit, j'ai voulu tout abandonner. J'avais à c£ur de prendre quelques mois sabbatiques afin de faire avec elle la fameuse Route 66 aux Etats-Unis. C'était un vieux rêve que nous n'avions jamais matérialisé jusque-là, en raison de ma carrière. Hélas, il était trop tard. Son état de santé ne lui permettait plus de se déplacer durant une longue période. C'est le grand regret de ma vie : mon épouse s'est toujours pliée en quatre pour moi et la seule faveur que j'aurais pu lui faire, je n'y serai jamais parvenu. J'aurais été beaucoup plus inspiré de mettre ma carrière d'entraîneur en veilleuse, à 50 ans, pour parcourir l'Amérique avec elle. A cet égard, je m'en voudrai jusqu'à la fin de mes jours. A un moment donné, j'ai songé à m'établir en Espagne. Ce pays me paraissait le point de chute idéal pour un amateur de football censé se partager entre la Liga et le football sud-américain. Mais dans un premier temps, je compte rester en Belgique. Deux clubs m'ont fait un appel du pied ces dernières semaines. Il n'est donc pas impossible que je me retrempe dans le bain ici. C'est vous qui l'affirmez (il rit). Ce n'est plus le RWDM. La première fois qu'on m'a parlé du MBS, j'ai cru qu'il s'agissait du club des chemins de fer. Qu'irais-je faire là-bas ? Hugo Broos se débrouille plutôt bien avec la Première et Franky Vercauteren fait du bon travail avec les jeunes. Trond Sollied y est en place. Et si quelqu'un doit le relayer un jour, je verrais plutôt Franky Van der Elst. Avec Willy Wellens comme adjoint. On prend les paris ? (il s'esclaffe). Bruno Govers" Quand je vois Walter Baseggio à l'£uvre, JE SUIS FIER DE L'AVOIR LANCé "" JEAN DOCKX était prêt à QUITTER Anderlecht pour ME REJOINDRE à Dubaï "