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SUPERFICIE 238.391 km2 HABITANTS 21.666.350 CAPITALE Bucarest SITE www.frf.ro ANGHEL IORDANESCU - 66 ans - A été nommé Coach du Siècle par la fédération roumaine, pour avoir mené l'équipe nationale en quarts de finale du Mondial 1994 et en huitièmes de finale quatre ans plus tard. Il a pris congé du sport en 2004 pour entrer en politique mais dix ans plus tard, il est redevenu sélectionneur, pour la troisième fois. ANGHEL IORDANESCU : Je pensais en avoir fini avec l'équipe nationale et je n'avais pas l'intention de revenir mais les circonstances étaient spéciales et j'ai jugé qu'il était de mon devoir de revenir au poste. Notre hymne national m'émeut toujours. J'avais déjà repris l'équipe en 1993, avec succès, mais la prestation actuelle était sans doute encore plus unique. Nous pouvons être fiers de nous. IORDANESCU : Nous sommes dans la poule de la Suisse et de la France, ex-championne du monde. Ce ne sera pas facile. Le match contre l'Albanie peut être décisif pour atteindre le tour suivant, ce qui est notre objectif. A partir de là, il n'y a plus que du bonus mais même l'Albanie n'est pas un adversaire facile. Elle a énormément progressé ces dernières années. Elle a recours à des joueurs de Serie A, de Ligue 1 et d' Eredivisie. IORDANESCU : J'aurais préféré éviter la France. D'autre part, disputer le match d'ouverture est un honneur car le monde entier aura les yeux braqués sur la France et la Roumanie. La France a nettement plus de talent, elle recèle des footballeurs qui brillent en Ligue des Champions alors que les miens évoluent en Roumanie, en Turquie, en Bulgarie, en Israël ou au Qatar. Elle est donc clairement la favorite mais nous avons fait, dans un passé récent, match nul 0-0 contre l'Espagne, une équipe qui aime aussi jouer en possession du ballon. Mes joueurs ont respecté les consignes à la lettre, offensivement et défensivement. IORDANESCU : La discipline tactique. Nous formons un groupe soudé, mû par l'énorme volonté de réussir quelque chose. Nous n'avons encaissé que deux buts en dix matches de qualification et nous n'avons pas perdu une seule fois. Nous avons concédé cinq nuls. J'aurais préféré gagner mais à certains moments d'un match, il faut se satisfaire du point. Quant à nos faiblesses, je laisse le soin à nos adversaires de les découvrir ! IORDANESCU : Si vous voulez dire quelqu'un du calibre de Gheorghe Hagi, la réponse est non. Mais le football a changé. On place l'accent sur l'organisation et la discipline tactique. Razvan Rat, notre capitaine, a de expérience et il dirige bien les autres. Il est un leader mais nous n'avons pas de vedettes. C'est l'équipe qui est la star. IORDANESCU : La France en rêve et a l'avantage du terrain mais je compte aussi l'Allemagne et l'Espagne parmi les favorites. Cet EURO sera de toute façon différent des autres car son élargissement à 24 équipes offre une chance à toutes de se qualifier, jusqu'au dernier match du premier tour. Avec seulement deux buts encaissés, la Roumanie s'est qualifie pour l'Euro avec le titre de meilleure défense des qualifications malgré une deuxième place de son groupe derrière la surprenante Irlande du Nord. Preuve supplémentaire de leur solidité défensive, le nul conquis face à l'Espagne le 27 mars dernier à Cluj. La Roumanie n'a plus été battue depuis juin 2014. Regroupé dans un rigide 4-2-3-1, la formation d'Anghel Iordanescu sera tout le contraire d'un oiseau pour le chat. Cette tactique semble immuable et le manque d'ambition offensive s'explique par les limites d'un milieu travailleur mais peu créatif. La possession de balle est laissée à l'adversaire, la Roumanie opte donc pour un jeu fait de contre-attaques rapides qui pourraient fortement ennuyer les défenses suisse et française. Ce jeu attentiste fait de reconversions rapides a permis à la Roumanie de se qualifier pour l'Euro, même si l'adversaire se nommait l'Irlande du Nord ou la Hongrie. Côté certitudes, s'il n'y a pas de pépins physiques, on retrouve le gardien de la Fiorentina, Ciprian Tatarusanu, le défenseur central de Naples, Vlad Chiriches, et le milieu de terrain devant la défense, Mihai Pintili (Steaua Bucarest). Hormis ces indétrônables, de nombreuses options sont envisagées. Le degré d'excitation pourrait venir du milieu offensif, Nicolae Stanciu qui n'a fait ses débuts qu'en mars dernier. Devant, on retrouve l'attaquant de Cordoba, Florin Andone, qui a la particularité de plonger intelligemment dans les espaces. Sur les côtés par contre, Iordanescu n'a que peu d'options et les choix se feront en fonction de l'état de forme.GHEORGHE HAGI ANCIEN MENEUR DE JEU " Bien sûr que nous pouvons rejoindre les huitièmes. Pour ce faire, chaque joueur devra être prêt et concentré à 100 % sur l'événement. Nous devrons produire un bon football car tous nos opposants sont bons et nous devrons nous hisser à leur niveau. " VICTOR PITURCA EX-COACH NATIONAL" C'est un bon groupe. Mais imaginez en 2008 quand nous nous sommes retrouvés dans le même groupe que la France, les Pays-Bas et l'Italie. Les équipes que nous affronterons cette fois-ci ne seront pas des clients mais perdre contre l'Albanie, ce n'est pas la même chose que perdre face aux Pays-Bas. "- Tout le monde au pays n'est pas derrière la sélection apparemment. En janvier, le Steaua Bucarest a en effet refusé à plusieurs de ses joueurs convoqués d'effectuer un stage de 15 jours en Turquie avec la sélection. Un "manque de fair-play" qui a fâché le sélectionneur Anghel Iordanescu. - " On peut comparer notre équipe à l'Atlético de Diego Simeone. Le plus important en football, c'est de ne pas prendre de but ", a déclaré l'expérimenté Razvan Rat (34 ans), qui retrouvera la France sur sa route, huit ans après avoir affronté les Bleus en 2008 aux championnats d'Europe en Suisse et en Autriche. GABRIEL TORJE : Ce ne sera pas facile mais nous allons courir comme des fous. Ça ressemble à un cliché mais j'ai été éduqué comme ça depuis l'enfance. Nous allons nous battre pour notre pays, qui a une tradition footballistique et a produit de grands joueurs. Huit ans sans tournoi, c'est impensable pour un pays comme la Roumanie. Nos supporters méritent une équipe nationale qui les rende fiers. Ils seront sans doute minoritaires au Stade de France mais ils compenseront cette infériorité numérique par leur mentalité. Je ne suis pas marié mais je ressens sans doute la même chose qu'une promise sur le point de se marier. Ou qu'un homme qui peut prendre son bébé dans les bras pour la première fois. Enfin, je crois, puisque je n'ai pas d'enfants ! TORJE : Nous travaillons pour avoir un résultat et nous y croyons. Nous en rêvons. Sur une échelle de un à dix, je nous donne douze car nous sommes capables de soulever des montagnes avec le soutien de nos supporters. Il y avait longtemps que je n'avais plus senti un tel lien avec nos fans. Le match contre la France sera unique. C'est pour ce genre de matches qu'on devient footballeur professionnel. Jusqu'où pouvons-nous aller ? Quand on trahit son voeu, il ne se réalise pas. Nous jouerons chaque fois comme si c'était notre dernier match. TORJE : Je suis fier de ce que j'ai déjà réussi et j'espère surtout être épargné par les blessures. Johan Cruijff a dit, un jour : " Avec de la qualité mais sans résultats, on n'est rien. Avec des résultats sans qualité, on est ennuyeux. " J'espère ne jamais être un joueur ennuyeux. TORJE : Jouer pour l'équipe nationale est un honneur, pas une pression. Quand nous entendons l'hymne national, nous ne sommes plus Gabi, Vlad, Dragos, Ciprian ou Cristi... Nous sommes la Roumanie ! TORJE : Je vais encore citer Cruijff car j'aimais bien ses déclarations. " Je n'ai encore jamais vu un gros sac d'argent marquer un but. " Je ne puis prédire le résultat mais nous allons tout donner pendant 90 minutes. Nous ne devons pas trop nous occuper de nos adversaires. Nous devons nous appuyer sur nos qualités. Même si le résultat du premier match est décevant, nous devons continuer à former un bloc. C'est la Roumanie qui doit impressionner, pas un ou deux joueurs. TORJE : Il n'y a qu'un ballon sur le terrain. Nous devons l'avoir. L'objectif est alors de l'expédier dans les filets adverses. Le football est parfois très simple. " Notre hymne national m'émeut toujours. " ANGHEL IORDANESCU